Johanna Rolland : la jeune femme à qui tout réussit

Johanna Rolland en 2014. / © Christophe Turgis
Johanna Rolland en 2014. / © Christophe Turgis

Guist'hau, Sciences Po, un itinéraire lisse et sans accroc, à même pas 35 ans Johanna Rolland semble n'avoir peur de rien, quelque chose de Jean-Marc Ayrault en somme

Par Christophe Turgis

Elle a une manière étonnante, indéfinissable de regarder son interlocuteur, souriante, spontanée souvent, en retenue aussi. Johanna Rolland est née à Nantes en mai 1979. "Mais j’ai grandi à Vertou, j’allais au lycées des Bourdonnières. Puis à Guist’hau en hypokhâgne. Je voulais faire Science Po pour ensuite travailler dans une ONG internationale". Ce sera Sciences Po à Lille, puis une première expérience de terrain en Bosnie.

Johanna Rolland est née dans une "famille de l’ouest".  "Mon papa était syndicaliste et anticlérical et ma mère institutrice chrétienne…" Alors forcément ça forge le caractère et surtout ça guide une conduite future. "À chaque Noël on donnait un jouet à quelqu’un, c’était sa manière d’être chrétienne". Leur point commun ? "C’est le rapport à l’autre. Gamine, j’ai passé mes week-ends dans les salles de basket, mon père était entraîneur. L’un et l’autre m’ont donc appris le dévouement et l’engagement".

Après Sciences Po, la Bosnie, puis l’Afrique du Sud. Deux expériences réussies au service des autres. "À mon retour en France j’ai repris des études. Un DESS Politique de la ville et concertation avec les habitants, je voulais être sur le terrain". Et ce sera au Creusot sur un Grand Projet de Ville. "J’ai mis en place la concertation avec les habitants, les Conseils de quartier".


2004, le retour à Nantes

"Jean-Marc Ayrault cherchait une attachée parlementaire… J’ai postulé, il m’a recrutée. Ensuite il m’a proposé de conduire sa campagne pour l’élection législative, puis de rejoindre l’équipe municipale". En 2011 Johanna Rolland est élue au Conseil général, elle devient adjointe de Patrick Rimbert quand celui-ci succède à Jean-Marc Ayrault devenu Premier ministre.
Qu’est-ce qui la fait courir ? "Ce qui m’anime ? c’est la même flamme, en Bosnie ou à Nantes, la politique n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour faire bouger les lignes, faire avancer des idées".


Son futur grand chantier ?

"On a ici de vraies ressources, un vrai potentiel d’innovation, il faut fédérer les énergies, économiques, sportives, associatives, les entreprises. Le grand chantier ce sera le renouvellement des pratiques de gouvernance, redonner le goût de la chose publique. Les gens n’y croient plus, pourtant on peut !"
Et de citer aussi d’autres chantier déjà engagés ou sur le point de l’être comme la gare, l’aéroport, le CHU, la Loire, le logement… "Et cultiver la douceur de vivre à Nantes". Dans ces projets on trouve pèle mêle des projets strictement municipaux, mais bien plus souvent d’ordre communautaire. "L’agglo c’est le territoire de vie. Je ne m’interdis pas de parler des questions du ressort de la métropole, dans laquelle il faudra construire 3000 logements abordables par an si on veut pouvoir continuer d’accueillir de nouveaux venus et maintenir une qualité de vie".


@Johanna_Rolland

"@Johanna_Rolland c’est moi ! Je tweete quand j’ai une info. Quand quelque chose ou quelqu’un m’interpelle. Pour ma campagne j’ai aussi @Nanteslavenir". Les contenus mal-aimables ? "J’en prends, j’en laisse". Les Twittclach, c’est pas son truc. Faisant référence à une conversation un peu vive sur Twitter entre une autre candidate et les fonctionnaires municipaux : "Quand on veut devenir Maire de Nantes c’est pour devenir le maire de tous les Nantais. On ne peut donc pas être sectaire, dévaloriser les fonctionnaires ou dire qu’on ne mariera pas les couples de même sexe… Mais entre nous… si on enlève les journalistes et les politiques, Twitter c’est un peu vide non ?"

Mais la question numérique reste pour elle un enjeu stratégique. "Nous sommes la deuxième ville du web en France, c’est la filière stratégique pour demain. Je suis de gauche et je me demande comment éviter cette fracture numérique qui s’annonce, il faut à tout prix l’éviter, rendre le web accessible à tous les Nantais quelle que soit leur origine sociale".


Johanna Rolland sur le web : http://nantesadelavenir.fr/
sur facebook : https://www.facebook.com/nantesadelavenir
sur twitter : 
@Nanteslavenir

2 ou 3 choses perso de Johanna Rolland

Johanna Rolland est mariée avec un ingénieur, qui après un parcours en entreprise, a choisit de devenir instituteur. Ensemble ils ont deux très jeunes enfants.
Son petit coin de nature à elle ? "Une petite plage sur la Côte de Jade. Je vais pas vous dire où, tout le monde va venir…" Elle rit franchement. "C’est mon coin à moi, tranquille et je voudrais qu’il le reste… bon c’est à la Pointe-Saint-Gildas, dans la maison de mes parents. Mon papa y habite, on s’y retrouve avec mes sœurs. J’adore la mer, la plage, nager". Du bateau ? "Un peu avec des copains".

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