Blocage des raffineries et pénurie de carburant. A la raffinerie de Donges, les grévistes reconduisent la grève jusqu'à mercredi

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Écrit par Camille Aguilé avec Agence France Presse

Troisième jour de grève à la raffinerie de Donges ce vendredi 14 octobre. Une majorité des salariés ont voté sa reconduction et ont été rejoints sur place par d'autres corporations, au lendemain du rejet de l'augmentation de salaire de 7% proposée par TotalEnergies.

Les salariés grévistes de TotalEnergies ont finalement reconduit vendredi leur mouvement  sur l'ensemble des sites du groupe pétrolier, en dépit de la signature d'un accord sur des augmentations salariales conclu dans la nuit avec deux syndicats majoritaires.  

La grève a été reconduite pour quelques heures voire quelques jours sur les cinq sites du groupe, à la bio-raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône), les raffineries de Feyzin (Rhône), de Donges (Loire-Atlantique), de Normandie, la plus importante de France, située près du Havre, ainsi qu'au dépôt de carburant de Flandres (Nord).

On sait déjà que la grève se poursuit jusqu'à mercredi à la raffinerie de Donges, mais un peu d'essence devrait être livrée très vite pour "apaiser les tensions".

"La situation dans le pays est explosive"

Membres de la CGT des territoriaux, de la CGT Santé action sociale, du Parti Communiste, de la France Insoumise ou encore du Nouveau parti anticapitaliste ont rejoint pour un rassemblement les grévistes de la raffinerie TotalEnergies de Donges au matin du vendredi 14 octobre 2022. 

Quelque 200 personnes, principalement des salariés, des représentants syndicaux et des élus, se sont rassemblées devant la raffinerie TotalEnergies. A leurs côtés notamment Matthias Tavel, député LFI de Loire-Atlantique.

"La situation dans le pays est explosive, a expliqué Matthias Tavel, c'est une grève pour les salaires, donc c'est une grève d'intérêt général, tous les salariés ont intérêt à ce que les salariés de Total gagnent leur grève".

Si eux à Total avec une entreprise qui fait tant de profits ne gagnent pas, vous pouvez être sûr qu'ailleurs vous ne gagnerez rien non plus

Matthias Tavel

Député LFI de Loire-Atlantique

Les salariés militent pour l'augmentation de 10% de leur salaire face aux superprofits réalisés par le groupe. 

Les grèves ont été levées successivement dans les deux raffineries du groupe Esso-ExxonMobil jeudi et vendredi. 

Rejet des propositions de Total

Dans la soirée de jeudi, la direction du groupe a proposé 7% d'augmentation de salaire dès novembre et une prime "pour le partage de la valeur d'un mois de salaire accordée par la compagnie, qui sera versée en décembre, l'accord prévoit un plancher de 3 000 euros et un plafond de 6 000 euros".

Les syndicats CFDT et CFE-CGC sont favorables à la signature d'un accord en ce sens. 

"Force Ouvrière, sur la raffinerie de Donges, a revendiqué 10%, Yann Le Foll, secrétaire général de l'union locale FO de Saint-Nazaire et région, ce que les salariés demandent c'est seulement leur dû"

Côté CGT, l'offre a été rejetée car elle englobe des "augmentations individuelles" et une "évolution de la prime d'ancienneté", ce qui ramène à 5% "l'augmentation générale des salaires" proposée, a détaillé Philippe Martinez, secrétaire général du syndicat, sur France Info.

Les instances dirigeantes de TotalEnergies n'ont pas réagi à cette demande pour le moment. 

En parallèle d'un appel à renégocier, la CGT a décidé jeudi d'organiser une grève interprofessionnelle mardi 18 octobre aux côtés d'autres organisations syndicales pour riposter aux réquisitions lancées par le gouvernement. 

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