Dimanche en politique: l'économie régionale dans la tourmente en Pays de la Loire - dimanche 27 septembre 11.30

Après l’annonce des plans sociaux dans l'industrie, chez Airbus et Bénéteau, des milliers d’emplois sont sur la sellette. Les secteurs du tourisme, de l’événementiel sont aussi en souffrance… Quel est l'impact du COVID sur notre économie? 

Christine Vilvoisin et ses invités s'interrogent sur l'avenir des entreprises et sur l'impact de la crise du coronavirus. Plans sociaux à répétition : des entreprises s’adaptent, d’autres tirent profit de la crise sanitaire pour restructurer.
Christine Vilvoisin et ses invités s'interrogent sur l'avenir des entreprises et sur l'impact de la crise du coronavirus. Plans sociaux à répétition : des entreprises s’adaptent, d’autres tirent profit de la crise sanitaire pour restructurer. © Claude Bouchet / France Télévision
Le bilan de notre économie régionale est contrasté. C'est le constat des invités de Dimanche en Politique, chefs d'entreprise, avocate en droit social et syndicaliste.

L'industrie paie un lourd tribut à la crise

L'industrie aéronautique est touchée de plein fouet par la baisse du trafic aérien et ce sont au moins 6000 emplois qui sont la sellette dans ce secteur d'activité. Selon Nathalie Durand-Prinborgne, de Force Ouvrière, à terme un sous-traitant sur deux va mettre la clef sous la porte.
 
© C.François France 3 Pays de la Loire

Il y a des raisons d'espérer

Pourtant, il y a des raisons d'espérer. Samuel Tual, président du MEDEF des Pays de la Loire dit être optimiste. Selon les études de l'INSEE et de la banque de France, la croissance serait de 7% en 2021, une augmentation très forte par rapport au -10% de la période du confinement.

Le problème, selon Anne-Laure Mary-Cantin, avocate en droit social, "c'est la période d'incertitude qui s'ouvre, sans vision à long terme pour les entreprises".  Mais la reprise d'activité est bien là, par exemple dans les entreprises du tertiaire, ou encore chez Saunier-Duval qui vient d'embaucher 100 CDI.

Nathalie Durand-Prinborgne, qui est aussi représentante syndicale aux chantiers de l'Atlantique confirme en partie ce diagnostic. En ce moment, les chantiers navals ouvrent des postes aux salariés de l'aéronautique.

La difficulté pour les entreprises aujourd'hui, "c'est souvent le mur de dettes auxquelles elles sont confrontées" selon Samuel Tual du MEDEF. Olivier Morin, de la confédération des petites et moyennes entreprises affirme même que "les reports de charges n'ont fait que mettre les entreprises sous perfusion". Selon lui, "les petits chefs d'entreprise ne sont pas des chasseurs de prime, ils ont besoin de marché. Les 100 milliards du plan de relance de l'Etat doivent servir à relancer le marché, sinon ils ne serviront à rien"

Dans le dédale des aides

Les dispositifs d'aide aux entreprises sont aujourd'hui très nombreux, trop, selon Anne Mary-Cantin qui note la difficulté des PME à trouver le bon dispositif. 200 guichets ont été ouverts par l'Etat, "des formalités administratives trop complexes qui tuent le chef d'entreprise" selon Olivier Morin de la CPME.

Le plan de relance est nécessaire pour permettre aux entreprises de faire le dos rond et d'éviter les licenciements secs. C'est notamment le cas du chômage partiel utilisé notamment dans l'industrie. Mais selon Nathalie Prinborgne de Force Ouvrière, "il faut une contre-partie. Ces aides sont obtenues avec nos impôts. Elles doivent être assorties d'un maintien de l'emploi". Elle note des abus de la part des grands groupes qui profitent de la crise pour restructurer à bon compte, un constat partagé par Olivier Morin.

Le COVID a transformé nos entreprises

Selon  Anne-Laure Mary-Cantin, avocate en droit social, le COVID a surtout accéléré les transformations qui étaient déjà en cours dans notre économie. Le télétravail en est le meilleur exemple. De 7% avant le confinement, il a grimpé à 34% pendant le confinement et reste élevé encore aujourd'hui.

Selon Olivier Morin de la CPME, il y a parfois des tensions entre ceux qui télétravaillent et peuvent conjuguer vie personnelle et professionnelle, et ceux qui ne peuvent pas télétravailler. Nathalie Durand-Prinborgne de FO elle affirme que le risque du télétravail, c'est la surproductivité imposée par certains patrons.

Une chose est sûre, la crise sanitaire a déjà transformé nos entreprises, et ce n'est que le début.

 
Rendez-vous dimanche 27 septembre à 11.30
Autour de Christine Vilvoisin, on retrouve ce dimanche :
 
  • Olivier Morin président de le CPME, confédération des petites et moyennes entreprises des Pays de la Loire
  • Anne Laure Mary-Cantin, avocate en droit du travail et conseil en entreprises
  • Nathalie Durand-Prinborgne de l’union départementale FO 44 (également déléguée syndicale aux chantiers de l’Atlantique).
  • Samuel Thual, le président régional MEDEF interviendra également au cours de l'émission dans une interview enregistrée
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