Vendée : la fermeture annoncée de l'usine Plysorol de Fontenay-le-Comte

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Le groupe Bitar, propriétaire du fabricant de contreplaqué Plysorol, a annoncé lors d'un CCE la fermeture de deux sites : celui de Fontenay-le-Comte (Vendée) et celui de Lisieux (Calvados).

Par LQ avec AFP

Le groupe Bitar, propriétaire du fabricant de contreplaqué Plysorol, qui emploie 277 personnes en France, a annoncé ce vendredi son intention de fermer deux sites sur trois, à Fontenay-le-Comte (Vendée) et Lisieux (Calvados) et de concentrer l'activité à Epernay (Marne).
 
Selon un document interne obtenu par l'AFP, ce projet de "plan de continuation" transmis aux organisations syndicales ce vendredi lors d'un CCE à Paris, doit encore, pour devenir effectif, être "homologué" par le tribunal de commerce pour fin septembre 2012.

Palettes brûlées à Fontenay et production arrêtée

"Nous allons nous battre pour obtenir un plan social, on ne va pas se laisser faire comme ça", a indiqué à l'AFP une déléguée CGT du site de Fontenay-le-Comte, Nadège Malare, précisant que d'ores et déjà des palettes brûlaient devant l'usine, qui était bloquée. Le site vendéen emploie 112 personnes.

Les salariés vendéens ont l'intention de brûler des palettes de bois jusqu'à 21 heures ce soir. Ils ont aussi complétement arrêté la production aujourd'hui. 
Ils attendent le retour de leurs délégués pour décider de la suite à donner à leur action. 
Ces derniers temps, la production tournait déjà au ralenti : 50 mètres-cube par jour, la moitié seulement du volume habituel. 
 
L'entreprise a en effet été placée en redressement judiciaire le 7 juin 2012, un an et demi après sa reprise par le groupe libanais du bois Bitar.
Les juges ont prononcé un redressement judiciaire, avec une période d'observation de deux mois, pour cette société en difficulté, dont les 600.000 hectares de forêt riche en okoumé -composant clé du contreplaqué-, au Gabon, sont très convoités.
 
L'ex-leader européen du contreplaqué emploie 95 personnes à Epernay (Marne), 112 à Fontenay-le-Comte (Vendée) et 70 à Lisieux (Calvados).
Plysorol avait été repris par Bitar en octobre 2010, moyennant la perte de 151 emplois en France. En mars 2009, la société avait été rachetée par le Chinois Guohua Zhang, qui avait déposé le bilan un an plus tard.

Les sites cédés et le personnel en partie transféré

Une enquête préliminaire pour abus de biens sociaux concernant ce dernier vient d'être bouclée. Le parquet de Lisieux doit trancher "prochainement".
Le projet de l'actuelle direction prévoit la "proposition de transfert d'une partie du personnel des sites fermés vers Epernay, surtout en 2013", et la "cession des deux sites fermés".
Il stipule en outre la "concentration de l'activité industrielle sur un site, celui d'Epernay-Magenta", la "mise en place d'un plan d'investissement par transfert de machines et aménagements/mise en conformité du site d'Epernay" et "l'amélioration très significative des rendements matière, notamment concernant les produits en peuplier".
 
Il envisage enfin le "remboursement des dettes générées lors du dépôt de bilan, y compris les coûts de restructuration, dans des délais de 3 à 10 ans selon la nature des dettes" et "pas de remboursement des 12M d'euros de dettes du Groupe Bitar pendant les 10 ans du plan de continuation".
 
"L'objectif est d'obtenir une homologation de ce plan par le Tribunal de Commerce pour fin septembre 2012", indique la direction qui estime, dans ce document, que "seul ce plan permet la poursuite de l'activité de la société tout en assurant le remboursement des dettes". 

Lors de l'audience, le 26 juillet devant le tribunal de commerce de Lisieux, "l'entreprise demandera une prolongation de la période d'observation pour lui permettre de conduire l'ensemble des travaux nécessaires à l'homologation du plan, ainsi que de prendre en compte et de gérer les conséquences sociales de ce plan", indique ce texte.
 
La direction "mesure totalement l'impact des conséquences sociales de ce plan et le regrette profondément", conclut-elle. 

En Basse-Normandie, la Région demandera le remboursement des aides

Concernée par ce plan chez Plysorol (le site de Lisieux devrait aussi fermer), la Région bas-normande n'a pas tardé à réagir, par le biais d'un communiqué. 

Laurent Beauvais, Président de la Région et Laurent Sodini, Vice-président en charge de l’économie, ont exprimé "leur inquiétude quant à l'avenir du site de l'entreprise Plysorol à Lisieux et leur fermeté vis-à-vis des actuels propriétaires de l'entreprise afin d'éclaircir la situation des salariés bas-normands".

Et le communiqué de la Région de rappeler que l'entreprise avait été aidée par la collectivité : 
"Face aux nombreuses difficultés rencontrées par Plysorol depuis 2009, la Région Basse-Normandie s'est investie à hauteur de 500 000 euros dans le cadre de sa politique de soutien à l'activité économique et pour répondre aux besoins que le Groupe Bitar avait exprimés lors de sa reprise de l’entreprise. Aussi, elle se montrera vigilante au sort réservé aux salariés Lexoviens, qui s'étaient mobilisés pour assurer la pérennité de l'entreprise, et à l'utilisation des fonds publics que la Région a su mobiliser pour assurer leur avenir professionnel. Si les dirigeants confirment leur plan, la Région demandera le remboursement des 500 000 euros mobilisés pour le développement du site de Lisieux."




 

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