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Rungis : le train des primeurs va-t-il finir à la casse ?

Le train des primeurs stationné à la gare de triage de Nîmes. / © Secteur CGT des cheminots de Montpellier
Le train des primeurs stationné à la gare de triage de Nîmes. / © Secteur CGT des cheminots de Montpellier

D'un côté, les syndicats tirent la sonnette d'alarme : le train qui relie Perpignan à Rungis va mourir à petit feu. Mais la SNCF se veut rassurante et assure qu'il va seulement y être examiné. S'il venait à être supprimé, des milliers de camions seraient nécessaires pour le remplacer.

Par Marc Taubert

Pour certains, il s'agit d'un enterrement en douce alors que pour d'autres, la procédure est tout à fait normale. Le train des primeurs, qui relie Perpignan au marché de Rungis, est à l'arrêt depuis le 17 juillet dernier.

Depuis ce lundi matin, les premiers wagons (il en existe plus de 80 au total) sont stockés à la gare de triage de Nîmes. "Ils y vont pour être expertisés. Cela nous paraît très bizarre, ils l'ont mis en cale sèche et c'est inquiétant", explique Jean-Marc Biau, cheminot et responsable CGT à Montpelliers.

Car selon ce syndicaliste, cette gare a une signification particulière. C'est notamment dans cet endroit que sont parqués les trains régionaux destinés à la casse. "C'est pour cela que certains l'assimilent à un cimetière. Cela renforce en tout cas notre sentiment d'inquiétude", explique-t-il.
 

Coût financier et écologique

Ce train permettait de faire transiter 1.400 tonnes de fruits et légumes quotidiennement vers le plus grand marché d'Europe. Dans un tract, la CGT prévient que supprimer cette liaison ferroviaire reviendrait à mettre 25.000 camions sur les routes chaque année.

Or, les wagons frigorifiques atteignent leur 40e année de service et ne permettent plus de transporter les marchandises en toute sûreté. Les remplacer a un coût : 30 millions d'euros selon le patron de la SNCF Guillaume Pépy, cité par le Huffington Post. Un coût que l'entreprise ferroviaire ne veut pas supporter seule, ou tout du moins avec des garanties à long terme.

Contactée à propos du déplacement du train, elle répond : "Ce mouvement vers Nîmes est un mouvement technique, logistique. […] Cela ne constitue pas un avancement du dossier et n’hypothèque en aucune manière leur réutilisation, exactement comme l’ont dit l’État et la SNCF à de très nombreuses reprises."
 

Quel avenir pour le train ?

Du côté du ministère des Transports, la ligne n'a pas changé : il y aura bien une réouverture de la ligne le 1er novembre prochain. Dans un entretien au Parisien daté du 3 août, la ministre Élisabeth Borne, expliquait : "mon objectif est qu'on continue à avoir un service ferroviaire entre Perpignan et Rungis. Tous les acteurs se sont engagés à travailler pour une reprise de la ligne lors de la saison haute."
Le syndicaliste Jean-Marc Biau a l'impression que chacun se renvoie la balle. Mais il l'admet, il existe bien un entretien des wagons de fret à Nîmes. En attendant, la seule autre solution de remplacement reste de faire circuler des camions.
 

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