Prix des carburants : le retour de vacances est rude

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Le prix des carburants est revenu à son plus haut niveau du printemps dernier. Entre retours de vacances et préparatifs de rentrée, chacun fait ses compptes

Par Christophe Turgis avec AFP

Les familles bien sur, qui regardent impuissantes le compteur en euros de la pompe du supermarché s'envoler. Les pétroliers, producteurs et transformateurs qui vont sans doute devoir diminuer leurs marges. Et la grande distribution qui dit ne pas gagner plus d'un centime par litre. Et surtout le gouvernement, qui avait promis des baisses du prix des combustibles, et qui aimerait surtout  faire baisser la mauvaise humeur des automobilistes-électeurs, mais d'un autre côté qui ne souhaite pas priver l'État de ressources considérables.
En attendant sur la route des retours de vacances les prix à la pompe grimpent au moment ou les familles vont devoir faire face aux dépenses de rentrée.


Des prix au plus haut et des annonces de baisse

Depuis quelques semaines, les prix à la pompe du gazole et de l'essence sont revenus à des niveaux proches de leurs records atteints en mars-avril et la situation ne devrait pas s'améliorer dans les relevés hebdomadaires diffusés lundi soir par le ministère de l'Ecologie, les cours du pétrole brut s'étant maintenus à des niveaux très élevés ces derniers jours.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a assuré samedi à la Rochelle que les prix des carburants allaient baisser la semaine prochaine, sans même attendre les entretiens prévus lundi et mardi avec les industriels et la grande distribution.
"Je le dis ici, les prix des carburants baisseront par un effort partagé. Je m'y engage maintenant, ce sera chose faite la semaine prochaine", a lancé M. Moscovici à l'Université d'été du Parti socialiste.

En dévoilant les grandes lignes de son plan contre la flambée des prix à la pompe, Jean-Marc Ayrault avait évoqué mercredi une diminution "modeste" et "provisoire" de taxe et appelé les autres parties prenantes, les pétroliers et les distributeurs,
à fournir "leur propre part d'effort".
Le gouvernement est sous pression sur ce sujet, après avoir renoncé à la promesse d'un gel temporaire des prix prise par François Hollande avant son élection, trop coûteux pour les caisses de l'Etat.
Un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche indique aussi qu'une majorité de Français (55%) se disent "plutôt mécontents" sur ce dossier et jugent que "l'effort financier de l'Etat (n'est) pas suffisant".

Ce dimanche le journal La tribune publie un rapport de la direction de la concurrence, la DGCCRF, réalisé en avril dernier qui "blanchit" les pétroliers de tout soupçon d'augmentation vertigineuse de leurs profits. Mettant en avant l'augmentation continue des obligations de stockage pour les distributeurs, les relèvements de taxes, les contraintes environnementales etc.


Vers une baisse des taxes

Une baisse des taxes ne peut pas entrer en vigueur avant fin septembre, au plus tôt, car elle devra être au préalable incluse dans le projet de loi de finances pour 2013, attendu dans un mois, alors que le gouvernement avait promis d'agir avant la rentrée.
D'après des sources gouvernementales, elle devrait porter sur la TICPE (ex-TIPP, qui représente environ 61 centimes par litre d'essence et 43 centimes pour le gazole) et risque d'être limitée à quelques centimes, histoire de ne pas trop léser les
finances publiques, en ces temps de disette budgétaire. Le manque à gagner serait tout de même de plusieurs centaines de millions d'euros, sachant que la TICPE a rapporté l'an dernier 25 milliards.
   
Les négociations du début de semaine prochaine s'annonçaient pourtant ardues avec un secteur qui traînait des pieds, après s'être déjà vu imposer une surtaxe de plus d'un demi-milliard d'euros cette année. Le raffinage bat de l'aile et les
stations-service mettent en avant leurs maigres marges (de l'ordre d'un centime par litre, selon les professionnels), bien loin des énormes profits réalisés par Total dans la production de pétrole brut.
La principale organisation pétrolière, l'Ufip (Union française des industries pétrolières), satisfaite d'échapper au gel des prix qu'elle avait farouchement combattu, s'était dite ouverte à la discussion. En revanche, les enseignes de la grande distribution Carrefour, Auchan, Casino et Cora, regroupées au sein de l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP), s'étaient montrées beaucoup plus réservées.

Le Premier ministre s'est contenté d'évoquer un "mécanisme qui régule le prix des carburants", tout en écartant le retour d'une taxe "flottante", qui protégerait les consommateurs en cas d'emballement de l'or noir mais priverait alors l'Etat de plusieurs milliards d'euros.

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