Vinci mise sur les aéroports pour assurer son expansion

Le groupe de BTP Vinci, prudent dans ses prévisions pour 2013 en raison de la morosité économique en Europe, compte sur la gestion des aéroports pour poursuivre son expansion dans le secteur des concessions, principalement à l'étranger. A Notre-Dame-des Landes l'opposition se poursuit.

© France 3

Bourse à la baisse  

Vinci, membre du CAC 40, perdait du terrain dans l'après-midi à la Bourse de Paris, dans un marché qui s'inquiète du discours prudent de son PDG Xavier Huillard pour 2013 et d'un recul des prises de commandes en fin d'année 2012.A 15H00 (14H00 GMT), le titre figurait parmi les plus forte baisses du CAC 40, perdant 3,96% à 35,165 euros, dans un marché en baisse de 1,66% M. Huillard, qui se déclare "très confiant à moyen terme, s'est obstinément refusé à faire toute prévision sur le bénéfice et les marges du groupe, se contentant de tabler sur une stabilisation de son activité en 2013, avant la prise en compte de l'acquisition d'Ana, le gestionnaire aéroportuaire portugais, et de prévisibles nouvelles acquisitions, mercredi lors d'une conférence de presse au lendemain de la publication des résultats de 2012.

Petite baisse de bénéfice en 2012 

Vinci a dégagé un bénéfice net de 1,917 milliard d'euros en 2012, en hausse de 0,7% pour un chiffre d'affaires s'établissant à 38,634 milliards d'euros, en progression de 4,5%. Vinci devrait obtenir la propriété définitive de la concession, pour 50 ans, des dix aéroports portugais, "à la mi-2013", a affirmé son PDG. "Dans les jours ou les semaines qui viennent, nous devrons signer le protocole  de vente et le closing devrait intervenir au milieu de l'année 2013", après les avis des différentes autorités de la concurrence, a indiqué M. Huillard Le montant du contrat de l'acquisition, auprès de l'Etat portugais, d'ANA, la société possédant la concession des dix aéroports portugais (dont Lisbonne et les îles des Açores et de Madère), devrait s'élever à "3 milliards d'euros", a précisé M. Huillard qui prévoit des investissements modestes dans les 15 prochaines années à moins que le Portugal décide construire une nouvelle plate-forme aéroportuaire pour sa capitale.

Vinci Airports, filiale de Vinci Concessions, va ainsi devenir un acteur international de premier plan des concessions aéroportuaires, avec 23 aéroports gérés au Portugal, en France et au Cambodge, qui accueillera plus de 40 millions de passagers par an et réalisera un chiffre d'affaires global d'environ 600 millions d'euros. Si le gouvernement portugais relançait le processus de privatisation de la compagnie nationale aérienne TAP, le PDG de Vinci s'est déclaré confiant dans le fait que le gouvernement portugais veillerait à préserver "les intérêts économiques du pays", pour permettre notamment à Lisbonne de conserver son rôle de "hub" entre l'Europe et l'Amérique du Sud (15% de part de marché dont 25% pour le Brésil). Le PDG de Vinci, qui revient d'un voyage en Amérique du Sud, a déjà des vues sur le Brésil, dont l'économie est en plein développement, mais aussi en Asie, notamment en Inde. "Le Brésil a prévu de construire 800 plate-formes aéroportuaires en 20 ans" a indiqué M. Huillard qui estime que le chiffe définitif sera moindre mais s'élevera  quand même "à plusieurs centaines".

Pour Notre-Dame-des-Landes Vinci attend les conclusions de la "commission de dialogue"

En France, aucune "négociation" n'existe actuellement avec l'Etat au sujet de la privatisation de la gestion d'aéroports de province (dont Bordeaux, Toulouse, Lyon), un projet évoqué il y un an, et d'ADP (Aéroports de Paris), a affirmé M. Huillard. Interrogé au sujet du futur aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, dont Vinci a obtenu la concession, M. Huillard a dit attendre les conclusions de "la commission de dialogue" qui doit rendre son rapport au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de la métropole de Loire-Atlantique, fin mars, avant de pouvoir donner un "planning de réalisation" des travaux.

( source AFP )

Les opposants à Notre-Dame-des-Landes dénoncent dans un communique la réalisation de travaux

Des travaux et sondages archéologiques préventifs sont actuellement effectués sur des terrains relevant de la desserte routière de l’aéroport du Grand-Ouest à Vigneux-de-Bretagne. L’ACIPA et le collectif des juristes opposés à Notre-Dame-des-Landes dénoncent la réalisation de ces travaux depuis près d’un an et demi sur la ZAD, territoire composé à 98% de zones humides et constituant l’habitat de nombreuses espèces protégées. Le caractère humide de la zone se révèle en outre de manière plus importante en période hivernale. Ils rappellent qu’à l’heure actuelle, aucune dérogation permettant la destruction d’espèces protégées et aucune autorisation au titre de la loi sur l’eau n’ont été délivrées, suite aux conclusions de la commission d’enquête fin octobre 2012. Les interventions du maître d’ouvrage se font donc, selon eux,  au mépris du régime de protection des espèces et de la législation sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006.

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