INSOLITE. "C’est mon chien, je fais ce que je veux... Et bien, non on ne fait pas ce qu’on veut." Quand une ville se mobilise pour le bien-être des animaux avec la déclaration universelle des droits de l’animal

La mairie de Fresnes a décidé d’afficher à l’hôtel de ville et dans ses 12 écoles, la déclaration universelle des droits de l’animal. Stéphane Lamart, élu municipal et président d’une association de défense des animaux souhaite que les droits de l’animal soient inscrits dans la Constitution.

"Il faut rappeler que les animaux ont des droits et que les hommes ont des devoirs à leur égard", explique Stéphane Lamart, conseiller municipal délégué à la condition animale à Fresnes dans le Val-de-Marne.

"Beaucoup de personnes me disent : c’est mon chien, je fais ce que je veux et bien, non on ne fait pas ce qu’on veut", assène Stéphane Lamart, qui a rejoint le conseil municipal de Fresnes en décembre 2021. "La déclaration universelle des droits de l’animal rappelle à tous que les animaux sont des êtres vivants et que leur vie ne nous appartient pas", affirme-t-il.

Noir sur blanc, l’article 3 est explicite "Le bien-être tant physiologique que comportemental des animaux sensibles que l’homme tient sous sa dépendance doit être assuré par ceux qui en ont la garde." Pour sensibiliser les habitants de cette commune du Val-de-Marne, la mairie de Fresnes va afficher les 10 articles de cette déclaration dans les 12 écoles de la ville, mais aussi dans les locaux de la police municipale. "C’est une façon pour la mairie de Fresnes, de lutter contre toute forme de souffrance infligée aux animaux et de faire prendre conscience à la nouvelle génération qu’on doit respecter toute forme de vie"."Fresnes va rentrer dans l’Histoire en étant la première municipalité de France à afficher cette déclaration dans ses locaux", se réjouit l’élu.

La déclaration universelle des droits de l’animal a été proclamée solennellement le 15 octobre 1978 à la Maison de l’UNESCO à Paris. Son texte révisé par la Ligue Internatio­nale des Droits de l’Animal en 1989, a été rendu public en 1990. Elle revendique des droits naturels pour tous les êtres vivants et la nécessité pour l’homme de reconnaître aux autres espèces animales le droit à l’existence.

Une commune mobilisée en faveur du bien-être animal

Depuis 2021, la Ville a mis en place une série d’actions en faveur des animaux. "Il existe un formulaire en ligne sur le site Internet de la Ville pour signaler des cas de maltraitance animale. Cette information est transférée à la police municipale qui intervient dans les 24 heures", explique l’élu. "On a eu de belles histoires, on a pris en charge un chien qui vivait sur un balcon. L’animal a été placé et adopté", raconte-t-il.

Panneaux de signalisation. La mairie a installé des panneaux pour sensibiliser les automobilistes à lever le pied, lorsqu’il voit passer un hérisson, un renard ou un chat. "Le hérisson comme le renard sont des espèces protégées, tout ce qui vit sur terre est utile", estime le président de l'association Stéphane Lamart.

Un guide de l’animal rappelle leurs responsabilités aux habitants. Il faut bien traiter son animal, ramasser ses déjections, mais aussi le stériliser pour éviter la reproduction. "Car lorsqu’on ne stérilise pas son animal, il y a de la reproduction, et on ne sait pas toujours à qui l'on donne les bébés de son animal", souligne l’élu.

Stérilisation, parc canin et pigeonnier

Une des premières actions organisées par la ville a été une campagne de stérilisation des chats pour les Fresnois non imposables. Un partenariat a été organisé avec un vétérinaire qui propose une réduction de 30 % sur les frais.

La commune a banni l’utilisation de produits testés sur les animaux pour l’entretien de ses locaux et propose aux seniors de la commune d’éviter certains plats des colis de fin d’année comme le foie gras en leur proposant, à la place, des fruits de saison. "La moitié des seniors ont banni eux-mêmes le foie gras de leur colis, c’est plutôt satisfaisant", se félicite l’élu.

Parmi les projets en cours d’élaboration : la création d’un parc canin en ville, l’installation de pigeonniers pour réguler les naissances et une formation à la protection animale pour les policiers municipaux pour les aider à réagir en cas de maltraitance. Une formation qui sera faite par un avocat. "Lorsqu’on est témoin d’une maltraitance, il faut savoir remplir un rapport afin d’apporter tous les éléments pour que le dossier ait une chance d’aboutir devant une juridiction", explique Stéphane Lamart.

Faire reconnaître les droits des animaux

La déclaration universelle des droits de l’animal n’a pas de portée juridique mais c'est un texte important pour la cause animale, souligne Stéphane Lamart. "En tant défenseur des animaux et président d’association, je vais saisir les parlementaires et le président de la République pour demander que les droits de l’animal soit inscrit dans notre Constitution comme l’on fait le Brésil, l’Inde et la Suisse."

Le Parlement a adopté en novembre 2021, via un ultime vote du Sénat, une proposition de loi contre la maltraitance animale. Ce texte prévoit l’interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques et delphinariums, la vente de chiots et chatons en animalerie prohibée et des peines durcies pour sévices ou abandon. La loi a été promulguée le 30 novembre 2021.