Viol sur mineur : le 3e procès de Bernard Lambert se fera à huis clos

La Cour d'assises du Val-de-Marne juge à partir de ce lundi Bernard Lambert, un homme de 67 ans accusé de viol sur sa nièce. Les faits se seraient produit il y a 25 ans. Initialement prévu en audience public, ce procès aura finalement lieu à huis clos, suite à une demande de l'accusation.

Le tribunal de Creteil, dans le Val-de-Marne.
Le tribunal de Creteil, dans le Val-de-Marne. © JACQUES DEMARTHON / AFP
C'est une affaire qui traîne, avec des rebondissement qui témoignent du parcours judiciaire parfois peu évident empruntés par quantité de victimes et d'accusés. A partir de ce lundi et durant toute la semaine, Bernard Lambert, 67 ans, accusé d'avoir violé ou tenté de violer sa nièce par alliance à quatre reprises, alors qu'elle avait entre 6 et 8 ans -elle en a 31 aujourd'hui- va être jugé... pour la troisième fois.

Ce n'est qu'en 1999 que la nièce, alors âgée de 16 ans se décide à dénoncer son oncle à la police. Elle raconte alors aux enquêteurs les agissements sexuels dont elle dit avoir été victime enfant alors qu'elle passait souvent ses week-ends chez son oncle. Bernard Lambert a toujours nié les faits et se dit victime d'une machination familiale orchestrée, selon lui, afin de lui soutirer de l'argent.

Condamné en première instance en 2008 à huit ans de prison, il est jugé en appel en 2010 par la Cour d'assises de Seine-et-Marne. A l'issue de huit heures de délibéré, il écope de cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Oui mais voilà, un témoin n'aurait pas prêté serment... Verdict cassé et, du coup, troisième procès.

Un huis clos pour «éviter un show médiatique»


Un procès qui devait avoir lieu en audience publique mais qui connaît un nouveau rebondissement ce lundi matin, après la demande de Me Jean-Jacques Bourdais, avocat des parties civiles, qu'il se déroule à huis clos pour préserver "la sérénité des débats". "Je veux éviter les communications intempestives sur cette affaire et un show médiatique de mes adversaires de la défense", a-t-il précisé à notre journaliste présente au Tribunal de Grande Instance de Créteil. Le huis clos, de droit, a donc été prononcé par la Cour d'Assise. La défense, de son côté, par la voix de son avocat Me Hubert Delarue, a fait savoir qu'elle regrettait cette décision.  

Le verdict sera connu à la fin de la semaine.

Cette affaire de viol sur mineure serait sans doute longtemps restée dans l'anonymat sans l'intervention de Thierry Allègre, un chef cuisinier d'une quarantaine d'années désigné pour faire partie du jury lors du procès en appel. Quelques mois plus tard, tiraillé par sa conscience, il écrit une lettre restée sans réponse à la magistrature puis révèle à la presse les conditions dans lesquelles a été rendu le verdict: il affirme que la présidente "essayait d'orienter le vote" des jurés.

Pour avoir brisé le secret du délibéré, clef de voûte de la justice pénale, Thierry Allègre a été condamné à deux mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Meaux en novembre 2013. Il était présent lundi matin devant le palais de justice de Créteil. Son appel est, selon lui, fixé au 23 avril 2015.

>> Découvrez l'interview exclusive de Thierry Allègre (journalistes : Laurence Barbry et Isabelle Audin) : 
Interview de Thierry Allègre, ancien juré dans procès de Créteil







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