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Vivre mieux : des nanoparticules dans nos assiettes et dans notre organisme ?

De plus en plus de nanoparticules sont présentes dans les produits de tous les jours sans que le consommateur le sache. Dans les pesticides agricoles on trouve déjà des nanocapsules dont on ignore l'effet sur la santé humaine / © Alexandre Marchi / Maxppp
De plus en plus de nanoparticules sont présentes dans les produits de tous les jours sans que le consommateur le sache. Dans les pesticides agricoles on trouve déjà des nanocapsules dont on ignore l'effet sur la santé humaine / © Alexandre Marchi / Maxppp

Les nanoparticules ont fait leur apparition dans notre alimentation "à l'insu de notre plein gré" depuis plusieurs années, on les trouve aussi bien dans les emballages que directement dans les aliments, bonnes à tout faire, les scientifiques se posent la question de leur dangerosité pour l'homme

Par Christophe Turgis

Les nanoparticules servent à filtrer les ultraviolets dans les emballages alimentaires, à éviter que les cristaux de sucre ne s'agglomèrent dans la boite de sucre en poudre, facilitent la conservation, modifient le goût etc. En France la réglementation fait obligation aux industriels d'en signaler la présence à l'ANSES, l'Agence nationale de sécurité sanitaire afin d'assurer un minimum de traçabilité, d'informations au public et un recensement des produits mis sur le marché.


Le secret industriel avant la santé

Le réseau écologiste Les Amis de la Terre, doute que, même s'il en aura désormais la possibilité, "le consommateur, bien peu sensibilisé aux nanoparticules, prenne l'initiative de rechercher s'il y en a dans sa barre chocolatée". Ailleurs en Europe d'autres pays songent à faire de même que la France mais en ordre dispersé. Mais ajoutent encore Les Amis de la Terre, "les industriels peuvent se cacher derrière la clause de confidentialité. Donc c'est pipeau". Le secret industriel et commercial peut en effet être brandi et dispenser un producteur de déclarer la composition de son produit, ce qui rend l'obligation toute relative.


Encore peu utilisées en Europe, plutôt aux USA

En Europe, on en est encore plutôt au stade de recherche & développement. Aux États-Unis par contre, une étude publiée par Environmental Science & Technology révèle que les nanoparticules ont déjà fait leur entrée dans les garde-manger ou dans les salles de bains, du dioxyde de titane, utilisé comme colorant blanc (E171) dans de nombreux dentifrices et aliments, ou dans les chewing-gums et les bonbons. Les enfants y sont donc encore plus exposés.


Bonnes ou mauvaises pour notre santé

Inquiétantes en tous ces nanoparticules. Elles s'infiltrent au cœur même des cellules qui composent nos organes. Des études montrent qu'elles peuvent franchir les barrières de protection physiques, interférer sur le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes.

Selon l'Anses, "le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la mœlle osseuse et le cerveau". En outre, la taille des nanoparticules est déterminante dans leurs cheminements à travers notre organisme, comme le montre une étude menée sur des souris et citée par l'OMS et la FAO : "Les plus petites particules [d'or] ont été retrouvées dans les reins, le foie, la rate, les poumons et le cerveau, alors que les plus grandes sont presque entièrement restées dans l'appareil digestif."

Quel est l'effet de ces nanoparticules sur notre santé ? Question complexe, et jusqu'ici, pas entièrement résolue. En effet, selon le CNRS, "il est difficile de généraliser sur la toxicité des nanoparticules, car elle dépend de divers paramètres : leur taille, leur morphologie, leur composition chimique... Il suffit qu'un paramètre change pour que leur toxicité change."


Devenir consommateurs experts

Aux consommateurs donc encore une fois de devenir experts, d'agir sur les politiques pour que la législation sur les nanoparticules se durcisse. Ou pour le moins, de se méfier de ces nouveaux produits toujours "plus quelque chose" que ceux des concurrents... Voter avec son porte-monnaie en quelque sorte !

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