Coronavirus : autocariste, une profession en sursis

Très dépendantes de l'activité touristique, les entreprises de transport routier de voyageurs craignent pour leur survie. Elles réclament des mesures d'urgence.

Les véhicules des autocaristes sont à l'arrêt depuis mars 2020
Les véhicules des autocaristes sont à l'arrêt depuis mars 2020 © Sofiane
Depuis mars, les 20 véhicules de l’entreprise Sofiane sont cloués sur leur parking. Cet autocariste de Loire-Atlantique, spécialisé dans le voyage de tourisme, a vu son activité mise totalement à l’arrêt en raison de l’épidémie de coronavirus.

Plus aucun voyageur et plus aucun car à sillonner les routes de France. Résultat : 15 salariés au chômage partiel et un carnet de commandes qui ne cesse de fondre.

"80% des réservations sont annulées et 20% reportées à l’année prochaine", confie Loick Morand, co-gérant de l’entreprise. "Concrètement, entre mars et août, nous n’avons aucune rentrée d’argent, mais les charges fixes, elles, sont toujours là", s’alarme-t-il, très inquiet pour la survie de son entreprise.

Après les annulations des sorties scolaires et des voyages linguistiques et touristiques durant la période de confinement, les autocaristes sont aujourd’hui dans la tourmente, sans perspective réelle. "On dépend beaucoup des hôtels et restaurants, des centres de vacances et des sites touristiques", un secteur qui reste soumis à de nombreuses contraintes, malgré le déconfinement.


Gestes barrières et distanciation sociale

L'entreprise a réfléchi a plusieurs scénarios pour accueillir ses clients dans le respect des normes sanitaires. "On peut s'adapter si on doit libérer un fauteuil sur deux. Ce sera plus facile avec nos bus à étage qui peuvent transporter jusqu'à 93 personnes en temps normal", explique ainsi le chef d'entreprise. 

"Nous avons rédigé un guide pratique pour les conducteurs, nous pouvons les former mais nous avons besoin de précisions sur les modalités du transport", précise-t-il.

Mais Loick Morand ne se fait pas d'illusion. Il sait que les voyages d'entreprises, les séminaires ne seront sans doute pas la priorité à l'automne prochain, sans compter les réticences des voyageurs à être confinés dans un car.

Il espère que le transport des enfants vers les centres de vacances sera maintenu cet été, pour donner un peu d'air à son entreprise.

 

La profession demande l'aide de l'Etat

Pour faire face à la situation très critique du secteur des cars et bus touristiques, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics a annoncé le 15 mai dernier l’exonération des cotisations sociales de mars à juin. Une mesure insuffisante pour le syndicat FNTV qui demande l’intégration de ce secteur dans le plan de soutien au tourisme.

La FNTV réclame en particulier "le maintien du dispositif actuel du chômage partiel jusqu’à la fin de l’année, la prolongation des reports des échéances bancaires de 12 mois, au lieu de 6 mois, et l’éligibilité au fonds de solidarité de l’Etat". Des mesures de soutien indispensable pour Loick Morand, conscient que cette année 2020 sera catastrophique. Sans l’aide de l’Etat, il sait qu'il sera contraint de licencier. "Je risque de devoir vendre des véhicules à perte. On sait comment ça se passe en situation de redressement ou liquidation judiciaire". 

Il aimerait que la France prenne exemple sur l'Allemagne qui a décidé d'indemniser les entreprises de transport touristique à hauteur de 85 euros par jour et par véhicule immobilisé.
 
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