Yvelines : un blocus à l’IUT de Mantes-la-Jolie après "un incident" entre un étudiant et un enseignant

Des étudiants de l’IUT de Mantes-la-Jolie ont bloqué l’entrée de l’établissement ce mardi matin. Ils dénoncent notamment des "propos racistes" et des "remarques à répétition" de la part de professeurs. Une enquête interne a été lancée par l'université.

"Non au racisme", dénonce une banderole accrochée sur les grilles de l’établissement. Ce mardi matin, une quarantaine d’étudiants ont bloqué l’entrée de l’institut universitaire de technologie (IUT) de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Alors qu’aucun cours n’a été dispensé ce matin, les étudiants mobilisés demandent "la mise à pied à titre conservatoire" d’un professeur.

Ils dénoncent l’"agression violente" d’un étudiant par le professeur en question, dans un couloir de l’établissement. Une étudiante, qui explique avoir été témoin de la scène, évoque "des bousculades et des hurlements". "Le professeur a bousculé violemment un étudiant en lui hurlant dessus", explique-t-elle. Elle évoque par ailleurs "des propos racistes" par rapport à l’origine maghrébine de l’étudiant, "avant l’agression".

Les étudiants mobilisés dénoncent aussi un "climat" inapproprié à l’IUT. "Il y a déjà eu des mises à pied avec deux professeurs qui nous ont harcelés toute l’année. C’était de la pression, du chantage : 'Si vous ne faites pas la visio de ce soir à 22 heures, vous serez défaillants, vous aurez des malus'", affirme une autre étudiante, qui témoigne également de manière anonyme.

Des étudiants "renvoyés à leurs origines", dénonce SOS Racisme

A ce stade, aucune plainte n’a été déposée. L'association SOS Racisme demande aussi la mise à pied du professeur concerné, "en attendant une enquête de l’université".

"On est là pour soutenir les étudiants, raconte Dominique Sopo, président de SOS Racisme, présent ce mardi matin devant l’établissement. Il n’est pas normal que dans un lieu d’enseignement des étudiants viennent la boule au ventre et soient victimes de remarques répétées."

"Quand des enfants sont moqués de façon constante, renvoyés à leurs origines, et qu’il y a quelques jours un élève se fait agresser, se fait pousser contre une porte par un enseignant, il y a là quelque chose qui est atterrant", déclare Dominique Sopo.

Une cellule d'écoute psychologique mise en place

De son côté, l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) explique que sa présidence a été "alertée vendredi dernier d'un incident ayant eu lieu à l'IUT de Mantes, impliquant un étudiant et un enseignant". "Après avoir collecté les premiers éléments lundi, le Président a décidé de mandater en urgence deux représentants de la direction de l'Université pour mener une enquête interne en se rendant sur place aujourd'hui mardi", annonce l’université dans un communiqué. 

"Ces deux représentants sont chargés de recueillir les témoignages des étudiants et des personnels qui souhaitent s'exprimer sur la situation à l'IUT, pour faire toute la lumière sur l'incident et des événements rapportés par certains étudiants. Cette enquête interne rendra ses conclusions le plus rapidement possible. Les éléments recueillis permettront de prendre toutes mesures qui s'avéreraient nécessaires et adaptées à la situation", indique le communiqué.

L’université annonce également la mise en place d'"une cellule d'écoute psychologique à destination des étudiants", à partir de mercredi. "Par ailleurs, tout étudiant ou personnel de l'IUT qui aurait été victime d'un délit dans l'enceinte de l'IUT est appelé à porter plainte", explique le communiqué. Les étudiants ont décidé de poursuivre le blocus ces prochains jours.

Avec Mathilde Laban et Mekhak Movsissian.