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Mésanger : le maire UMP et ses huit adjoints font valoir un «cas de conscience»

Lors d'une manifestation pour le mariage pour tous en Hollande. / © AFP PHOTO / Aris Messinis
Lors d'une manifestation pour le mariage pour tous en Hollande. / © AFP PHOTO / Aris Messinis

Selon nos confrères du Figaro, Jean-Yves Clouet, le maire UMP de Mésanger en Loire-Atlantique refuse, comme ses huit adjoints de marier deux hommes. Il pourrait le faire "sous la contrainte".

Par Ch Turgis, X Collombier

"Une provocation" ?

Jean-Yves Clouet, maire UMP de Mésanger, refuse, tout comme ses huit adjoints, de marier deux hommes. "J'ai reçu ce couple. Ils sont excessivement gentils. Je suis embêté… En plus, ils veulent adopter."
Le mariage étant souhaité pour la fin juillet, le maire prend le temps de consulter collègues et avocats. "Dans cette région rurale à fort ancrage chrétien, nous sommes plusieurs avec ce cas de conscience. Je viens de poser la question à l'Association des maires de France: il n'est pas possible de déléguer la célébration du mariage à un conseiller municipal."
Et le maire de se demander s'y a-t-il pas "un peu de provocation" ? Alors que les deux quadragénaires, dont l'un est américain, l'autre de la région parisienne, "viennent de s'installer dans la commune".

Les confessions du maire à Radio Fidélité

Ce jeudi, Jean-Yves Clouet a fuit les caméras et était aux abonnés absents pour notre équipe sur place. À la radio proche de l'évêché de Nantes, Radio Fidélité, il aurait confessé sa position. Sur Twitter, le journaliste de cette radio très "chrétienne", déclarait urbi et orbi...

Les anti-mariage pour tous manifesteront samedi

Le collectif "la manif pour tous" se dit solidaire ce soir du maire de Mésanger. Ses anciens partisans de Frigide Barjot veulent manifester samedi matin devant la maire "Parce que la Manif Pour Tous est solidaire des maires qui refusent de célébrer des mariages gays".

Le précédent basque

Le maire d'Arcangues dans le Pays basque et ses adjoints au début du mois avait pris la même décision avant d'être rappeler à l'ordre par le préfet,  "le droit au mariage dans la commune du domicile ou de la résidence de l'un des époux, inchangé depuis 1804, ne connaît aucune dérogation". L'élu aurait decidé déléguer ses prérogatives à de simples conseillères municipales depuis, comme l'explique France 3 Aquitaine.
L
e reportage  d'Allende  Boutin et Emmanuel Clerc.
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Sur une terre rurale et de tradition catholique, le maire se marie avec son compagnon

En Anjou, il y a le maire de Thorigné, farouche opposant à la loi Taubira ouvrant le droit au mariage pour tous en France, prêt à se mettre hors la loi et donc à être sévèrement condamné. Michel Villedey sur France Inter déclarait, il y a un mois.
"Chez moi, non. C'est illégal, on me mettra en prison mais je n'ai pas peur du qu'en dira-t-on. Je ne suis pas un petit bonhomme avec, au centre, un président de la République qui décide n'importe quoi." En Anjou, sur cette terre catholique rurale et républicaine, il y a aussi le maire de Fosse-de-Tigné. Christophe Dehier est l'élu de 226 habitants et il a décidé avec son compagnon de rendre public leur décision de se marier.

Jean-François et Christophe ont annoncé leur prochaine union, en octobre, dans les pages locales de Ouest-France. Une décision médiatisée pour "montrer aux homosexuels et leur famille qu'on peut vivre sa vie privée de façon transparente, même quand on est maire"(...)On a vu beaucoup de banderoles bleu-blanc-rouge dans les manifestations" contre le mariage pour tous. 

Ce que les élus risquent légalement

Antony Taillefait, professeur de droit public dans Libération, a fait l'état des condamnations auxquelles les élus s'exposent en refusant d'appliquer leur prérogative d'officier d'état civil. "Si le mariage n’est pas célébré, là, il y a rupture du principe de continuité du service public, un principe à valeur constitutionnelle. Dans une telle situation, toute une procédure se met en place. Passé les mises en demeure, le ministre de l’Intérieur peut suspendre, le temps qu'il veut, le maire et ses adjoints de l'exercice de leurs fonctions.(...) Pour le maire et ses adjoints, cela peut aller de la révocation à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende."

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