Procès de Gilles Patron : la journée des parties civiles, et les réquisitions

Gilles Patron lors du procès de Tony Meilhon à Nantes / © FRANK PERRY / AFP
Gilles Patron lors du procès de Tony Meilhon à Nantes / © FRANK PERRY / AFP

Avant dernière journée du procès de Gilles Patron aux assises de la Loire-Atlantique, le père d'accueil de Laetitia et Jessica Perrais comparait pour viol et agressions sexuelles. Suivez minute par minute le réquisitoire et les plaidoiries.

Par Christophe Turgis

 

17h15 Les réquisitions du procureur de la République Guillaume Lescaux

Je vais commencer par une chanson de Patrick Bruel. Qui a le droit ? Qui a le droit de faire ça à un enfant ?

Je remonte dans le temps.
Moi c’est Amandine, je suis placée en famille d’accueil parce que mon père à violé ma sœur. Gilles et Michèle s’aiment, j’ai jamais connu ça. Une belle maison. Une famille. Je suis soutenue, je suis écoutée. Mon éducatrice le dit au juge Amandine s’ouvre. Et lui un jour j’y comprends rien dit Amandine, il met sa main sous mon pyjama, il met ses doigts dans mon sexe. Il sort son sexe, j’avais jamais vu ça. Il met ma main sur son sexe… Elle est où la maison du bonheur ? Il me dit d’écrire ce que je sens dans mon cahier.

Et puis un jour Amandine doit faire un choix, elle ne veut plus retourner chez les Patron. Sa mère comprend plus tard et lui demande de s’exprimer. Amandine est mariée. Elle a 4 enfants. Amandine est mariée avec un Turc. Elle vit avec un Turc. Elle a dû faire la preuve de sa virginité…

Bonjour moi je suis Enzo (prénom d’emprunt l’enfant est toujours mineur), je suis pas resté longtemps chez vous. J’avais 7 ou 8 ans, je suis pas certain, j’avais été violé par mon frère. Chez moi c’était le bazar, tout le monde était nu devant tout le monde avec tout le monde. On m’a dit tu vas voir c’est la maison du bonheur.
Alors on m’a dit faut être propre, j’avais des bleus sur les fesses. On m’a baissé mon pantalon. Souvent.
La juge a interrogé Dylan, qui a passé 8 jours chez les Patron. Et Dylan s’est souvenu de m’avoir vu nu avec Mr Patron. Mr Patron m’avait réprimandé parce que j’avais fait des choses avec Dylan… Je savais pas ce qu’il fallait faire ou pas faire !

Bonjour je suis Jessica. J’arrive à la maison du bonheur avec ma sœur parce que mon père a violé ma mère.
Un jour on part en camping car. Mr Patron me caresse, met sa main sur mon sexe… Quand ? Je sais pas moi, je venais d’avoir mes règles. Non dit Gilles Patron, enfin je sais pas quand c’était, mais je venais d’avoir mes règles…

Jessica reprend, un jour j’entre dans la salle de bain ! Oups il se branle, il me dit c’est naturel va chercher du sopalin… Une autre fois il me dit t’as un tout petit clitoris, c’est quoi clitoris. Je suis pas normale ? Un jour il s’appuie sur moi, veut mettre son sexe dans le mien. Ça me fait mal au ventre. Je suis allée voir un gynécologue, puis un deuxième alors je lui raconté…

Bonjour moi c’est Lydie, moi les foyers sa m’emmerde. Ma mère m’a jamais défendue, viols mon beau père etc. Qu’est ce qu’il ont mes seins ? Tu les touches pas ! Faut pas faire ça ! J’en ai marre des foyers, je suis la recordman des fugues. Et puis la juge madame Renaud m’appelle, elle me dit t’es allée chez le Mr là ? Oui ça a pas été clair. Elle me dit c’est pas clair, on touche pas le corps ! Faut porter plainte. Moi je voulais pas d’embrouilles encore.

Bonjour moi c’est Laura, moi il paraît que j’ai une tête de complot. J’ai un scooter. Chez les familles d’accueil y’a pas trop de sous alors mon scooter tu parles ça l’intéressait. Bonjour Jessica elle est là ? Oui qu’il me dit en s’appuyant sur moi. Alors là j’ai pas supporté, suis partie. J’en ai parlé à mes copines, j’suis comme ça, faut que tout le monde sache, j’suis comme ça !
Et tout le monde m’a dit faut porter plainte, msoi je voulais pas recommencer avec les embrouilles le gendarmes tout ça. Comment il parle à Michèle de son histoire d’hôpital. Sa femme elle dit toujours comme lui.

Bonjour moi c’est Juliette, moi je sors avec Jessica. Les filles c’est comme ça maintenant. Un jour j’ai eu le droit de passer le week-end chez eux. Ils appellent ça des soirées pyjama avec de gros sous entendus. Allez y on est pas là ! Et puis ils rentrent, je vais aux toilettes, il me coince. J’en parle à Jessica, qui me dit laisse on en parlera demain !
J’en parle à maman, qui me dit quoi c’est pas possible, pas lui qui s’est présenté aux municipales ! J’en parle à papa qui dit, chez les gendarmes tout de suite !
Mr Patron dit ah oui c’est peut-être dans le couloir, je l’aurais effleurée. C’est bizarre j’ai pas dit que c’était dans le couloir !
Plus tard, on en parle avec Victoria, elle fait le lien avec Laura…

Bonjour c’est Jessica, mon père il a pas eu le droit d’aller à l’Élysée, Perrais c’est un nom sale…? Pourquoi t’as fait ça ? À ma copine ? Nous on est des filles et nous on s’aime. C’est mon choix ma vie, on veut pas des hommes. J’en ai marre de ta main. T’as touché à ma copine. Les gendarmes arrivent  ils me posent des questions, visiblement ils en savent des choses. Ça a duré 4 heures.
Et puis je savais pas que j’étais écoutée, je savais pas que les victimes étaient écoutées au téléphone, avec Nathalie une ancienne copine de papa. Avec Yolande aussi, j’ai dit ses mains son sexe, que je disais non… Tous les gens qui sont venus ont dit que je disais les choses. Mais moi ce que j’ai pas compris c’est le psychologue, il dit que j’étais dans une relation d’emprise, que Mr Patron disait que c’était moi qui voulait.
Moi je veux pas qu’on me dise ce que c’est qu’un homme. Qu’un homme mette son sexe dans le mien. Tu dis j’ai eu plein de petits copains. Le seul que j’ai eu il était en terminale S, mais avec ton coup de fil ça a tout cassé.
C’est vrai j’ai eu honte de mon nom, j’étais "patronisée" je voulais plus m’appeler Perrais. Pourquoi quand tu vois des femmes sur l’ordinateur tu dis vas y ça va te plaire. Pourquoi quand Juliette viens à la maison tu dis allez y les filles vous gênez pas devant moi…


Les réquisitions

Le procureur reprend son rôle de juge. J’ai suivi l’affaire depuis le début, ça m’a pris du temps, incarcérer ne pas le faire, ça a pris du temps. Et puis d’autres collègues ont repris les deux cartons de notes. Ils sont eu la même conviction que moi…
Jessica, ah Jessica ! Mais telle autre est grosse, un engin, ou sale, et le garçon qui va aux toilettes avec un linge. Nous venons de passer 10 années de votre vie Mt Patron, mais c’est 40 années de votre vie qu’il faudrait revoir, votre belle sœur qui dit 30 ans après avoir dansé avec vous que vous lui plotiez les seins, il y a eu Yvette, puis la collègue de travail de votre femme, la p’tite enseignante… Il y a des femmes qui ont refusé des sorties scolaires parce qu’elles sentaient votre personnalité. Y a des femmes qui sentent ça. Qui disent qu’avec vous elles ont peur.

Ce rejet permanent de la responsabilité sur l’autre, disent les expert, c’est toujours l’autre qui est en tord, la famille d’accueil, l’enfant. Gilles Patron réussit tout, il sèche, ah si, je dis trop la réalité aux gens. C’est de la franchise.

Et puis il y a eu un gros feu rouge dans votre vie en septembre 2010. Tous les mois vous recevez une paye pour accueillir une jeune fille, la veille de votre arrestation il y a encore une main qui traîne.
Vous avez abusé d’enfants. Qui a le droit de faire ça quand les enfants croient les grands ? Quand les enfants n’ont pas la force de dire non ?
La société ne tolère pas qu’on s’attaque à plus faible que soit !

La Loi prévoit un maximum, je ne demande pas à la cour ce maximum, parce que dans l’échelle de l’horreur, vous êtes haut mais pas au sommet.

Je demande 13 années, 10 ans de privation des droits civiques, obligation de soins sous peine de 5 ans de prison et son inscription au fichier des délinquants sexuels.

 

Gilles Patron regarde le sol depuis le début du réquisitoire, comme il comparaît libre, il prend son téléphone portable et converse tête baissée la main sur la bouche.


L’audience est suspendue jusqu’à demain 9h



14h10 reprise de l’audience avec les parties civiles


Le conseil de Sylvie Larcher, mère de Jessica Perrais
Mme Larcher est une femme détruite par la violence dont on été victimes ses enfants. Laëtitia d’abord, puis Jessica ensuite. Elle se dit qui ment ? Qui ment depuis août 2011 ? Qui ment devant cette cours d’assises. Elle se dit que sa fille a pu avoir des oublis, elle se dit que sa fille ne ment pas. Mr Patron mou sa donné un début d’explication : elle voudrait se venger, elle voudrait tirer profit. Et pourquoi Jessica ne mentirait elle pas ? Nous avons une réponse avec l’explication de l’expert Mr Bichon, il parle de son attachement à sa mère, démontrant son souhait intense et profond de protéger les souffrances de sa mère.

Mr Patron ment, et a menti dans tout ce qui fait le ciment de sa vie. Il a menti à sa famille, à sa femme qu’il trompait, à l’institution qu’il représentait, il a même menti devant sa foi, il a fait témoigner un prêtre…


Peut-être aurez vous un doute qui vous amène à conclure que Jessica, elle aurait menti. Dans le doute mettez vous à la place de Mme Larcher, confiriez vous votre enfant à Mr Patron ?


Le conseil de Laura Hauville
Nous avons fait la connaissance d’une jeune fille cassée par la vie, faisant face au dédain de Mr Patron. Elle est celle par qui le scandale arrive. C’est elle qui permet aux autres d’aller parler aux gendarmes. Rien ne va lui être épargné. La grosse, l’engin, la menteuse, elle s’effondre et s’enfuit de cette enceinte… Est-ce que l’aura Hauville a été victime d’agression sexuelles de Gilles Patron. Laura va venir à la gendarmerie le 5 août 2010, elle ne dépose pas plainte, elle explique que Mr Patron l’a suivie sur son scooter, qu’il la caressée et essayé de lui toucher les seins. Ce qui lui est déjà arrivé. Elle dit, je ne lui ai jamais dit que je n’étais pas d’accord, je l’ai toujours repoussé. Elle en a parlé à sa famille d’accueil. Elle n’a pas voulu porté plainte, parce qu’elle a peur de Mr Patron dit elle. C’est quelqu’un d’important à la Bernerie, il est président de plein de trucs. Le conseil général est mis au courant, sa référente la convainc de porter plainte, et l’accompagne à la gendarmerie.

Pourquoi va t-elle chez les Patron pour y voir les jumelles ? Elle dit que Mr Patron n’était pas toujours là, c’est une adolescente qui agit en fonction de ses envies, j’ai envie de voir les jumelles, j’y vais ! Elle dit à 16 ans j’avais de la poitrine, il me disait attend dans la véranda, je n’avais pas le droit d’aller dans la chambre des jumelles. Laura est une jeune fille qui à 16 ans ne se situe pas dans le temps. L’expert nous dit que chez les jeunes filles, encore plus vrai dans le cas de jeunes filles qui ont eu à subir des violences sexuelles, cette difficulté est plus grande.

Y a t-il eu un complot entre Laura et les autres pour faire tomber Gilles Patron ? Pourquoi Laura aurait-elle eu quelque chose à Gilles Patron avant 2010. Une histoire d’arrêt de bus que Mr Patron aurait fait déplacer. Et puis il lui aurait interdit de venir à l’église pour Laëtitia. Les explications de Mr Patron ne tiennent pas. Vos dénégations, l’avocate se tourne vers Gilles Patron, en 2010 vous êtes convoqué par le conseil général, vous savez pertinemment que Laura Hauville a parlé. Et vous dites dit j’ai essayé…



Le conseil de Julia Gaborit
Les faits sont simples et datés. Le 23 juillet 2011. Elle dort chez ses amies. À besoin d’aller aux toilettes, et croise Gilles Patron, qui pose la main sur son sexe lui disant n’ait pas peur. Elle le repousse. Madame Patron est à côté dans la cuisine…
Gilles Patron nie ces faits là. Il dit je l’ai peut-être croisée, je l’ai peut-être effleurée, et puis ensuite il dit non rien de tout ça !
Les gestes sont commis par surprise, par un auteur qu’elle ne soupçonne pas capable. C’est le père de la famille de ses petites amies. Elle dit, il m’a touché les fesses, le sexe, les seins. Surprise. Il parle de l’homosexualité comme d’un problème, et se réjouit qu’aujourd’hui Jessica ait un petit ami.

Vous avez vu toutes ces victimes, sont-elles capables entre-elle de monter le scénario d’un complot ? L’expert décrit Gilles Patron comme dénué d’affect, pas d’émotion. On nous l’a présenté comme un homme pervers, il s’amuse des propos injurieux qu’il a tenus à l’égard de Laura Hauville. Il se sent tellement puissant qu’il a pu penser qu’aucune de ses victimes n’irait le dénoncer.


Le conseil d'Enzo (prénom d'emprunt l'enfant est toujours mineur)
Des écorchés de la vie, c’est le propos de l’enquêteur qui a entendu les enfants. À 7 ans c’est un enfant sauvage qui ne parle pas, n’est pas propre. Le contexte dans lesquels les faits se sont déroulés. Enzo n’a rien à gagner à dire la vérité. Cet enfant a subi une agression sexuelle au sens pénal. Pourquoi la théorie du complot ne tient pas. Enzo ne connait pas les accusations portées contre Mr Patron lorsqu’il est convoqué à la gendarmerie.
Il est constant dans ses réponses. Il ne manifeste pas de haine, mais de la honte devant les enquêteurs. Il n’a pas vécu ses révélations comme un soulagement. Il a vécu l’horreur dans sa propre famille par son frère, il avait 4 ans. Sa mère a été condamnée pour agression sexuelle sur son frère. Enzo ne s’exprime pas au passé. Il ne sait pas à 14 ans s’exprimer correctement. Comment veut on qu’il puisse imaginer un complot ? On ne retrouve pas chez lui de trait de perversité. Sans cette enquête, l’expression de Enzo était inenvisageable.
Quentin souffre d’un complexe d’humiliation face aux adultes. Mr Patron lui dit ne dit rien, j’irais en prison. Ce n’était même pas la peine.

Enzo est mis nu plusieurs fois pas jour, Mr Patron prend son sexe en main…, Mr Patron conteste. Enzo a partagé 6 jours au domicile des Patron en compagnie de Dylan, il avaient 8 ans. Ils ne se sont jamais revus depuis. Quand Dylan, à 17 ans, est entendu comme tous les autres enfants, il dit je n’ai pas été victime, mais j’ai vu Enzo le pantalon baissé aux chevilles… Cette description correspond en tous points aux révélations d'Enzo. Théorie du complot ? Ce n’est pas sérieux.


Le conseil de Lydie
C’est une jeune femme désormais, placée en foyer à 7 ans. Elle détient son propre record, 117 jours de fugue dans sa vie de placement. Son seul moment de bonheur c’est la semaine chez Mme Bonneau. Le week-end elle retourne chez sa mère… avec son beau-père. Qui abuse d’elle. Sa mère ne veut plus la voir depuis quelle ,’a trouvée au lit avec son compagnon. Alors le week-end elle va en famille relais. Pas de chance. C’est chez les Patron. Où les choses continuent.
Destructurée la petite ? on le serait à moins.

Une éducatrice qui avait toute sa confiance, dans une voiture, lors d’un déplacement, elle lui dit quand j’étais jeune, y a un éducateur qui m’a mis à poil et un autre m’a fait des bisous partout. L’éducatrice informe la mère, elles est le représentant légal. Alors elle va voir le conseil général pour que cette mineure soit défendue, puisque la mère ne veut pas porter plainte… On est proche de la majorité de l’enfant… pas de dossier.

C’est elle qui a porté plainte ? non c’est une confidence à une représentante de l’institution.

Le beau-père. Lydie s’explique chez les gendarmes à 6h du matin, une nuit de beuverie, la conversation s’envenime on appelle la police. J’ai été entendue comme témoin de l’enlèvement de ma mère par mon beau-père dit elle à la barre de la cour d’assises. Les policiers, s’aperçoivent que la gamine fait l’objet d’un signalement de fugue… ils l’a gardent, lui posent des questions. Et répond simplement à la question de savoir pourquoi la mère a des mots avec son beau-père… Le policiers lui disent que sa mère aurait dû signaler les faits… Que fait la petite, conflit de loyauté, la gamine ne confirme pas les faits… Et la police n’alerte pas les services sociaux !

Elle est majeure désormais. Il n’y a plus de dossier. Elle est honnête, elle protège sa mère.

Troisième fait. Contre Mr Patron. Elle en parle ? Pas du tout ! Janvier 2012 c’est sa mère qui la soutient. Lydie lui parle au téléphone. Tout le monde parle de Mr Patron. Et sa parole se délie. Sa mère lui pose un ultimatum. Mais les policiers l’entendent avant qu’elle ne soit allée les voir. Pa sans peine, Lydie invente de faux prétextes pour ne as venir les voir. Ils alors entendent tous les enfants un par un depuis le mois d’août…

Pour autant elle ne porte pas plainte. Mais la voila citée à comparaître à la cour d’assises. Et là elle va devoir témoigner.

Alors un complot ? Pour de l’argent ?  Difficile à croire, vous l’avez vue. Timide, fragile. disant, moi c’est rien pour les autres c’est pire ! Parler d’elle ? Ça reste trop dur, ça reste dedans. C’est la seule victime qui n’a pas pu libérer sa parole, sa souffrance. Ça hurle encore !




Le conseil d’Amandine
Je veux que Mr Patron arrête de me toucher. C’est écrit sur son cahier de fillette de 10 ans ! À 9 ans Amandine veut sa part de bonheur. Elle en aura avec Mme Patron, avec Mr Patron qui l’emmène faire du vélo. C’est donc ça une famille, avec des vacances, des tontons, des cousines.
Alors lorsque Gilles Patron lui demande d’enlever ce qu’elle a écrit, elle le fait. Elle ne veut pas voir sa mère retourner chez les gendarmes chez le juge. Amandine fait un choix inconscient, elle se tait. Et s’excuse. C’est une petite fille qui n’est rien à côté de Mr Patron admiré de tous. Ce petit cahier ne l’a pas libérée, au contraire, il l’enferme. Aujourd’hui Amandine n’a plus 10 ans, elle ne s’excuse pas cette fois ci. Elle sait qu’aujourd’hui Mr Patron ne peut plus lui faire de mal.

Amandine est une menteuse dit Mr Patron. Mme Patron dit que ce n’était pas si grave. Elle qui était institutrice !
Amandie ne connaissait pas ses compagnons d’infortune, elle se taisait et aujourd’hui sa parole se libère, ce n’est pas dune petite fille menteuse. C’est une femme aujourd’hui, qui a un mari, 4 enfants. Elle dit Mr Patron n’a pas changé, j’ai appris qu’il l’avait fait à d’autres, j’aurais dû ne parler, j’étais trop jeune. J’espère qu’on va nous croire. Je veux que Mr Patron arrête de nous toucher.


Me d’Oliveira conseil de Jessica
Je me suis égarée, je suis la 11ème partie civile, mes confrères ont tout dit ! Revenons en arrière Jessica et Laëtitia sont fatiguées des disputes familiales. Elles arrivent chez P’tit loup. Des loups elles n’en ont pas encore vu. C’est les vacances, il fait chaud dans le camping car. Il touche Jessica dans le hangar. Pose sa main sur son sexe ses seins, la force à mettre sa main sur son propre sexe. La patte du loup. Jessica est "patronisée".

"Patronisée" Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur l’affection de Michèle, les pêches à la palourde quand la mer se retire. P’tit loup avec qui on fait du sport. Mais ce meilleur là est la cause du pire. Son sexe, il le touche, il le lèche. L’homme qui aimait les femmes, qui aimait les filles, même les filles de l’assistance !

Gilles P’tit loup Patron met en scène régulièrement ses masturbations dans la salle de bain. C’est son aveu. Devant le regard fixe, égaré quand elle lui tend le sopalin final…
Quand il la conduit chez le psychologue, la ficelle est si bien tenue que rien ne sort. Jusqu’à Paris.
À l’Élysée, elle se dit que s’était normal que le roi de la Rogère soit reçu par le président de la République pour délinquance sexuelle…

Dans son jeu il sait qu’il a le bon valet. Dans le jeu adverse il sait qu’on trouve la sincérité. Il joue au poker menteur. Il faut transformer le valet du sopalin en dame de cœur. À la cour d’assises, il y aura des violons qui joueront l’histoire d’amour. P’tit loup je suis consentante, c’est le papier qu’aurait écrit Jessica au temps de leur romance. Curieuse façon d’écrire une histoire d’amour…

Les piques tombent à l’instruction, j’ai le souvenir comme mon confrère Fillion que Gilles Patron se prenait pour un as.

La cour d’assises, il faut abattre ses cartes, il joue collectif. Gilles annonce, Michèle rapplique et confirme. Il conclut toujours par un argument à côté de ce qu’on lui reproche. Jessica retrouve P’tit loup dans une cage. Elle essaye de rompre les barreaux du mensonge. Quand elle comprend qu’elle est bannie, elle reste sur le carreau.
 

Elle quitte la Bernerie, la proximité de la tombe de Laëtitia. Elle est venue témoigner à cette barre, tétanisée par le pouvoir du maître. Au fil des jours elle a pu se libérer de l’emprise. Et si le printemps arrive elle regardera par terre s’il n’y a pas un trèfle, à 3, ou 4 feuilles.





 

Le conseil du conseil général
Mr Patron vous avez violé vos engagements. Vous reconnaissez avoir failli, mais à l’insu de votre plein gré. Vous avez fini par succomber aux avances de Jessica. J’ai l’impression que vous avez agit méthodiquement, élevé des remparts de respectabilité autour de votre sexualité. Vous avez clivé entre l’homme public et l’homme privé. Mis des moyens importants pour donner une image favorable de vous même. Vous étiez un assistant familial impliqué, auprès des jeunes, de l’institution, des responsabilités familiales. Et en même temps vous placiez vos victimes sous votre domination affective ou sexuelle. Vos victimes bénéficiaient d’un cadre familial idéal. fils acceptaient cette contre-partie; Ils ne pouvaient pas révéler des faits pour lesquels ils ne seraient pas crus.
L’avocat s’exprime face à Mr Patron qui regarde le sol.
Vou savez causé un préjudice considérable aux enfants. Vous avez causé un préjudice considérable à l’institution. Un préjudice aux 1400 professionnels du département qui se dévouent pour ces jeunes en difficulté. Ce que vous avez fait ravage l’image de l’institution? Vous avez nuit à l’institution que représente le conseil général;

17h L’audience est suspendue un quart d’heure. À suivre les réquisitions de l’avocat général.


 

11h10 La parole est aux partes civiles dans l’ordre qu’elles ont déterminé


Me Madec pour la Voix de l’enfant
Depuis 8 jours nous avons une impossibilité d’accéder au delà de ce que Mr Patron veut bien montrer. Il sera difficile pour vous les jurés de vous forger une intime conviction.
Nous avons une lettre de Michèle Patron au 9ème jour de l’incarcération de son époux en 2011, où elle dit comment as tu pu faire ça ? Nous sommes encore abasourdis par ce que elle dit avec son époux depuis le début de son procès. On voit une femme affidée à son mari.
On nous présente des dessins d’Amandine, dont on ne sait pas grand chose. Ils présentent des dates de la main de madame Patron, toutes de la même encre, et remontent à des dates antérieures au faits. En tous cas ils n’ont pas été présentés aux experts et c’est regrettable.

Nous avons eu un expert hier, qui dit, "nous avons une personne qui souffre d’un trouble majeur de la personnalité et de perversité".
Il faut comprendre ce dispositif d’emprise, nous ne sommes pas dans le cas d’un pédophile qui prend des enfants tiers, nous sommes devant une personne qui a un moment de sa vie a besoin d’affirmer sa personnalité, pas forcément besoin d’assouvir un besoin sexuel.

Pourquoi souligner cela, La Voix de l’Enfant, veut montrer non pas la dérive d’un homme vieillissant, il nous semble important d’apprendre ce qu’est Mr Patron sous l’angle de sa dérive.
Il dit : qu’est-ce qu’un viol ? C’est quand on lui tient les bras, quand on force ! Nous n’avons pas senti une avancée psychologique au cours de ce procès, il ne comprend pas que Jessica était en demande. On ne peut pas juger Gilles Patron sans comprendre ce qu’il est aujourd’hui ou devenir demain. Il ne manifeste aucun progrès sur la personne qu’est Jessica Perrais. Il se présente comme un homme de bien? Quand il lui demandait de se masturber sur des vidéos pornographique, il se considère toujours comme un homme de bien…

Il a eu des relations avec des femmes adultes, on se demande comment il a pu être attiré par un enfant nu. Comment il a pu être habité par ce corps d’enfant adolescente pré-pubère. Il n’arrive pas exprimer ce qu’il a fait, il dit j’ai fait un traitement, sans qu’on sache quoi. Un adolescent reste un objet de désir, Jessica n’est pour lui qu’un adulte, petit, mais pas une enfant.

On nous dit : ils auraient ces enfants dénoncé par intérêt, par complot, bien que ne se connaissant pas, mais par médias interposés… Mais quand on leur demande : quand Gilles Patron posait sa main sur votre jambe à quoi pensiez vous ? Ils répondent , je repense aux agressions dont j’avais fait l’objet. Et on en conclu par, ces enfants sont affabulateurs… Mais le mécanisme viol abolit la volonté, dissocie du corps la volonté de l’esprit.

Jessica était "pratonisée", Jessica était dans une bulle engendrée par ce nœud familial. Pour clore je citerais Oscar Wilde, on peut effacer le passé, c’est une affaire de désaveu, d’oubli, mais on empêche pas l’avenir.


Me Jean-Christophe Boyer, L’enfant Bleu enfance maltraitée
Le silence c’est le huis clos. Le huis clos des actes. Nous sommes sur un procès qui reproduit la parole de l’un contre la parole de l’autre. Moi je vous dis j’ai subi quelque chose et l’autre répond non il n’y a rien !

Oubliez votre posture d’adulte, il faut se mettre dans la peau des enfants, pourquoi ils ne parlent pas, ou parlent tous en même temps. Pourquoi Amandine dit dans un dessin son amour pour lui… Gilles Patron ne comprend pas.

Un expert nous a dit : il y a les pères de famille, et il y a les pères d’accueil, il est le point commun entre les enfants. Pourquoi on place les enfants ? Pour leur donner une structuration, une famille. C’est de l’inceste finalement. Le poids du père naturel et renforcé par le poids du père institutionnel. Les enfants se disent on me place pour éviter le foyer, où ils sont seuls, ils ont le cafard.

Alors quand on est dans une bonne famille, où on se sent bien, les Patrons ne sont pas des monstres, ça se serait su, on est dans le gris on est dans le flou. C’est pas un viol comme à la sortie d’une boite de nuit, on montre à l’enfant que c’est normal, naturel, on est aussi le père institutionnel. C’est le premier mode de l’emprise, il a marché avec Amandine, il marche encore mieux avec Jessica. Elle va même réclamer la place du père qu’elle prenait.
Il y a l’emprise institutionnelle, il exerce une double autorité de père de famille et de représentant de l’institution. C’est l’adulte qui pose les règles.

Mais les enfants réfléchissent. Ils se rendent compte qu’ils ne sont pas dans un schéma classique. ils découvrent aussi le plaisir sexuel dans les mains de l’autorité. Déjà qu’il se sentent rien puisqu’ils ont été placés, ils se sentent encore moins rien parce qu’ils subissent quelque chose qui les dépasse.

Classiquement un enfant, dans une famille, il y a des verrous, les faire sauter, parler, c’est prendre le risque de faire aller une personne en prison. C’est la peur des victimes, il y a un conflit de loyauté. Ces enfants ont une réminiscence, ils ont déjà subi des violences, ils ont été placés, le père institutionnel perd de sa superbe à un âge ou l’on ne craint plus le foyer. Ils grandissent et comprennent que perdre sa souffrance, c’est rompre le silence.

Avec Juliette, Mr Patron n’a pas compris qu’elle allait se libérer plus vite. Elle n’a pas attendu sa majorité, elle n’a pas mis 6 mois pour se libérer.

Alors les autres aussi ont parlé. On nous dit c’est un complot. Non, c’est la preuve de sa culpabilité. Il se servait de sa double casquette de père institutionnelle et familial.

C’est ça la violence sur mineur.



Me Riaud, représente la maman de Quentin
Cela fait 9 ans que je suis amenée à être aux côtés de la maman de Quentin devant les juges, aujourd’hui elle se constitue partie civile pour deux raisons. À un moment donné on a placé ses enfants parce qu’elle n’a pas su aimer ses enfants, elle tente pas cette démarche son rôle de maman.
Deuxièmement, après avoir pris connaissance des faits, elle est en colère, on lui a pris ses enfants parce qu’elle été une mauvaise mère et que la famille d’accueil a failli.
Elle ne conteste pas le mode duquel elle vient, elle conteste le contexte général du monde de Quentin. Elle a vécu le manque d’hygiène de respect, cette maman a des carences éducatives énormes, ne sait ni lire ni écrire, n’a aucun repère, vit dans un milieu incestueux inter-générationnel.

Son enfant lui a été retiré à 7 ans. Quentin, quand je l’ai rencontré à 8 ans, j’ai vu cet état de prostration, de repliement sur soi, il n’avait pas la corpulence qu’il a aujourd’hui. C’était un petit garçon en pleine carence, affective, éducative, en psychose infantile, une personnalité parfaite pour être abusé par un pervers. Une personnalité qui a rencontré Mr Patron, qui a une haute opinion de lui même, un parcours de vie exemplaire, comparativement à la vie de la maman de Quentin, il a beaucoup de prestance, elle si… débile, puisqu’on l’a dit. On lui a dit tant de choses, tant de reproches, elle continue de vivre dans ce tiers monde, on lui a pris ses enfants en lui disant ils seront protégés. Quentin a su évoluer dans la vie, mais Mr Patron en commettant l’irréparable, a trahi l’institution, les enfants, les parents à qui ils ont les a retirés.

La maman de Quentin est en colère, car Mr Patron a profité de la souffrance de son enfant pour abuser, l’institution, sa confiance, elle veut que la voix de son enfant soit entendue. Il n’y a aucune demande d’indemnisation, comme on nous l’a dit. 1 euro de dommages, nous sommes juristes.


L’audience est suspendue et reprendra à 14h
 


10h35 Le président donne lecture du témoignage de Mme Tavernier, ancienne famille d’accueil

"J’ai souvent vu la famille Patron dans le cadre associatif des familles d’accueil. Nous étions amis. Mais je ne savais rien de leur vie personnelle. Une famille très unie, très solidaire. Gilles Patron a un cœur énorme, je l’ai vu se porter garant pour le loyer d’un jeune, je n’ai jamais su le faire.
Il faut être un couple solide pour être famille d’accueil, on est jamais à l’abri de malversations.
À son 60tième anniversaire, il donnait l’image de quelqu’un de paternel, sécurisant. Il s’est passé quelque chose avec Jessica, je ne sais pas quoi, je n’arrive pas à croire qu’il l’ait forcée. C’est la dernière personne avec qui j’aurais pu imaginer ça. Jessica était dans un rapport de séduction, il est tombé sous le charme. Je pense que le seul reproche qu’on puisse faire à Gilles, c’est son rapport avec Jessica".

Me Thierry Fillion son défenseur demande à Gilles Patron de parler se son suivi psychiatrique.
J’ai pris contact en septembre 2012 avec le docteur Kemies psychiatre à Niort, mais comme il est malade je n’ai pas pu continuer, mais je veux continuer."

L’audience est suspendue à 10h45

 

10h00 Plusieurs témoins ne sont pas venus à l’audience

Le Président donne une lecture rapide de leurs dépositions. Parmi celles ci, un extrait d’une conversation téléphonique enregistrée,

Nathalie, "mais enfin Jessica, il te forçait ? Jessica quand j’était mineure non. il me touchait je le repoussais, il laissait tomber. Oui mais plus tard…, Oui je me suis laissée faire, il me disait comme ça tu sauras ce que c’est qu’un homme… Mais enfin il a 70 balais… Non 60, mais il me disait qu’il m’aimait passionnément… oui mais enfin Jessica, c’est ton père adoptif ça se fait pas, oui mais bon je sais pas, faut que tu portes plainte enfin voilà. Non je peux pas. Mais enfin il est marié quoi…" la conversation est coupée, plus de batterie.

Une autre conversation, reprend le président,
Nathalie, "il vont faire une enquête, sur les 50 enfants, oui je sais il vont même interroger ma petite amie…, il dit que tu étais consentante, que tu étais majeure, oui, mais c’est faux il t’a forcé la main alors que t’étais pas majeure, oui, c’est comme la fois ou il se masturbait devant toi, ah ben ça il l’a fait plus d’une fois ! Mais enfin, tu sais que ça se fait pas devant un enfant, ni devant un adulte enfin !  On entendre pas dans la chambre de quelqu’un en se masturbant? oui, c’est ouf on reste pas des années avec quelqu’un comme ça, oui, t’en avais pas plein le cul ? Ben oui alors ! Pourquoi t’es pas venue m’en parler ? Je sais pas. T’avais peur ? Oui.
C’est comme pour Tony Meilhon pourquoi ta sœur n’est pas venue dire qu’elle été emmerdée ? Elle avait peur aussi.
Pourquoi tu as dit que tu voulais être adoptée par eux ? Quand j’ai su la vérité sur papa je savais plus quoi faire. Le viol tout ça ? Oui; Mais enfin il abusait de toi. Oui je sais. Et sa femme elle savait ? Elle voyait rien ? Je sais pas.
Gilles Patron regarde par terre.

Le président poursuit la lecture d’un autre enregistrement,
Nathalie : "Pourquoi en subissant tout ça, même à l’église tu restes à son bras ? Je sais pas. Il te manipulait ? Il me disait de rien dire. Ben oui il risquait gros. Il risque gros maintenant. Tu ramenais toujours ta gueule pourquoi t’as pas ramené ta gueule ? Fallait m’en parler dès le début, dès qu’il t’as demandé de toucher son pénis. Je sais pas. Pourquoi t’es pas allée au conseil général ? Je sais pas. Tu m’aurais dit tout ça on serait allée au conseil général, on lui aurait dit c’est comme ça, il aurait voulu nous casser la gueule mais au moins c’était fait. Au lieu de ça tu rentrais chez toi en te disant, il va vouloir que je lui touche le pénis, me violer… ben oui … Comment t’as fait pour ne pas m’en parler alors que t’allais te plaindre au juge d’avoir des poux dans la tête et d’avoir le cheveux coupés trop courts… Je sais pas j’étais plus moi même…

Natahlie : "Pourquoi t’en a jamais parlé, tu trouves pas ça bizarre ?" Jessica : "Ben oui maintenant oui".

 

9h25 Gaëlle Patron, professeur certifiée de lettres modernes
Entendue comme témoin à la demande de l’avocat de la défense

"Mon père est homme aimant et généreux, droit et franc, qui nous a inculqué des valeurs certaines, le souci d’être proche des personnes qui nous sont chères.
Le président, "vous êtes partis à Tahiti avec votre père?" "Oui durant trois ans. Il a toujours su nous accompagner, très protecteur. C’est un père autoritaire qui appuie ses choix. Imbu de sa personne précise le président, "quelqu’un qui manque parfois de confiance, et qui réaffirme ses réussites. Imbu de sa personne non !"

Il y a eu un professeur à Papeete qui parle d’attouchements… "J’étais toute petite, j’ai demandé à mes parents de ne pas porter plainte, j’aurais été mis en porte à faux avec mes camarades, il avait le moyen de me nuire pour le restant de l’année scolaire. C’était lors d’un week-end pédagogique… Je n’ai pas été violée, attouchée, mes parents m’ont soutenue, accompagnée".

Le président : puis vous rentrez : "Oui j’ai 19 ans, je suis alors étudiante à Angers." Que pensez vous du choix de vox parents de devenir famille d’accueil. "J’ai trouvé ça très bien". Quelles relations avez vous développées avec les enfants qu’ils accueillaient ?" Avec Jessica et Laëtitia, c’était formidable. Avec papa elles avaient des relations affectives fortes".

Arrive le drame de 2011 avec la disparition de Laëtitia, puis le mois d’août avec ses accusations de viol et d’attouchements. "Je n’y croyais pas, quand il a reconnu cette relation qu’il a qualifiée de fusionnelle, j’ai été blessée, c’était mon père, avec ma mère…" Papa aime séduire les femmes, puisque j’ai appris qu’il avait eu trois maîtresses…"
Gilles Patron, reste impassible, le menton appuyé sur son poing droit.
Le président : "Quelle sentiment avez vous de cette relation ?" "Je pense qu’il était sincère vu le cadre et les conditions de cette relation". "J’ai pu dire à papa que  je lui en voulais, je n’ai pas à le juger. C’est mon père !"

"Vous vous souvenez de la demande d’adoption de Jessica ?" "J’ai pensé que Laëtitia, le président : non Jessica, elle reprend aussitôt, Jessica ayant encore ses deux parents vivants la question ne se posait pas".

Question de M de Oliveira: "Sur quoi vous basez vous pour certifier le sentiment amoureux entre votre père et Jessica ?" "Je voyais leurs regards, leur manière d’être ensemble, mais je n’avais pas d’abord imaginé autre chose qu’une complicité d’adulte à enfant".

Le président : "que pensez vous des témoignages des personnes, jeunes femmes, jeune homme que nous avons entendus ?" Je ne sais pas, je les perçois comme des personnes intéressées".

L’avocat de la défense Thierry Fillion : " Votre père a t-il essayé de vous toucher ?" "Non, jamais". Votre père affiche une forme de rigidité, comment expliquez vous son attitude par rapport à Jessica ?" "Il ne manifeste pas ses sentiments, j’étais moi même en grande dépression à ce moment là, j’ai le sentiment qu’il n’a pas à ce moment là pu m’aider, et qu’il s’est tourné vers Jessica qui lui témoignait de l’affection".


9h15 Reprise de l’audience

Maryline Bretonnière témoigne ce matin, elle témoigne franchement, sa voix est assurée. "Gilles Patron est quelqu’un de très bien, je ne serais pas devant vous aujourd’hui s’il ne m’avait pas aidée. J’étais placée en famille d’accueil relais à 13 ans. J’y allais sur deux année, quelques week-end par mois". Le président : "12 fois entre 2007 et 2009". "N’étant plus placée, je suis allée les revoir hors contrat".
"Qu’est-ce que vous faisiez quand vous étiez chez eux ?" " Des jeux, on allait sur la plage, avec Laëtitia et Jessica. Je n’ai jamais rien remarqué. Si j’avais ressenti du désir pour moi de la part de cet homme j’aurais fui". Le président : "et sur Jessica ou Laëtitia ?" "Si j’avais vu quoi que ce soit, j’aurais fui de la même manière".

"Jessica m’a appelée sur son portable pour me dire la voix tremblante que Gilles avait été mis en examen. Il a fait de vilaines choses sur moi m’avait-elle dit. J’ai été choquée, surprise. Je n’ai plus de contact, avec la famille Patron, je le reprendrai dès que le droit m’en sera redonné".


8h55 Gilles Patron entre dans la salle d’audience


Un regard circulaire, rapide, sans expression particulière, il comparait libre, et va s’installer sur le banc des accusés.
C’est l’avant dernière journée de son procès, essentiellement celle des parties civiles. Il  reste quelques témoins à entendre ce matin. Il y a du monde dans la salle, en attendant l'arrivée de la Cour, avocats, parties civiles s'entretiennent tranquillement. Peu de public. Gilles Patron se tient droit, son regard dirigé vers les notes de son avocat assis devant lui.

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