Génération Senior : la retraite, un moment idéal pour collectionner

Marie-Jo collectionne la dentelle
Marie-Jo collectionne la dentelle

Collectionner c'est un truc de gosse ou de retraité. Il faut du temps. Rencontre de deux collectionneurs du Maine et Loire, l'un fait les vide-greniers à la recherche de poudriers, pour l'autre ce sont les bavoirs en dentelle ! Tous les deux profitent de leur retraite pour enrichir leur collection.

Par Olivier Quentin

Marie-Jo a commencé sa collection alors qu'elle avait 20 ans. Elle en a 67. Et quatre cent cinquante bavoirs ! Une drôle de collection glanée au fil des vide-greniers de la région. Au début Marie-Jo les mettait sous des vases et puis c'est devenu une véritable passion qu'elle expose de temps en temps. Des bavoirs en dentelle, les plus beaux sont faits main. Marie-Jo adore ce travail de précision. Elle a chez elle à La Chapelle Rousselin dans le Maine et Loire, tout une collection également de petites dentelles et de coiffes récupérées ici et là. Certaines achetées 50 centimes pièce qu'elle répare si besoin. Elle a encore aussi les tenues de baptême de ses enfants enfilées sur des poupées anciennes. 

1856 poudriers


Plus à l'est, à Vernantes, Yvan collectionne les poudriers. On n'imagine pas en voyant ce retraité sur sa moto customisée qu'il s'est passionné pour ces petits objets très féminins. 1856 poudriers parfaitement présentés et répertoriés dans des vitrines. Certains en nacre, d'autres en peau de serpent. Des petites boîtes pleines d'ingéniosité avec des mécanismes ouvrant pour la poudre, le petit ciseau, le rouge à lèvres ou le peigne. Il y en a même qui font de la musique. Yvan est incollable sur la question. Le premier fabricant de poudriers en France, Houbigant, date de 1775 selon notre expert mais il n'a trouvé aucun ouvrage sur ce thème. Les collectionneurs de poudriers ont pourtant un nom, on les appelle des pulvipyxiphiles.

Pour collectionner il faut être à la retraite


Yvan possède 1856 poudriers / ©
Yvan possède 1856 poudriers / ©
Tout a commencé en 1998 quand il a trouvé un premier poudrier dans un vide-grenier. "Pour la beauté de l'objet" nous explique Yvan. Et puis sa fille lui a rapporté le poudrier de la grand-mère. "Un  c'est rien, deux c'est le début d'une collection !". Et notre pulvipyxiphile n'a plus arrêté. En 2001 il achète soixante deux poudriers, cent vingt sept en 2002, deux cent quinze en 2003... La retraite venue, notre collectionneur a pris sa bécane pour faire les vide-greniers. "Pour collectionner il faut être à la retraite nous dit-il. Là, on a le temps pour aller chercher de nouvelles pièces et se documenter." Et Madame dans tout ça ? "Je n'ai pas le droit de toucher à ses poudriers," nous raconte Jacqueline son épouse, "le mien est en plastique." 

Et quand sur les lieux où il expose, les femmes lui demandent pourquoi il collectionne des poudriers, Yvan répond que c'est le côté féminin qui le fait craquer. "Je vous aime tant !" leur dit-il avec un clin d'oeil.
"Génération Senior" la chronique

 

Marie-Jo et Yvan nous ont été indiqués par l'Amicale des Collectionneurs de la Région de Chemillé, une association du Maine et Loire.
www.amicale-des-collectionneurs.fr

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