Suicide d'un adolescent à Poissy : "J'ai décidé de déclencher une enquête administrative"

Le ministre de l'Education, Gabriel Attal s'est exprimé ce mercredi suite au suicide d'un adolescent à Poissy dans les Yvelines. Il souhaite faire "toute la lumière" sur le harcèlement dont a été victime le jeune homme.

"C'est un drame qui nous endeuille tous. Notre cœur à tous souffre. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de sa mort", a déclaré le ministre de l'Education lors d'un point presse rue de Grenelle. Un adolescent de 15 ans est décédé mardi au domicile de sa mère à Poissy. Les secours n'ont pas pu ranimer le jeune homme qui s'est pendu.

Le jeune homme, scolarisé l'an dernier en classe de troisième, se plaignait de harcèlement scolaire dans son ancien établissement, le lycée professionnel Adrienne Bolland de Poissy. Le père du juene homme avait déposé une main courante pour harcèlement en avril au commissariat de Poissy, mais n'avait pas souhaité déposer plainte, a-t-on appris de source policière.

Une enquête administrative

"Des faits de harcèlement avaient été déclarés au cours de l'année scolaire 2022-2023", a indiqué le ministre plus tôt dans la journée. "Il a fait l'objet de harcèlement l'année dernière", a-t-il répété, évoquant des "brimades et des injures répétées de la part de plusieurs élèves nommément désignés". 

"Un échange de courriers a par ailleurs eu lieu courant avril entre la famille et l'institution scolaire sur la situation du jeune garçon, la famille dénonçant, dans ce courrier, l'absence de mesures suffisantes prises face à cette situation de harcèlement", a ajouté Gabriel Attal.

Gabriel Attal a décidé de lancer une enquête administrative pour faire la "lumière" sur les faits de harcèlement scolaire dont a été victime ce garçon, mais aussi sur la gestion de cette affaire par les services de l'Education nationale. "Ce ne sont pas des personnes évidemment que je veux mettre en cause, c'est la réponse de l'institution Éducation nationale face à l'urgence du harcèlement scolaire qu'il nous faut continuer à profondément changer", a-t-il expliqué.

1 élève sur 10 est victime de harcèlement

"En mars 2023, les parents ont été reçus par l'établissement, ainsi que les élèves mis en cause", a-t-il poursuivi, expliquant que le jeune homme bénéficiait d'un suivi régulier de la part du CPE. Depuis le 1er septembre, il était scolarisé dans un autre établissement à Paris. Une cellule d'écoute et de soutien est ouverte au sein du lycée Adrienne Bolland.

Le harcèlement à l'école, qui toucherait un élève sur 10, a été déclaré cause nationale pour l'année scolaire 2022-2023. "Chaque drame est un drame de trop, qui nous rappelle que nous ne sommes toujours pas à la hauteur", a déclaré le ministre qui doit annoncer un plan de lutte contre le harcèlement d'ici la fin du mois.