Cet article date de plus de 8 ans

L'État vendra ses terrains aux communes à prix d'ami

Une soixantaine d'hectares rien qu'en Loire-Atlantique, à Nantes la ville envisage d'y construire des logements en accession à la propriété
L'entrée de la caserne Mellinet dans les années 1960
L'entrée de la caserne Mellinet dans les années 1960 © collection particulière
Le projet de cession des terrains de l'État aux communes à prix réduit voir gratuitement en échange de la construction de logements sociaux devrait permettre à la ville de Nantes de récupérer une cinquantaines d'hectares. De quoi construire plusieurs centaines de logements.

Dans la démarche la procédure n'est pas nouvelle, ainsi pour la seule ville de Nantes, le ministère des Armées avait déjà fait part à la municipalité, selon la loi, de sa volonté de se séparer des bâtiments et des terrains qu'il y possède. La nouveauté maintenant, ces terrains devront être utilisés exclusivement pour la construction de logements sociaux. Leur valeur se situerait à 35% en dessous du prix du marché pour permettre des coûts de construction compatibles avec les moyens des opérateurs HLM. La ville a donc fait valoir aux services de l'État qu'elle n'était pas intéressée par exemple par des constructions comme celles de la place Foch, ou de la caserne de la Visitation. Impossibles à transformer en logements à un prix acceptable.

Ramener de la mixité sociale
Ensuite, le cadeau n'en sera pas forcément un ! Comme pour la caserne Mellinet, à l'est du centre ville, où l'armée avait des ateliers de maintenance des véhicules, et où l'on peut s'attendre à des complications de dépollution des sols, ou encore à des chantiers de fouilles complexes étant donné la situation géographique des constructions. Ailleurs, l'ancienne maison d'arrêt permettrait de ramener du logement à loyer modéré dans un quartier qui en est totalement dépourvu. Et de rétablir ainsi un peu de mixité sociale.

Pour Alain Robert, adjoint à l'urbanisme, "on est pas des promoteurs, nous devons aboutir à quelque chose de conforme à l'intérêt général". Pour cela l'État devra proportionner les aides à l'investissement de la commune. À priori selon le projet de loi, déposé hier par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, plus l'engagement de la commune sera fort, plus la décote sera importante.

Des logements abordables en accession à la propriété
La ville s'engagera à construire les logements abordables qui lui font défaut. 70% des salariés ont potentiellement accès au logement social. Avec donc l'idée à Nantes de permettre aux familles d'acquérir leur logement. En s'appuyant sur l'expérience des quartiers Bottière-Chénaie, et Erdre-Porterie, où les coûts de construction sont de 20 à 25% en dessous du prix du marché, entre 2300 et 2400 euros le mètre carré. Des accessions à la propriété soumises à des conditions de ressources et à une clause anti-spéculative bien évidemment.Le cas de l'ancienne école d'architecture

À Nantes, l'école d'architecture était encore il y a peu, installée dans des locaux construits par l'État dans les années 1960. Des locaux bâtis sur des terrains que la ville lui avait cédé à l'époque pour le, nouveau, franc symbolique ! Mais aujourd'hui le même État, tenant compte de la valeur des terrains dans ce quartier résidentiel des bords de l'Erdre, ne sera peut-être pas décidé à faire la transaction dans l'autre sens... À l'euro près !
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