Coronavirus : "Ecoutez-nous !", le Secours Populaire lance un appel à l’aide à l’Etat

Avec une augmentation de 30% des personnes en situation précaire dans la région depuis le début du confinement, le Secours Populaire demande à l’Etat de réagir et de les aider à faire face à cet afflux.
 
Depuis la mi-mars, le Secours Populaire des Pays de la Loire est face à deux situations inédites. D’un côté, l’association ne peut plus compter sur l’auto-financement puisqu’elle a dû fermer ses boutiques solidaires et annuler ses évènements. De l’autre coté, de nouvelles personnes affluent tous les jours pour demander de l’aide alimentaire. 
 

30% de nouvelles personnes en demande depuis le début du confinement

A cause du confinement, beaucoup de personnes en situation professionnelle instable : interim, petits boulots, travail au noir… se retrouvent sans revenus et viennent pour la première fois demander de l’aide au Secours Populaire. "En Pays de la Loire, on connaît une hausse de 30% en moyenne de nouvelles personnes. Ce taux est de presque 50% à Nantes et on arrive à des situations de saturation dans le Maine-et-Loire, à Cholet et Saumur par exemple", explique Guirec Derrien, coordinateur régional du Secours Populaire.

Depuis un mois, l’association s’est recentrée sur l’aide alimentaire et propose des colis (riz, pâtes, produits frais, légumes) mais aussi des kits pour les nourrissons et les femmes (lait, couches, petits pots, produits d’hygiène féminine). "De plus en plus et quand on le peut, on ajoute aussi des jeux et du coloriage pour occuper les enfants pendant cette période de confinement"
 

Les subventions publiques représentent seulement 15 à 17% de leurs ressources

"Depuis un mois, nous fonctionnons sur nos fonds propres, détaille Guirec Derrien. On a moins de dons grand public, moins de legs aussi. Surtout, les subventions publiques – de l’ordre de 15 à 17% de nos ressources- ne sont pas suffisantes aujourd’hui pour faire face à la situation". Sur deux mois, l’association estime à 500 000 euros la perte de ressources générées par la fermeture de ses boutiques solidaires.

Le moment est donc critique pour l'association : "Je dis à l'Etat, à la Région, au Département, aux collectivités locales : Ecoutez-nous ! lance Claude Levoyer, président régional du Secours Populaire. Les demandes sont plus fortes et les ressources moins importantes, l'association a donc besoin d'aide financière rapidement". 
 

Des actions partout dans la région

Depuis le début du confinement, des distributions d'aide alimentaire ont lieu un peu partout dans la région. A Guérande, des chefs cuisiniers préparent des repas et les livrent gratuitement dans les Ehpad. A Nantes, la file d'attente pour récupérer un colis alimentaire s'allonge de jour en jour et certains réfugiés en situation régulière participent à la distribution.

 


En Vendée, à La-Roche-sur-Yon, des colis alimentaires sont distribués aux jeunes travailleurs confinés dans les foyers. Egalement en Maine-et-Loire, une permanence pour la distribution de colis alimentaires a été mise en place à l'Université d'Angers pour les étudiants. De quelques dizaines, la demande est passée à 200 étudiants qui vivent sur le campus ou autour et ont souhaité une aide alimentaire. 

A Trignac, en Loire-Atlantique, le maire et ses adjoints - soit 10 élus - ont écrit au Secours Populaire pour les assurer de leur soutien. Ils vont reverser la moitié de leur indemnité d'avril et mai à l'association. 
 

L’après-confinement inquiète l’association

Pour l'association, l'arrêt du confinement ne va pas stopper net les problèmes de ses bénéficiaires, il faut donc les accompagner dans le temps. Et les nouveaux bénéficiaires découverts pendant le confinement vont continuer à venir après. 

La traditionnelle Journée des Oubliés des vacances, prévue le 19 août à Spay, dans la Sarthe, avec 2 000 personnes est pour le moment toujours d'actualité. Une annulation fragiliserait encore plus l'association. 

"Il faut dès maintenant penser à l'après. Il va falloir imaginer de nouvelles choses, une nouvelle forme de solidarité", espère Guirec Derrien. 
 

De nouveaux bras

Depuis le début du confinement, 700 personnes (étudiants et jeunes actifs notamment) ont proposé leur aide à l'association. Parmi eux, Karine. Confinée comme tout le monde, elle n'a pas voulu rester les bras croisés. Elle a proposé ses services au Secours Populaire de La Roche-sur-Yon. Ravie de son expérience en tant que bénévole, elle a écrit un courrier à deux personnes auprès de qui elle s'est sentie utile en cette période compliquée.

"Les personnes âgées, indigentes sont heureuses et gratifiantes au Secours Populaire de leur prise en charge par Chantal et Catherine. Toujours le sourire, une blague, l’humour, les éclats de rire, je pars au Secours Populaire le matin, le baume au coeur sachant que je vais y passer une journée, me sentir utile", écrit-elle.

"Désormais j’ai des contacts, la connaissance du terrain, je n’hésiterai pas à revenir plus tard, car le bénévolat c’est donner aux autres, sans rien attendre en retour…"

Le courrier de Karine est à lire dans son intégralité ci-dessous

Courrier Karine au Secours populaire de Vendée




 
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