Salon de l'agriculture : "On veut cultiver l’image positive de l’agriculteur et la confiance qu’on peut avoir en lui"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Elie Saïkali

Depuis le mois d'octobre 2019, le collectif d'agriculteurs #iciLaTerre anime un numéro vert dans le but de maintenir le contact direct entre ceux qui nous nourrissent et les consommateurs.

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Parmi les nombreux exposants présents au Salon International de l'Agriculture, le collectif d’agriculteurs : #iciLaTerre. Pour ses membres - qui compte aujourd'hui plus d'une centaine d'agriculteurs et agricultrices - un mot d’ordre : "rien à cacher", selon les propres mots de l’un de ses membres, Jérôme Regnault, à la tête d’une exploitation de grande culture céréalière dans la commune de Plaisir (Yvelines).

Il y a un peu plus de deux ans, #iciLaTerre a lancé un numéro vert : le 0805 382 382Une hotline destinée à répondre à toutes questions que se posent les Français sur l’agriculture. L'appel est gratuit. 

"Renouer le contact direct"

Tout est parti d’un constat effectué par trois agriculteurs des Yvelines, dont Jérôme Regnault. Une "étude qui indiquait que les Français avait une bonne image de leurs agriculteurs, mais une défiance vis-à-vis de leur agriculture, de la façon de faire, des méthodes employées", nous explique l’agriculteur plaisirois. "On connaissait le regard parfois interrogatif de notre voisinage ou des riverains, mais ça n’est jamais allé à un tel niveau de tension".

La plupart des échanges tournent autour du bien-être animal, et des produits phytosanitaires, notamment du glyphosate.

Jérôme Regnault, agriculteur et membre du collectif « Ici la Terre »

Avec ce numéro vert, "on veut cultiver l’image positive de l’agriculteur et la confiance qu’on peut avoir en lui. Les gens sont attachés aux agriculteurs mais jugent le travail sans vraiment le connaître", indique Jérôme Regnault. L’objectif est ainsi de "renouer le contact direct entre les Français et leurs professionnels agricoles", ajoute-t-il. Chaque agriculteur répond en son nom propre. Les appels proviennent très majoritairement de particuliers. "La plupart des échanges tournent autour du bien-être animal, et des produits phytosanitaires, notamment du glyphosate", confie Jérôme Regnault. "On dit la vérité, tout simplement".

C’est un professionnel agricole, au travail, qui va vous répondre comme si vous alliez directement le rencontrer sur son exploitation ou dans son élevage.

Jérôme Regnault, agriculteur et membre du collectif « Ici la Terre »

Détail important : les agriculteurs répondent aux appels sans quitter leur exploitation, leur champ ou leur élevage. "En appelant ce numéro vert, vous n’allez pas être redirigé vers une centrale d’appels, avec quelqu’un assis derrière un bureau. C’est un professionnel agricole, au travail, qui va vous répondre comme si vous alliez directement le rencontrer sur son exploitation ou dans son élevage", insiste Jérôme Regnault. Ce dernier affirme par ailleurs que les échanges peuvent concerner les activités agricoles nationales ou régionales, ou encore les doutes de certains consommateurs sur les effets de tel ou tel ingrédient ou substance utilisé(e) dans l’agriculture sur l’organisme. 

Raconter… avec les mains

En marge du Salon de l’agriculture, le collectif a également lancé une nouvelle campagne : #Cesmainsquivousnourissent. "L’idée est que le plus grand nombre possible de nos confrères et consœurs publient sur Twitter des photos de leur travail au quotidien afin de refléter une partie de la réalité de nos métiers. Nous voulons mettre en lumière les mains qui travaillent pour nourrir nos concitoyens. Nous avons montré l’exemple, et nous espérons être très suivis !", explique Fanny Boschung, une porte-parole du collectif, dans un communiqué. Des posts sont également disponibles sur Instagram.

"À travers ces photos, ce visuel, on veut représenter le travail manuel des agriculteurs français", explique Jérôme Regnault. "Le symbole de l’artisanat agricole sont évidemment les mains des agriculteurs. On dit que, quand votre travail sublime votre travail, cela devient un art. Et bien là, ce sont les mains qui sont à l’œuvre", conclut-il.