Le Carnet : la Zad évacuée ce mardi matin, "la plupart des occupants ont actuellement quitté les lieux"

Ce mardi matin aux aurores, les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation de la Zad du Carnet, sur la commune de Frossay, dans le sud Loire.

400 gendarmes environ sont intervenus sur le site de la Zad du Carnet afin d'en déloger ses occupants, une cinquantaine de personnes.

"Sur mon instruction et suite aux décisions de justice, le@prefet44  évacue depuis ce matin la zone illégalement occupée du Carnet, près de Paimboeuf à Saint Nazaire", a annoncé sur Twitter, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur.

Cette évacuation fait suite à deux décisions de justice prises en février dernier par le tribunal judiciaire de Saint-Nazaire. Une du 5 février à la demande du Grand port maritime de Nantes-Saint Nazaire et la seconde du 12 février après une requête du conseil départemental de Loire-Atlantique, demandant aux personnes qui occupent "illégalement le site du Carnet" de quitter les lieux.

"Face aux refus des occupants, les huisssiers de justice ont sollicité le concours de la force publique pour faire exécuter ces décisions de justice de quitter la zone", précise la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué.

"Les occupants ne s'étaient pas cachés d'avoir piégé la zone et avoir mis en place des dispositifs pour barricader la zone" au moyen de "cocktails molotov, boulons, écrous", a énuméré Dider Martin, le préfet de Loire-Atlantique. Des éléments pris en compte par les militaires engagés dans l'intervention.

"Au cours des 9 mois d'occupation du terrain", les opposants "ont eu tout le temps d'aménager, de creuser des tranchées parfois assez profondes, et surtout des barricades qu'ils ont mis à feu au moment où les forces de l'ordre sont arrivées" a enchainé le général Laurent du groupement départemental de gendarmerie. 

"Ont été abandonnés sur cette zone naturelle différents types de déchets : épaves de voiture, ferrailles, toles, armes artisanales, bonbonnes de gaz, bidons d’huile… Environ 500 m³ de déchets sont ainsi dispersés sur le site, l’équivalent de 20 camions bennes d’ordures à évacuer. L’éolienne présente sur le site a également été dégradée et n’est plus en état de fonctionner", a précisé la prefecture de Loire-Atlantique ce mardi après-midi..

La général Laurent a précisé que "l'opération s'est déroulée sans heurts". Aucun blessé n'est à déplorer lors de l'intervention de ce mardi matin.

"La plupart des occupants ont actuellement quitté les lieux, certains qui se sont retranchés dans les arbres ou l'éolienne ont même il y a quelques minutes quitté ces points hauts", a poursuivi le préfet. "Il reste une dizaine d'individus qui sont en cours de contrôle", a précisé le général Laurent, en cette fin de matinée. 

"L'opération est maintenant très bien avancée, pour autant elle est loin d'être terminée". Une 2e phase a été engagée, "le déblaiement des 500m3 au moins de matériaux de toute nature", accumulés sur le site, "épaves de voiture, barricades, constructions en bois, pneus...".

"Cette zone continuera de faire l'objet d'un suivi attentif dans les prochaines semaines et les prochains mois pour éviter toute réinstallation", a poursuivi le préfet.

"Ils sont tous été contrôlés mais il n'y a pas eu d'interpellations à proprement parlé parce qu'il n'y pas eu d'infractions commises, les choses se sont très bien passées", s'est félicité le général Laurent.

La circulation sur la départementale 723 entre Paimboeuf et Frossay reste interrompue en cette fin d'après-midi. La préfecture recommande aux automobilistes d’éviter le secteur et de suivre les déviations mises en place. "La
circulation sera rétablie à la fin des travaux de déblaiement".

► Voir ou revoir la conférence de presse du préfet de Loire-Atlantique

L'évacuation de la Zad du Carnet a débuté ce mardi matin à 6h45. La départementale 723 a été interdite à la circulation entre Paimboeuf et Frossay, comme a pu le constater sur place notre journaliste Christophe François. Un hélicoptère et des moyens nautiques ont également été engagés sur la zone.

De leur côté, les zadistes appelaient lundi soir leur soutien à se réunir pour empêcher cette évacuation, et précisent que plusieurs blindés des forces d'ordre sont déployés sur place. 

Le collectif "ZAD du Carnet" appelait à un pique-nique suivi d'un rassemblement à partir de 13 heures devant le tribunal de Saint-Nazaire, et à un rassemblement ce midi devant la Préfecture de Loire-Atlantique. "Nous appelons à lancer rapidement une concertation pour un dialogue apaisé sur l’enjeu partagé de préserver l’estuaire de la Loire, réagit la fédération régionale d'Europe écologie-Les Verts. L’estuaire de la Loire est aujourd’hui le seul grand estuaire français sans protection juridique suffisante alors qu’il comprend près de 20 000 hectares de zones naturelles reconnues pour la qualité de leur biodiversité. Le projet du port doit intégrer cette priorité et optimiser l’espace déjà artificialisé et les friches industrielles, plutôt que de s’attaquer à des espaces naturels."

Le parti écologiste complète : "C’est au rôle des collectivités et de l’Etat, aux côtés de la direction du port, d’ouvrir rapidement une concertation pour la préservation de l'estuaire de la Loire, associant toutes les parties prenantes et permettant de mettre en place les outils de préservation adaptés."

 

Le Carnet, site historique de la contestation

Le Carnet est le site d'un projet industriel du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire destiné à aménager 110 hectares pour les activités industrielles dédiées aux Energies Marines Renouvelables.

Cette zone se situe sur un territoire en bord de Loire d'une superficie d'environ 400 hectares de zones ou prairies humides que les militants de la ZAD déclarent défendre contre ''tout projet inutile''.

Depuis l'été 2020, plusieurs dizaines d'entre eux se sont installés sur le site pour le défendre, une installation suivie d'actes de violence et dégradation de biens, les deux camps se rejetant la responsabilité de ces actes.

Dans les années 90, le site du Carnet a fait l'objet de contestations et manifestations contestant un projet d'installation d'une centrale nucléaire, projet abandonné en 1997.

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