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Nantes : Les Marquees prêts pour le décollage !

Une touche de vintage, un nuage de science fiction, les Marquees se jouent de l'espace-temps et des modes pour nous offrir une disco-pop psychédélique tendance rétro-futur. Après un passage aux transmusicales à Rennes en décembre, le jeune quatuor commence l'année avec un nouveau clip. Rencontre...

Par Eric Guillaud

Ne les embarquez pas sur le terrain de la science fiction si vous n'y connaissez rien, vous pourriez y laisser votre âme. Les Marquees adorent Star Trek, Docteur Who, Retour vers le futur, Space Oddity et quantité d'autres sucreries cinématographiques ou télévisuelles du même acabit. Une passion commune et forte qui a fini par imprimer l'univers musical des quatre Nantais.

Pierre au chant et à la guitare, Benjamin aux claviers, Simon à la batterie, Fred à la basse... voilà pour l'équipage.

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore leur musique, les Marquees c'est ça...
Marquees - Blown Away

Votre musique sonne à la fois moderne et vintage, vos paroles sont inspirées par la science-fiction des années 60 et votre nom, Marquees, nous ramène à des temps plus anciens encore. Vous êtes une véritable machine à remonter le temps. Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots la genèse de votre univers ?

Benjamin. A la base l'idée de la confrontation ancien/moderne vient du clavinet qu'on utilise dans Marquees, c'est une sorte de clavecin électrique, datant des années 60, cet  instrument rappelle l'époque du baroque (d'où l'idée d'un nom à consonance baroque / aristocratique "marquise") mais aussi la musique des années 60/70 - car beaucoup utilisé dans le funk de cette période (Herbie Hankock, Stevie Wonder...). On est donc resté sur cette idée de mélanger des sonorités "vintage" à de la pop actuelle.

Pierre. Quand la musique psychédélique était reine, les visuels et les paroles étaient issus des trips au LSD, avec des couleurs flashy et des kaléidoscopes. Seulement nous ne sommes pas de cette génération… et nous ne nous droguons pas, alors il n’est pas question pour nous de faire un retour en arrière complet en reprenant tous les codes de l’époque. C’est pour ça qu’on a choisi pour l’instant de développer un univers SF, plus second degré et plus en accord avec notre culture cinématographique et littéraire.

Quelles sont vos influences majeures, vos références, sur le plan musical?

Simon. Pour ma part je découvre la pop et le rock depuis peu, car mes références musicales sont plus à chercher du côté du jazz et du funk. Mais si je devais donner des références à Marquees, je dirais la pop psyché des 70's comme Pink Floyd ou encore Bowie. Maintenant nous nous inscrivons aussi dans une mouvance plus contemporaine, et là je dois dire qui si je faisais la liste des groupes qui nous inspirent, vous n'auriez sûrement pas assez de place pour tout noter.

Benjamin. Dans les trucs actuels on peut quand même citer Grizzly Bear, Junip et Tame impala.

Pierre. Radiohead nom de Zeus !

Notre objectif est que les gens reconnaissent le son, les mélodies du groupe en quelques secondes sans qu’ils se disent « encore un groupe pop comme tous les autres ». Pas facile !

Quels sont les ingrédients de votre musique ?

Benjamin. Un clavinet, des synthés analogiques et de l'echo partout, une basse/ batterie qui « envoie du steak », un chant puissant et mélodique.

Pierre. Et comme tu le disais tout à l’heure, on attache beaucoup d’importance à faire des morceaux hors du temps, qui réveillent des souvenirs mais avec une patte « Marquees ». Notre objectif est que les gens reconnaissent le son, les mélodies du groupe en quelques secondes sans qu’ils se disent « encore un groupe pop comme tous les autres ». Pas facile !

Simon. De l'amour et du vin..... Nan, en fait il n'y a pas d'ingrédient secret, si ce n'est de la recherche, du travail et une bonne dose de communication.
Marquees - Meet Major Tom

Côté textes, la SF bien sûr mais encore ?

Simon. Moi je suis batteur donc je ne sais pas lire...

Pierre. Que ce soit avec des histoires SF ou d’autres plus ancrées dans le quotidien, mes textes parlent des bonheurs et des dangers des obsessions, du perfectionnisme, de l’ennui, de la routine, etc. J’essaye toujours de traiter ces thèmes en prenant plusieurs angles ; par exemple la joie d’atteindre un but après un travail long et minutieux, et dans une autre chanson la sensation de tourner en rond, de vouloir tout abandonner quand on est dans ce genre de temps de vie.


Petit retour en arrière, comment vous êtes-vous rencontrés tous et avez décidé de faire route commune, professionnellement j'entends ?

Benjamin. On s'est rencontré par petites annonces sur internet, j'avais mis un truc du genre "clavier fan d'analogique et de vintage cherche chanteur..."

Pierre. J’avais Simon dans le placard dans lequel je range les musiciens que j’utilise pour mes nombreux projets passés et présents.

Simon. Enfin pour Fred (basse)... Nous l'avons adopté alors qu'il n'était encore qu'un bébé et nous lui avons donné toute l'affection qu'il méritait jusqu’à ce qu’il soit prêt à jouer. En réalité Fred c’était aussi par annonces sur le web… On vit une drôle d’époque non ?


A-t-il été facile de trouver un socle commun ?

Simon. Oui, car chacun reste à sa place. Et nous avons tous l'expérience nécessaire pour que le groupe avance correctement. Disons que les compositions émanent surtout de l'imagination fertile du chanteur et du clavier. Ensuite nous nous greffons, Fred et moi, sur la base proposée. Mais au final nous apportons nos retouches et notre interprétation, ce qui fait qu'en live il y a toujours une part de chacun dans le show et personne n'est frustré.

Benjamin. Et même si on n’écoute pas exactement les mêmes choses, on a tous une base commune, le rock psyché des années 70's, et on est tous un peu des geek de séries, de films, de matos...
Marquees - Disco parade

Pour vous la musique c'est : A / parfait pour attirer les filles. B/ le meilleur moyen de se faire de l'argent. C/ Le meilleur moyen de se ruiner. D/ à la vie à la mort.

Pierre. (accent québécois de Gad Helmaleh dans « Qui veut gagner dl’argent en masse ? ») La réponse D.

Benjamin. Peut être le meilleur moyen de se ruiner ? Surtout quand on veut tout le temps s'acheter du matos...

Simon. Personnellement je dirais réponse D : à la vie à la mort. Mais je dirais aussi réponse B, car pour moi, cela reste le meilleur moyen de gagner sa vie. Non pas en quantité, car nous savons que les musiciens sont le plus souvent pauvres et dépendants de leur compagne pour vivre, mais disons que je ne vois pas de plus beau moyen de gagner sa vie. Sauf que pour gagner sa vie avec la musique, il faut avant tout partir du principe que c'est à la vie à la mort !

Vous avez joué aux Transmusicales début décembre. Qu'attendiez-vous de cette programmation dans un festival aussi prestigieux ? Et que vous a-t-elle pour le moment apporté ?

Benjamin. Déjà un super concert ! C'était une forme de reconnaissance de pouvoir jouer aux Transmusicales, ça nous a donné un peu plus confiance en nous, on se dit que notre musique est pas trop mal… Ça a été un moyen de se faire connaître un peu plus, de se faire diffuser sur des radios à plus grande échelle que le niveau régional (On passe encore sur Le Mouv' par exemple). Ça nous a aussi apporté de la crédibilité auprès des professionnels, on espère donc maintenant trouver un label et un tourneur et un éditeur.

Pierre. En fait c’était une vraie formation en accéléré ! Interview par-ci, interview par-là, aller voir telle personne, puis une autre, défendre le groupe pendant 3 jours (et surtout 3 nuits…), apprendre à être à l’aise dans ce milieu professionnel qu’on ne connaît que très peu. Un vrai boulot à part entière !

Simon. Cela nous a aussi permis de rencontrer des gens formidables, comme Jean Louis Brossard par exemple, de travailler avec les gens du VIP de saint-Nazaire et de Trempolino. Niveau retour du festival, on garde les pieds sur terre et on ne fait pas de plan sur la comète, on va donner notre max comme on l’a toujours fait cette année de toute façon.
Marquees - live sessions 1

Aussi important qu'un bon concert, un bon clip. Et de ce côté-là, le tout nouveau clip de Blown Away est un très bon clip. Près de 10000 vues en 1 mois. Comment avez-vous rencontré Bertrand Coulon le réalisateur et comment avez-vous vécu l'expérience du tournage ?

Benjamin. Je connaissais déjà Bertrand, j'avais bossé sur la musique de 2 de ses courts métrages, le thème du voyage dans le temps le passionnait, surtout en référence à la série "Doctor Who", et comme la chanson parle de ça, il nous a naturellement proposé de faire le clip. Bertrand est très pro, il écrit tout, il a même entièrement "storyboardé" le clip, c'était donc très agréable de bosser avec lui... Il ne manquait que nos loges dans une caravane.

Pierre. On va sortir le making-of du tournage, où vous pourrez y voir que Bertrand a fait un boulot exceptionnel en terme d’effets-spéciaux. La porte du temps dans le clip ne tenait pas toute seule et il a dû effacer à l’image les 2 ou 3 personnes qu’il fallait pour la tenir !

Simon. C'est hyper motivant de travailler avec des gens comme ça. J'ai trouvé ça très drôle. J'avais l'impression de retomber en enfance quand je jouais au cow-boy ou au super héros. Sauf que là on a des costumes pas trop pourris, et on sait qu'au final les gens auront vraiment l'impression qu’on voyage dans le temps. Par contre j'avoue n'avoir eu aucune révélation quant à mon jeu d'acteur. Je ne pourrais sûrement jamais me reconvertir....

Concerts, clips, site internet. Et côté réseaux sociaux ? Faut-il être geek maintenant quand on fait de la musique ?

Benjamin. Oui plutôt, moi je suis pas très doué de ce côté-là, je suis plus "vieille génération" qui ne comprend rien à Facebook, c'est surtout Pierre qui est un geek d'internet!

Pierre. Qui n’est pas geek de nos jours (à part Benjamin et la personne au fond qui lève la main juste pour m’embêter) ? Ça ne veut plus dire grand-chose à mon avis. En tout cas il parait que les réseaux sociaux sont des outils indispensables pour le développement des groupes de nos jours. Alors je m’y colle quotidiennement, j’essaye de montrer des choses intéressantes aux gens sur la vie du groupe, tous nos projets, les derniers artistes qu’on écoute, etc. On joue le jeu à ce niveau mais tu sais c’est loin d’être la seule chose qu’on doit faire en dehors d’être musicien. Quand tu es indé tu dois aussi être éditeur, producteur, tourneur, chauffeur, cuisinier…

Quelle commentaire vous suggère cette vidéo ? DAN

Disco Anti Napoleon

Benjamin. Les DAN sont des nantais qui étaient aux Trans’ avec nous. Leur concept feu de camp/soirée à la plage sous prod est bien délirant… Ils sont encore plus psychédéliques que nous !

Simon. Ils ont un super son et ils n'ont pas peur d'y aller à fond. Je pense qu'ils peuvent aller loin.

Pierre. DAN représente bien la nouvelle génération de groupes qui arrive dans le paysage nantais, ils ont 50 fois plus d’audace que plein d’autres. Ils font des cassettes audio pour leurs démos ! Ils n’ont peur de rien et foncent. Je suis super admiratif de ça et je pense qu’on va en entendre parler, c’est ce que je leur souhaite en tout cas !

Et celle-ci ? The Doors

The doors

Benjamin. Ray Manzareck à l'orgue, il envoie grave !

Pierre. J’associe directement les Doors à la série de bouquin Rama d’Arthur C. Clarke que je lisais à l’époque où je les écoutais en boucle. J’y vois des octopèdes et des aviens, ça colle bien avec l’attitude de Morisson dans cette vidéo je trouve.

Simon. C'était une super époque, une époque de foisonnement artistique. Le travail du son, la puissance des émotions sur scène. Bon, après les drogues y sont peut-être un peu pour quelque chose MAIS... On peut dire que cette époque est vraiment bénéfique pour la musique. Pour ce qui est des Doors après.... J'adore, mais j'avoue que ce bon vieux Jim, malgré son talent indéniable pour les textes, et sa présence parfois divine sur scène, abusait un peu trop des plaisirs de la vie. Personnellement je ne suis pas de ceux qui aiment voir un type complètement stone sur scène. Cependant les Doors resteront mythiques. C'était vraiment de super musiciens.

On fait partie de ces groupes émergents qui titillent la curiosité des professionnels

Comment vous situez-vous par rapport à la scène musicale nantaise ?

Fred. On fait partie de ces groupes émergents qui titillent la curiosité des professionnels. On fait notre bonhomme de chemin mais c’est aussi un moment critique car ils sont attentifs à la manière dont on se développe. Nantes regorge de groupes et d’artistes talentueux qu’on rencontre forcément à un moment donné, des liens se créent, même si nos esthétiques sont différentes. On essaye de se soutenir !

Quel est le dernier concert que vous ayez vu ? Et qu'en avez-vous retiré ?

Benjamin. Les Meridian brothers (aux Trans), un exemple parfait de mélange de modernité (pop psyché) et d'ancien (cumbia et/ou musique latine traditionnelle), j'ai adoré, assez expérimental et barré... Et je me suis rendu compte qu'on pouvait faire un truc complètement décalé et tordu sans pour autant se couper du public.

Pierre. Lady Jane, un groupe rennais génial et trop méconnu.
Meridian Brothers

Votre coup de cœur du moment ?

Pierre. Le dernier Star Trek ! The Butler, un film qui te fait bien relativiser le fantasme des States dans les 60s. Le dernier album de Grizzly Bear ! Les 2 bouquins d’Alain Damasio à lire absolument !

Simon. Ma compagne....

Votre coup de gueule du moment ?

Simon. La fin du dernier « Hobbit » ! Nan mais franchement, c'est quoi ces manières ! Couper à l'arrache comme ça juste avant que le Dragon.......... Bon je vais me taire pour ne pas spoiler. Mais je n'aime pas trop attendre je crois. Le pire, c'est que quand le dernier épisode va sortir, j'aurais complètement oublié celui-ci, et je risque même de le louper au cinéma !

Pierre. Ouais je m’en vais de ce pas appeler Peter Jackson pour lui en toucher deux mots !

Si vous deviez partir pour une galaxie lointaine avec un album un seul dans la soute à bagages. Lequel emmèneriez-vous ?

Benjamin.  Dark side of the moon des Pink Floyd, classique mais je ne vois pas autre chose.

Pierre. J’hésite entre Selling England By The Pound de Genesis et Amnesiac de Radiohead.

Simon. Un album de Patrick Bruel. Comme ça, je sais qu'en cas de coup dur, je pourrais toujours mettre fin à mes jours.
Radiohead - Pyramid song

Aujourd'hui nous sommes en 2014.... Et où sont les voitures volantes et les gilets « autoséchants » ?



 

Retour vers le futur proche, comment le voyez-vous ?

Benjamin. Plutôt confiant pour le moment, on espère repartir de plus belle cette année, avec des concerts, des nouvelles compos, un nouvel EP, des remix...

Pierre. Comme une montagne de travail à abattre ! Et c’est plutôt cool !

Simon. Quand je voyais Marty Mc Fly voler sur son « Over Board » je me disais : « Wow !!! En 2015 ce sera vraiment trop chouette !! ». J'étais heureux, car je me disais que je serais là pour voir ça.... Aujourd'hui nous sommes en 2014.... Et où sont les voitures volantes et les gilets « autoséchants » ? Nan franchement le futur je ne préfère pas trop l'imaginer puisqu'il ne sera jamais comme dans mon esprit. Je me concentre sur le présent !
Marquees - Live sessions 2

Que pouvons-nous vous souhaitez pour 2014?

Benjamin. Heu... un million de fans... et pas que sur Facebook

Pierre. De faire un morceau avec Philippe Katerine !

Simon. Un tourneur, pleins de dates dans de superbes salles, une tournée aux USA ou au Japon, un label, un enregistrement studio à AbbeyRoad, la première partie de Radiohead à sao paulo devant 30 000 personnes et enfin, un tube international pour que nous puissions tous nous faire construire une belle maison 100% écolo avec une baie vitrée donnant sur une forêt avec un lac.
Ou sinon juste le tourneur ça ira....

Et l'album ? Vous y pensez en vous rasant le matin ?

Pierre. Ça fait un bail que j’ai pas fait ça… me raser. On y pense, mais on ne veut pas le faire sans de vrais moyens. On a des goûts de luxes nous, on veut du studio pendant des mois, mixer chez Dave Fridmann tout ça ! J’exagère mais en tout cas on veut mettre les moyens pour un album. Et comme on ne les aura à priori pas en 2014 on fera certainement un nouvel EP en attendant.


Merci les Marquees


Interview réalisée le 10 janvier 2014 par Eric Guillaud
Plus d'infos sur le groupe ici et

Bientôt en concert près de chez vous

le 8 février à Brétignolles
le 15 mars à Saint-Viaud
le 29 mars à Nantes au Ferrailleur
le 24 mai à Nantes aux Nefs

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