Ils squattaient de belles demeures, un couple d'escrocs condamné jusqu'à quatre ans de prison

Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné jeudi un couple à des peines de 18 mois et quatre ans de prison, dont une partie avec sursis, pour avoir frauduleusement occupé un manoir, puis vendu et dégradé les biens d'un château dans les Yvelines en 2022 et 2023.

"C'est une escroquerie avérée, effectuée par un couple qui savait pertinemment ce qu'il faisait", a estimé le parquet, qui avait requis les mêmes peines, sanctionnant plus lourdement l'un des prévenus, déjà condamné pour des faits similaires datant de 2018. Michael B. a écopé de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et Céline L. de 18 mois, dont un an avec sursis. Le tribunal a également condamné les prévenus à des obligations de travail et d'indemnisation, assorties à une interdiction de séjour dans les Yvelines.

Une promesse d'achat de plus de neuf millions d'euros

En mars 2023, Michael B. et Céline L., âgés de 47 et 41 ans, se présentent comme chef d'entreprise et agent du ministère de l'Intérieur au château de Sauvage, au sud de Rambouillet. Feignant une aisance financière et masquant leur identité réelle, le duo fait une promesse d'achat pour un peu plus de neuf millions d'euros, et s'installe dans les lieux après avoir mis en confiance la propriétaire.

Sans autorisation, le mobilier Louis XV, qui avait été estimé à 500.000 euros par un commissaire-priseur, est vendu à des antiquaires. Jusqu'en juillet 2023, le couple entreprend des travaux d'aménagement importants, sans payer les artisans, dégradant la plupart des pièces, pour un préjudice d'au moins 72.000 euros selon l'instruction.

"Ils mentent tout le temps et sur tout"

L'enquête, menée par la section de recherches de Versailles et la brigade territoriale autonome de Rambouillet, a établi que le couple avait déjà occupé, par le même subterfuge, un manoir à Montfort-L'Amaury, situé à trente kilomètres au nord, entre novembre 2022 et mai 2023, sans jamais honorer la promesse d'achat de 990.000 euros. "Mon but n'était pas de les escroquer, ou de faire du mal", s'est défendu Michael.B, assurant qu'il voulait "trouver des investisseurs, pour financer les achats des demeures".

"C'est un couple d'escrocs professionnels. Ils mentent tout le temps et sur tout", a rétorqué Me Sébastien Journé, avocat de la propriétaire des meubles et du château, qui accuse Michael B. d'avoir effectué des repérages autour de la propriété plusieurs mois en amont. Le duo avait finalement été arrêté à Oléron le 23 janvier 2024, dans une autre propriété estimée à 1,6 million d'euros. Des éléments retrouvés sur place laissaient penser que le duo préparait d'autres escroqueries, encore "à l'état de projet", selon la gendarmerie.