Prolongement de la ligne 1 du métro : la commission d’enquête émet un avis défavorable

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Écrit par PDB / AFP

La commission, qui souligne les "inconvénients que générerait un tel projet", cite notamment son coût et son impact sur l’environnement. Une décision qui suscite des réactions différentes à Neuilly-Plaisance et Montreuil.

Si l'objectif "présente bien un caractère d'intérêt général, la balance avantages/inconvénients de l'ensemble des critères penche incontestablement du côté des inconvénients que générerait un tel projet", estime la commission d'enquête. Désignée par le tribunal administratif de Melun, la commission a rendu son rapport début mai à la préfecture du Val-de-Marne, en émettant un avis défavorable sur le prolongement de la ligne 1.

La commission estime que le projet est d’une part trop onéreux (1,4 milliard d'euros), et indique que les travaux ont déjà pris du retard. D’autre part, elle souligne que le prolongement porte atteinte à l'environnement, et pointe également le risque d'inondation lié à la proximité d'une nappe phréatique. 

"Une première victoire" pour le maire de Neuilly-Plaisance

Christian Demuynck, le maire LR de Neuilly-Plaisance, salue "une première victoire", dans un communiqué. "Par son avis défavorable, la commission d’enquête justifie la mobilisation des 2000 Nocéens, portée par les élus, ayant manifesté leur opposition à la construction d’un centre de dépannage des trains sur le site de la Zone d’Activités de la Fontaine du Vaisseau, mettant en péril 50 entreprises et plus de 400 emplois", estime-t-il.

"Par ailleurs, la commission d’enquête retient également l’argument des nuisances sonores qu’occasionnerait le passage de 150 camions par jour durant 6 à 8 années pour les riverains du quartier résidentiel du Chalet, dont un EHPAD", poursuit l’édile. "Oui au prolongement du métro 1, mais non à la construction d’un centre de dépannage des rames sur la Zone d’Activités de la Fontaine du Vaisseau à Neuilly-Plaisance", conclut l’élu.

Le maire de Montreuil déçu par l’annonce

Au contraire, le maire de Montreuil, Patrice Bessac (PCF), regrette que les arguments cités par la commission "ne prennent pas en compte la réalité des quartiers et les besoins de ses habitants". L’édile évoque un réseau de bus "déjà extrêmement encombré" dans sa ville.

L’élu appelle à "désengorger le réseau routier en offrant une alternative crédible à la voiture qui permettrait de lutter plus efficacement contre la pollution automobile". Le prolongement du métro représente selon lui "un enjeu d’importance" notamment "pour les populations les plus précaires qui ne peuvent plus ou souhaiteraient ne plus prendre leur véhicule".

Un tunnel de 5 km

Le projet est censé connecter la ville de Vincennes et Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, avec la création d'un tunnel long de 5 km environ et de trois nouvelles stations (Les Rigollots, Grands Pêchers et Val-de-Fontenay). Le but annoncé est de désenclaver plusieurs quartiers de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, et de réduire le bilan carbone des habitants. A noter que les villes qui seraient desservies par ce projet sont déjà connectées avec les RER A et E, et à terme avec la ligne 15 Est et le prolongement du tramway T1.

L'enquête préalable à la déclaration d’utilité publique a été organisée du 31 janvier au 2 mars à Paris, dans le XIIe arrondissement, mais aussi à Vincennes, Fontenay-sous-Bois, Montreuil et Neuilly-Plaisance. Ce projet suscite des débats entre partisans des transports en commun et défenseurs d'arbres centenaires. Avec ce prolongement, dont les travaux sont prévus pour être réalisés entre 2028 et 2035, la ligne 1 doit transporter 95 000 voyageurs par jour.