Lutte contre le coronavirus : des entreprises de Loire-Atlantique et du Maine et Loire aux aguets

Grippe A, SRAS, Ebola et maintenant coronavirus, les menaces d'épidémies mortelles donnent du travail aux entreprises spoécialisées dans le matériel médical. Quelques exemples en Pays de la Loire.
300 000 masques qui datent de 2009 offerts par une entreprise mancelle.
300 000 masques qui datent de 2009 offerts par une entreprise mancelle. © France Télévisions Olivier Quentin
C'était en 2009, la pandémie de grippe A menaçait le monde... enfin, c'est ce qu'on disait à cette époque.

Au total, le virus H1N1 aura engendré en France bien moins de morts que la grippe saisonnière qui fait dit-on 1500 à 2000 morts chaque année en moyenne, excepté en 2014 où l'on a enregistré un pic de plus de 18 000 décès.

Concernant la grippe A qui a tant fait couler d'encre et de vaccins, le professeur Bernard Debré avait à l'époque parlé de grippette.

Pendant ce temps-là, les affaires continuaient et notamment pour les entreprises spécialisées dans le matériel médical, plus précisément, de protection.
 

Des commandes multipliées par dix

C'est ainsi que la jeune entreprise nantaise Girod Medical créée quelques années auparavant et spécialisée dans la vente sur internet de matériel médical a vu son activité dopée par ce contexte de panique générale.

En quelques semaines, Girod Medical a vu son chiffre d'affaire passer de 2 à 10 millions d'euros et le nombre de ses salariés a été mutliplié par trois.

Vendue depuis, la société avoue aujourd'hui à nouveau connaître un pic de commandes, notamment sur les masques. "Depuis vendredi dernier nous a-t-on dit, les montants ont été multipliés par 10 !"

Les commandes principalement passées par la communauté asiatique en fin de semaine dernière émanent désormais de particuliers de toute la France.

A tel point que les fabricants ont du mal à fournir.
 

Situation de crise

Chez Kolmi, le fabricant de produits à usage unique installé à Saint-Barthélémy d'Anjou, dans le Maine et Loire, on confirme cette surchauffe. "Nous avons des demandes du monde entier" déclare l'entreprise qui évoque une véritable situation de crise.
 

Des caméra infra rouge pour détecter la présence éventuelle du virus

D'autres sont dans les starting-blocks. comme la société France Infra Rouge basée à Pontchâteau en Loire-Atlantique. La société distribue en France des caméras thermiques. Son cœur de cible, c'est plutôt le secteur du bâtiment. Utilisées pour détecter les hausses anormales de températures, ces caméras thermiques, portables ou fixes, permettent de localiser des fuites d'eau ou d'air, de signaler des départs de feu ou des incidents électriques.

Mais il existe aussi une application médicale.

"On est dans l'expectative, nous a-t-on répondu chez France Infra Rouge. Pour le moment, le Ministère de la Santé ne souhaite pas mettre de caméras thermiques (pour la détection d'éventuels cas de coronavirus)."
 

Des commandes au moment de l'épisode du SRAS

Mais on sent bien que la société qui n'emploie qu'une dizaine de personnes se tient prête. L'expérience, sans doute. Au moment de l'alerte Ebola (fièvre hémorragique) en 2014, le distributeur avait eu quelques commandes du Ministère de la Santé. Même chose nous a-t-on dit au début des années 2000 lors de l'épidémie du SRAS.

En tout cas, son plan de communication est au point : "Les caméras thermiques infrarouge, explique un communiqué, permettent de visualiser instantanément toute personne ayant une temperature anormalement élevée, souffrant de fièvre, et donc potentiellement porteuses du virus Coronavirus , Ebola ou autre. La caméra thermique infrarouge produit une image en temps réel et scanne toutes les personnes qui passent devant son objectif : la détection de personne à risque est immédiate."
 

Attention aux lendemains

Mais, on peut l'espérer, l'épisode du coronavirus aura comme les autres une fin. Et là, il fera encore des victimes.

Après l'épidémie H1N1, la société nantaise Giro Médical s'était retrouvée avec un stock d'invendus de 4 millions d'euros. Les produits ayant une durée d'utilisation limitée, il a fallu les détruire. La société a déposé son bilan et a depuis été rachetée.

La nouvelle direction affirme qu'elle en a tiré les leçons : "On commande avec parcimonie" nous a-t-on asuré sur place.




 
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