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Pierre Regnault : le Bourguignon devenu Vendéen et maire de La Roche-sur-Yon

La poignée de main est franche et vive, un sourire interrogatif qui scrute l’interlocuteur, Pierre Regnault, qui a succédé à Jacques Auxiette "presque par accident" c’est pris de passion pour sa ville d’adoption
Pierre Regnault a succédé à Jacques Auxiette en 2004 comme maire de la Roche-sur-Yon, il a été élu en 2008 et se représente pour cette élection municipale 2014
Pierre Regnault a succédé à Jacques Auxiette en 2004 comme maire de la Roche-sur-Yon, il a été élu en 2008 et se représente pour cette élection municipale 2014 © Christophe Turgis
Pierre Regnault est né en 1948 à Chally-sur-Armançon, un village de Bourgogne dans une famille modeste. C’est un homme d’action qui ne s’attarde pas beaucoup sur lui même, sa parole est rapide, "Je suis entré tôt dans la vie active comme aide familial. Et puis à 22 ans j’ai passé le Bac par correspondance". Et il l’obtient. Poursuit sur la voie des études et devient ingénieur en techniques de promotion sociale. Il travaille alors dans l’agriculture. Il a déjà la fibre de l'engagement social. "Je militais à la CFDT en Côte-d’Or, et je suis arrivé à La Roche-sur-Yon en 1977. Coïncidence ce jour là, Vendée Matin faisait sa une sur la première liste que présentait Jacques Auxiette à l’époque... !"


Militant dans l'âme

Vite intégré, Jacques Regnault s’engage dans la vie associative yonaise. "Je suis devenu président du club de patinage artistique, je suis entré au bureau de la FCPE, j’ai organisé le premier carrefour des métiers…" De quoi se faire remarquer par le maire. "Je suis un militant dans l’âme, j’ai d’abord adhéré au PSU à Dijon, en 1981 j’ai rendu ma carte après l’élection de Mitterrand ! (Ça n’allait pas fort entre mitterrandiens et rocardiens à l’époque, ndlr). Je l’ai reprise plus tard au PS…"


Élu maire

En 1989 Jacques Auxiette lui propose le poste d’adjoint aux sports. "Je pensais avec les sports pouvoir garder un peu de liberté et mener de front carrière professionnelle et travail à la Mairie… Je me suis bien trompé !" Car ce boulimique du travail, passionné par la chose publique prend à bras le corps cette nouvelle fonction. "En 1995, pour le deuxième mandat je suis devenu premier adjoint à l’économie et aux finances. En 1998 je me suis présenté à l’élection cantonale et je suis allé siéger au Chateau !"  Il sourit. Le Château : entendre par là le département tenu de main de fer alors par Philippe de Villiers !

Pour son troisième municipe comme adjoint, Jacques Auxiette  en 2001 lui propose l’urbanisme, "et là contre toute attente, Jacques Auxiette en 2004 été élu président du Conseil régional. Il m’a dit, ben maintenant c’est à toi de poursuivre ! Voilà comment je suis devenu maire de La Roche…" Il s’arrête et ajoute visiblement ému par se souvenir, "c’était pas facile de passer après lui ! Il a marqué le territoire. Pour la campagne de 2008, j’ai fait les portes des HLM une par une, personne me connaissait ! Les gens me disaient on connait bien Philippe de Villiers ou Jacques Auxiette… mais vous… Et j’ai été élu au premier tour !"

Devenu Maire "par lui même" Pierre Regnault avance son projet pour sa ville, un projet d’urbanisation pour la période 2008-2020. "Il faut donner plus de puissance à cette agglomération, les territoires divisés régressent, et la Cour des comptes nous a donné raison en nous citant en exemple de mutualisation réussie agglo-ville."
Géographiquement, c’est une chance, La Roche-sur-Yon forme comme une ville à la campagne à deux pas de la mer. "Mais la commune qui pèse 9% de la population du département concentre un tiers des personnes en difficulté sociale. Et sur ce point, il se fait grave, le Château ne nous aide pas !"


De Napoléon à la Passerelle:0

Son projet pour le prochain mandat ? Ramener les gens en ville. 1000 logements ont été construits dans le centre depuis 6 ans. "Il faut continuer, c’est l’identité du territoire, le Pentagone Napoléonien, c’est là qu’est la ville future. Densifiée, où les habitants trouverons les transports publics et les services. L’emploi aussi, avec à la gare la "Passerelle:0, le numérique est l’emploi de demain !" Mais La Roche-sur-Yon va t-elle pouvoir continuer de s’épanouir à gauche au milieu d’un Conseil Général tout acquis à la droite ? "Le Pôle Métropolitain va se mettre en place autour de Nantes, je veux y être !"



@pierreregnault

Les technologies numériques et la communication, Pierre Regnault n’a pas attendu Facebook pour s’y intéresser : "J’ai créé un blog il y a longtemps déjà. Je le tenais moi même". Et puis Twitter et Facebook sont arrivés. "Là j’ai commencé à moins m’énerver après les journalistes… ! J’ai compris, il faut toujours chercher le train qui arrive en retard pour intéresser les gens… Le travail dans la durée ne paye pas !" (Merci "confrère" !)
Twitter ? "Je suis très prudent, je suis quelqu’un de pressé dans la vie, mais là je tourne 7 fois mes doigts au dessus du clavier… Mais c’est un bon moyen de s’informer, de savoir ce que pensent les autres."
Mais tout le monde n’a pas accès à ces nouveaux outils. On parle de fracture numérique. Pierre Regnault à se moment là tient son iphone à la main, ça sonne dans sa poche. Il l'en sort : "J’ai un HTC aussi, mais je m’y fait pas. L’autre est mieux". Il bloque le répondeur et reprend : "Je crois au progrès social, il faut transformer ce progrès numérique en progrès social, on ne peut pas passer à côté".


Les outils numériques de Pierre Regnault

Twitter perso : @pierreregnault
Son Facebook : https://www.facebook.com/pregnault

Le site de campagne :
Sur le web : http://vivelarochesuryon.fr
Sur Twitter : @vivelaroche
Sur Facebook : https://www.facebook.com/ViveLaRoche



2 ou 3 choses en + de Pierre Regnault
Son petit coin de nature à lui ? "Le tour du Moulin Papon, c’est toujours différent, j’en ai fait des milliers de photos, j’en ai publié sur mon blog, je le tiens moins à jour, mais on peut toujours les voir." Photographe donc ? "Oui je suis depuis toujours un nikoniste !" et en dehors du Moulin Papon ? questionne le journaliste qui s’attendait à quelque chose de plus... plus lointain ! "La Vendée, ma ville". Le journaliste fait valoir que ça fait un peu propos de plaquette de communication… "Non c’est vrai, je suis devenu quelqu’un d’ici. Élu maire, je me sens définitivement d’ici." Bon, soit, mais même pas un petit coin de montagne ? "Si la montagne pour marcher, ça demande de l’effort, c’est dur, c’est du dépassement de soi, la marche permet de se retrouver, en soi".
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