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Le veau, la vache et le territoire : entretien avec le réalisateur Patrice Gérard

© Yoann Martineau
© Yoann Martineau

Pour la sortie de son film documentaire "Le veau, la vache et le territoire *Petit précis de biodynamie", le réalisateur Patrice Gérard répond aux questions d'Alexandre Duval. Il vous livre les coulisses de ce film sur la ferme biodynamique du Marais Champs en Loire-Atlantique.

Par Céline Maetz et Sandrine Quéméneur

Patrice, tu as le pied marin mais c’est bien la terre à travers le thème de l’agriculture qui semble aujourd’hui te passionner ?

L’agriculture est la seule chose que l’on soit sûr de partager avec 7 milliards d’individus. Elle est liée à une problématique compréhensible par tous et pour laquelle on n’a pas à passer par le savoir des économistes : la bouffe. Il y a désormais une prise de conscience commune et partagée. Dans un monde dématérialisé, l’agriculture remet tout le système en place en cause. C’est une révolution « copernicienne », douce et d’ordre pratique.

Quelle a été la genèse de ce « petit traité de biodynamie » ?

En 2007, j’ai fait un premier film sur l’agriculture. “Les vaches ne regardent plus passer les trains”, c’est un film quasiment fait en bottes. Eux, en bottes de paysan et moi, en bottes de marin. Je me suis aperçu que c’était les mêmes gens, la même parole franche que chez les marins. Ce premier film-là m’avait passionné. Je n’ai rencontré que des gens sympas mais maintenus pieds et poings liés par le système. Dans le conventionnel, on est dans la négation de l’individu face à la recette. L’exploitant agricole est couché devant les grandes centrales agricoles. C’est un exploité agricole. Il est dans la même situation qu’un ouvrier dans une usine. Ce qui m’a donné envie de faire ce film, c’est de voir le paysan comme quelqu’un qui se tient debout. Les paysans sont des gens qui tentent des choses. Or c’est bien là, la démarche de l’agriculture biodynamique : les gens réfléchissent. Ils sont face à leurs choix, expérimentent et peuvent vivre de leurs erreurs.

Les précédents films étaient portés par un regard critique. Dans ce film, c’est surtout la douceur qui domine.

Le film s’ouvre ainsi par une naissance car il fallait que l’on soit à la naissance d’une nouvelle agriculture. Une forme de poésie se dégage. Ça parle du bien être des animaux. Comme on traite les animaux, on traite les gens. Il y a donc de l’espoir dans ce film et l’exemple de la ferme du Marais Champs montre que c’est possible. Au final, c’est un film très politique. On demande aux gens de penser par eux-mêmes. Sa principale qualité, c’est que les questions qui y sont exposées sont résolues.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Le veau, la vache et le territoire”, c’est 9 mois de gestation. Je fais des films avec les gens et ça demande de l’investissement. J’ai fait le choix d’habiter six mois à la ferme dans un mobil-home car Sébastien et Guylain me disaient : “ t’aurais dû être là hier ” . Et voilà, je surprends un aparté entre eux. Il y est question du taupin, cet insecte minuscule qui pose problème aux cultures. Sur le traitement de ce problème repose toute la démonstration du film. C’est la « preuve par bouse » que cette agriculture fonctionne. Au final, ça a été une expérience incroyable. Je me suis vraiment laissé guider par Guylain, il m’a fait découvrir la ferme. Maintenant, je sais amener les vaches au pré et les traire. C’est vraiment un film marquant pour moi. À 60 ans, j’ai l’impression de découvrir mon métier.

Le mot de la productrice  Estelle Robin You, Les films du Balibari

Pourquoi a-t-elle accompagné ce film ?
“ Pour son réalisateur d’abord, Patrice Gérard, car pour faire un bon film, il faut d’abord un excellent réalisateur, engagé dans sa démarche, et fédérateur. Et puis comme tous ceux qui ont eu la chance de la goûter, j’ai succombé aux délices de la Tomme des Marais Champs. Enfin, partir du local pour aller vers des questions qui nous concernent tous de manière aussi aiguë, mettre le vivant
au cœur du dispositif, rester simple et limpide à la fois, sont des ingrédients qui me touchent particulièrement.”

Diffusions

Samedi 21 novembre 2015 à 15h20 sur France 3 Pays de la Loire, Bretagne, Haute et Basse Normandie, Paris Île-de-France et Centre Val de Loire.
(rediffusion le vendredi 27 novembre à 8h50)
Mercredi 25 novembre 2015 à 0h10 sur France 3 Pays de la Loire.
Lundi 7 décembre 2015 à 00h10 sur France 3.

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