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Pays de la Loire : l'éolien offshore a le vent en poupe

© Alstom / Johann Roggeman
© Alstom / Johann Roggeman

Présenté comme l'un des piliers de la stratégie industrielle et de la transition énergétique, l'éolien offshore quittera bientôt le monde des laboratoires d'essais et des chantiers de construction pour son milieu naturel : la mer. Le premier parc éolien devrait entrer en service en 2018 au large de Saint-Nazaire.

Par Eric Guillaud

Porter à 23% minimum la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie à l’horizon 2020, tel est l'objectif que s'est fixée la France avec la loi Grenelle 1.

Où en sommes-nous aujourd'hui ?
La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie atteignait 13,7% en 2012, selon le Commissariat général au développement durable. La route est encore longue mais le pourcentage atteint est relativement conforme à la trajectoire fixée par la France pour atteindre son objectif final.
De son côté, la part de l'éolien, qui devra atteindre 3,2% toujours à l'horizon 2020, est passée du quasi-néant en 2005 à 0,8% en 2012.

Et la part de l'éolien offshore ?
Pour l'instant, l'éolien offshore est inexistant en France mais six parcs sont d'ores et déjà programmés au large des côtes françaises, à Courseulles-sur-Mer dans le Calvados, Fécamp et Le Tréport en Seine-Maritime, Saint-Brieuc dans les Côtes d'Armor, Noirmoutier en Vendée et Saint-Nazaire en Loire-Atlantique. L'objectif fixé par le Grenelle Environnement est de 6000 mégawatts d'éolien en mer à l'horizon 2020, ce qui représente 1000 à 1200 éoliennes.
Une sous-station électrique en construction sur les chantiers STX de Saint-Nazaire / © MaxPPP
Une sous-station électrique en construction sur les chantiers STX de Saint-Nazaire / © MaxPPP
Ça turbine dans les entreprises
C'est l'effervescence dans l'industrie française depuis que l'Etat a lancé ses deux premiers appels d'offres pour la construction et l'exploitation d'éoliennes offshore. Trois consortiums se partagent pour l'instant le gâteau :

  • Eolien Maritime France (alliance de EDF Energies nouvelles et Dong Energy Power) pour les programmes de Fécamp, Courseulle-sur-Mer et Saint-Nazaire. Les éoliennes seront fournies par l'équipementier Alstom.
  • Ailes Marines SAS (alliance de Iberdrola et Eole Res SA) pour le programme de Saint-Brieuc. Les éoliennes seront construites par Areva.
  • GDF Suez allié à Areva pour les programmes de Noirmoutier et du Tréport.
De nouveaux emplois
Comme le rapportaient en mai dernier nos confrères de BFMTV, la ministre du développement durable, Ségolène Royal, promet 10 000 créations d'emplois dans cette filière sans pour autant s'appuyer sur un calendrier précis. 

Mais l'industrie s'organise d'ores et déjà et projette la construction de nouvelles usines. En Normandie, EDF Alstom et GDF Suez Areva, deux des consortiums impliqués dans la construction des parcs éoliens offshore se sont engagés, rapporte L'usine Nouvelle, dans une véritable chasse aux fournisseurs. Dans le Nord, le chaudronnier CMP Dunkerque souhaite construire une usine de mâts d'éoliennes offshore pour 57 millions d'euros. 
Voilà à quoi pourrait ressembler le champ d'éoliennes à Saint-Nazaire / © Alstom / Nicolas Job
Voilà à quoi pourrait ressembler le champ d'éoliennes à Saint-Nazaire / © Alstom / Nicolas Job
Du côté de Saint-Nazaire, précisément à Montoir-de-Bretagne, deux usines Alstom seront officiellement inaugurées le 2 décembre. 300 personnes y travailleront d'ici à 2018, principalement des électromécaniciens et des ingénieurs. Mais Patrick Kron, le PDG d'Alstom, parle lui de 2500 emplois directs et indirects crées dans la région des Pays de La Loire. Ces usines seront dédiées à l'assemblage des nacelles et à la fabrication des alternateurs des éoliennes. Deux bâtiments, une zone de 14 hectares, Alstom envisage une capacité de production de 100 machines par an.

La firme américano-canadienne General Electric, propriétaire du pôle énergie d'Alstom, va implanter son siège mondial à Bouguenais dans la banlieue de Nantes. Le 1er vice-président de la Région, Christophe Clergeau, interviewé par Presse Océan, parle "d'une belle histoire" et évoque pour la filière la création "d'environ 4000 emplois indirects chez les sous-traitant et les sociétés de service".

"Plusieurs facteurs ont joué: un terrain pour notre usine d'assemblage, le marché du 1er parc éolien en mer sur le banc de Guérande, la qualité de la main d'oeuvre et le biotope de recherche et développement qui existe dans la région", explique Jérôme Pécresse, président d'Alstom Renewable Power dans un entretien exclusif accordé à Presse-Océan.

STX pour sa part vient de poser la première pierre de sa future usine dédiée aux énergies marines, Anemos. Un investissement de 20 millions d'euros qui permettra au chantier naval de produire dès le printemps 2015 une vingtaine de fondations jacket par an, ainsi que des sous-stations électriques et des pièces de transition. 200 emplois directs seraient générés selon lemarin.fr.

Plus modeste mais révélateur d'une révolution en marche, la société anglaise Mojo Maritime, spécialisée dans l'offshore et les énergies marines renouvelables, vient d'ouvrir à Nantes son premier bureau à l'étranger, comme nous le rapporte le site meretmarine.com. Trois personnes devraient y travailler d'ici la fin de l'année.

La révolution est pour demain
On le voit, la filière se met en ordre de marche un peu partout en France et notamment dans les Pays de la Loire. Certaines usines seront bientôt opérationnelles, le recrutement a commencé. La mise en chantier des deux sites pourrait intervenir en 2018 pour Saint-Nazaire et en 2019 pour celui d'Yeu/Noirmoutier.
Ferme d'éoliennes flottantes Sea Reed. / © DCNS
Ferme d'éoliennes flottantes Sea Reed. / © DCNS
Et après-demain ?
Des éoliennes flottantes au large de l'île de Groix ? La convention entre le constructeur naval DCNS et la région Bretagne a en tout cas été signée en octobre dernier au carrefour brestois des technologies de la mer, Sea Tech Week. Un site pilote de 8 éoliennes flottantes pourrait être relié au réseau en 2018/2019, selon nos confrères de France 3 Bretagne.

Pourquoi des éoliennes flottantes ? Elles permettraient tout simplement de s'affranchir "de la profondeur dans des espaces au grand large où le vent est plus fort que près des côtes", explique Thierry Peigné de France 3 Bretagne. Le journaliste précise : " Pour des raisons de coût de raccordement au réseau électrique, il ne faut pas non plus que les éoliennes se situent trop au large".

Dans un communiqué, la région Bretagne explique l'intérêt de cette démarche : "Ces études préparent l’appel à manifestations d’intérêt (AMI) annoncé en avril 2014 par la Ministre de l’Énergie Ségolène Royal, pour des fermes pilotes d’éoliennes flottantes. Attendu au premier semestre 2015, cet appel à manifestations d’intérêt permettra au site de Groix d’accueillir, à l’horizon 2018, une première ferme de plusieurs éoliennes flottantes. La Bretagne disposera ainsi d’un site pilote permettant de valider le modèle économique des fermes d’éoliennes flottantes avant le passage à la phase industrielle et au déploiement de fermes de plus grande envergure".







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