Gilets jaunes : deux ans de prison pour l'homme qui avait menacé de se faire exploser à Angers

Il avait menacé de se faire exploser dans une station service d'Angers, le 23 novembre 2018, une semaine après le lancement du mouvement des gilets jaunes.Samedi, un homme de 46 ans a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Angers. 
Le 23 novembre 2018, au début du mouvement des gilets jaunes, Laurent C. menaçait de se faire exploser dans une station service à Angers.
Le 23 novembre 2018, au début du mouvement des gilets jaunes, Laurent C. menaçait de se faire exploser dans une station service à Angers. © France 3 Pays de la Loire
Il avait confectionné son collier piégé avec des restes de tolite, un explosif récupéré dans des grenades ramassées sur le site de la zad de Notre-Dame-des-Landes. Laurent C. était resté plus de 6 heures retranché dans une station service d'Angers, en marge du mouvement des gilets jaunes, qui venait de commencer, le 23 novembre 2018. 

"J'avais dit : ma tête ou une délégation, mais on n'a eu ni l'un ni l'autre" a-t-il déclaré lors de l'audience au tribunal.

Cet homme de 46 ans, sans emploi, demandait à ce que les manifestants soient reçus par Emmanuel Macron. Il voulait également alerter sur la dangerosité des grenades utilisées par les forces de l'ordre lors des manifestations, a-t-il expliqué, ce vendredi 21 décembre, lors de l'audience qui se tenait au tribunal correctionnel d'Angers. 

"Dans un sens, j'avais anticipé sur le fait qu'il y aurait des centaines de blessés. Il faudrait qu'on arrête d'utiliser ce genre de produits", a-t-il expliqué vendredi.

Son dispositif, artisanal, fabriqué avec des explosifs de récupération, était parfaitement opérationnel : "Il y avait un réel risque, un réel danger. Il avait une charge d'explosifs autour du cou et un dispositif de mise à feu. Ce n'était pas factice", avait déclaré le préfet Bernard Gonzalez au moment des faits.
 
Le forcené avait fini par renoncer à son projet après avoir, pendant des heures, mobilisé les policiers du Raid. Les perquisitions menées à son domicile avaient ensuite montré une fascination pour les armes et la récupération de matériel militaire.

 La procureure de la République a évoqué "une fascination morbide pour les armes", avant de requérir quatre ans de prison.

L'homme a finalement été condamné à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt, le tribunal correctionnel d'Angers retenant l'altération du discernement.
 
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