Jean-Marc Ayrault va-t-il être emporté par la vague bleue ?

Les éditorialistes pendant cette courte nuit de résultats ont tous revu leur copie. Jean-Marc Ayrault ne peut pas rester. Le Premier ministre est-il encore utile à François Hollande ? Argumentaire en 4 points.

Un discours pro domo

Ensemble, nous pouvons relever le défi de cette crise historique pour préserver le modèle social et républicain français, plus que jamais nous devons faire des choix.


Jean-Marc Ayrault adepte de la méthode Coué ? Devant le déferlante vague bleue très bleue, le Premier ministre a eu un discours émaillé d'allusions à un possible départ ou à un bail prolongé à Matignon. La règle sans doute, en pareil circonstance pour un discours écrit par d'autres où les mots n'ont plus d'importance, gommés par le regard des Français accrochés aux silences, au ton de la voix, au regard de celui qui s'est usé à Matignon. 
De toutes les façons ce n'est pas lui qui décidera de rester. Vème oblige c'est le privilège présidentiel de pouvoir changer à tout moment de Premier ministre.
Ayrault va-t-il connaître le sort d'une Edith Cresson, acculée à démissionner après la déroute ou bien celui d'un Raffarin conservé malgré une bérézina électorale ? L'ancien maire de Nantes ne nous a pas donné les clés hier du décryptage, son regard lui l'a fait. Les photographes eux ont attendu qu'il quitte la tribune d'un pas lourd pour se déchaîner;

Le président de la République tirera les enseignements de ce scrutin, et il le fera dans l’intérêt de la France. 








Les Français n'en veulent plus

Ce matin, d'après un sondage BVA pour le Parisien, les trois-quarts des Français (74%) ne souhaitent pas que Jean-Marc Ayrault reste Premier ministre à l’issue de cette séquence électorale. Toutes les catégories de la population se retrouvent sur ce point, y compris les sympathisants du PS.
Hier les résultats ont l'allure d'un profond désaveux, à Marseille le PS fait jeu égal avec le FN, Toulouse bascule, comme les bastions historiques d'Angers, La Roche-sur-Yon ou Limoges.
Conserver Paris et Nantes, suffira-t-il pour renvoyer Jean-Marc Ayrault à Matignon ? Les experts de la carte électorale au PS en sont persuadés, les Européennes et les sénatoriales ont déjà été perdues par la majorité. Alors à quoi bon trouver un nouveau Premier ministre à la fin juin et un autre en mars prochain. 
Jean-Marc Ayrault a-t-il envie d'être cet homme là, celui qui endosse les échecs électoraux à répétitions ? Bruno Le Roux, le chef des députés socialistes y croit quand il réclame un remaniement à la marge mais pas de changement de cap.
En réunion de groupe le Premier ministre risque les sifflets de députés inquiets pour leur siège au regard des résultats d'hier.

Trois noms pour Matignon : Ayrault, Fabius, Valls

Place Beauvau, Manuel Valls attend. Dans son discours de proclamation des résultats, charge d'un ministre de l'intérieur, il suffit de remplacer les Français par "je" pour décrypter.

Les Français ont dit leur attente. Ils ont énoncé une demande accrue de justice et de sécurité. Ce message doit être entendu.

Ayrault veut rester

Si l'on en croit le quotidien de référence, le soldat Ayrault s'accroche à l'hôtel de Matignon. Hier soir, un seul mot d'ordre de sa garde rapprochée pour le Monde, cibler Valls.

 Après une telle défaite, il serait paradoxal de faire appel à celui qui a fait moins de 6 % à la primaire de 2011. Trois ans plus tard, les choses n'ont pas tellement changé dans le peuple de gauche.


explique Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du PS, est par exemple allergique à l'hypothèse.

Dérapage budgétaire

Faut-il croire les révélations d'Europe 1, assurant que Ayrault a voulu annoncer dimanche sa démission devant les Français ? Le geste ne lui ressemble pas, maintenant logiquement il remettra la démission de son gouvernement, ensuite François Hollande a le choix. Son goût pour la synthèse, pousse le président à renommer Ayrault à la tête d'un gouvernement resserré, en ordre de marche.
Les mauvaises nouvelles n'arrivant jamais seule, on vient d'apprendre ce matin le nouveau dérapage des déficits publics. 4,3% en 2013 contre 4,9% en 2012. C'est une nouvelle déconvenue pour l'exécutif, qui s'était fixé un objectif de 4,1%. Il y a des jours où Matignon prend des allures de pandémonium, bref l'enfer....