"Dérapage financier", "incertitude" : le RER E prolongé à Mantes-la-Jolie repoussé à une date inconnue

SNCF Réseau a annoncé ne pas pouvoir tenir les délais pour plusieurs de ses chantiers en Île-de-France. Le prolongement de la ligne E vers l’ouest de la région est concerné. La filiale de l’entreprise publique évoque des surcoûts.

Pour voir un RER E arriver sur les quais à Mantes-la-Jolie (Yvelines), il faudra de nouveau attendre ! Le projet comprend la création de 8 kilomètres de tunnels et l’adaptation de 47 kilomètres de voies existantes.

Coup de théâtre, ce mardi 13 septembre : Luc Lallemand, le directeur de SNCF Réseau a annoncé lors du conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités, que les délais ne seraient sans doute pas tenus, compte tenu d'un « dérapage financier ». 

Date de livraison incertaine

Les dirigeants du gestionnaire public des voies ferrées françaises n’ont pas confirmé la réalisation des travaux pour les dates prévues. « L'audition de SNCF Réseau a plongé les administrateurs d'Île-de-France Mobilités dans une grande incertitude », a indiqué Valérie Pécresse. La présidente de la région a pourtant insisté sur « l'absolue nécessité » d'achever ce prolongement, déjà retardé plusieurs fois.

« Sur ce projet comme sur d'autres comme le tram-train T12, SNCF Réseau est confronté à un taux d'inflation de la construction à plus de 11%, des surcoûts non financés, des difficultés d'exécution et des problèmes de recrutement », a expliqué Valérie Pécresse. À son lancement, en 2016, le coût de ces travaux était fixé à 3,8 milliards d’euros. Il est désormais compris entre 4,7 et 5,4 milliards d'euros.

A noter que l'émission Parigo, diffusée samedi prochain sur notre antenne, est consacrée à cet épineux dossier.

Surcoût connu, mais peu d’information

Lors d’une réunion précédente, au début de l’été, les élus de la région avaient déjà accablé SNCF Réseau pour le surcoût d’1,7 milliard d'euros sur ce chantier. La mission d’information et d’évolution (MIE) déplorait déjà, n’être que peu tenue au courant de l’avancement du projet. Outre une « préparation insuffisante », c'est bien le « défaut d'information des financeurs » qui constitue le « fait le plus grave », indique Jean-Marc Germain (Parti Socialiste), rapporteur de cette mission.

Plusieurs acteurs financent ce projet : l’Etat, la région, les départements, la Société du Grand Paris et SNCF Réseau. C'est ce dernier qui est l'objet des critiques. Les élus disent avoir « été systématiquement informés qu'a posteriori des dérives de coûts, sans pouvoir prendre position dans le cas de modifications de programme ou d'accélérations de phase ». Ce qui montre d’après eux « une carence claire et importante dans la conduite du projet par SNCF Réseau ».

Jusqu’ici, les responsables du chantier prévoyaient une fin de travaux en 2023 pour le prolongement jusqu’à Nanterre, et fin 2025 pour le tronçon jusqu’à Mantes-la-Jolie. En juillet dernier, les élus franciliens avaient déjà mis en demeure SNCF Réseau. Ils sommaient l'opérateur de « poursuivre le projet jusqu'à terminaison dans les délais prévus », soit « avant fin 2023 » pour le tronçon Paris-Nanterre et « avant fin 2025 » pour la section jusqu'à Mantes-la-Jolie.

Avec AFP