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Egypte : La mère d'un Nantais tué dans un commissariat du Caire accuse le Quai d'Orsay

La mère d'Eric Lang, tué dans un commissariat du Caire, accuse le Quai d'Orsay / © LOIC VENANCE / FAMILY HANDOUT / AFP
La mère d'Eric Lang, tué dans un commissariat du Caire, accuse le Quai d'Orsay / © LOIC VENANCE / FAMILY HANDOUT / AFP

A quelques jours d'une visite du président François Hollande chez son allié égyptien, la mère d'un enseignant français, battu à mort en 2013 dans un commissariat de police du Caire, accuse le Quai d'Orsay de ne pas avoir défendu son fils et de traîner encore les pieds.

Par Fabienne Béranger avec AFP

"Avec ma fille, il a fallu qu'on se débrouille seules", en dépit de nombreux appels aux services diplomatiques, a murmuré mercredi Nicole Prost, la mère d'Eric Lang, la voix nouée par l'émotion, lors d'une conférence de presse au siège parisien de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Eric Lang, 49 ans, un Nantais qui enseignait le français en Egypte et écrivait des reportages sur Facebook, est décédé le 13 septembre 2013, alors qu'il était détenu depuis une semaine dans un commissariat de Kasr el-Nil, au Caire, après son arrestation dans la rue pour défaut de passeport, a rappelé sa mère, qui s'exprimait sous une image vidéo montrant une poignée de mains entre François Hollande et le président égyptien Abdel Fattah al Sissi.

Selon les services de sécurité égyptiens, Eric Lang a été roué de coups par ses six codétenus, mais sa famille doute de cette thèse et estime que d'autres responsabilités sont en cause.

L'enquête sur ce meurtre en prison prend une nouvelle actualité avec la visite d'Etat, prévue dimanche, de François Hollande en Egypte, allié stratégique et diplomatique de la France, qui lui a vendu une série d'armements, dont 24 chasseurs Rafale, deux navires multifonctions Mistral, et une frégate multimissions FREMM.

Le régime égyptien, qui a renversé en juillet 2013 l'islamiste Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement du pays, est accusé par les organisations humanitaires de violations répétées des droits de l'Homme, actes de torture et massacres de masse de manifestants.

L'Italie a quant à elle retiré son ambassadeur pour protester contre le manque de progrès dans l'enquête sur le meurtre en janvier d'un étudiant italien, Giulio Regeni, qui selon les milieux diplomatiques occidentaux, aurait été torturé à mort par les services de sécurité égyptiens.


Détention arbitraire

Nicole Prost affirme que dès son arrestation, son fils a été mis hors de cause par un juge égyptien, mais qu'il a été maintenu en détention pour une raison inconnue.
"L'ambassade aurait alors pu faire quelque chose" pour qu'il rentre en France, a-t-elle accusé.

"Le lendemain de son interpellation, un magistrat a décidé de le libérer. Donc jusqu'à sa mort, il était en détention arbitraire", affirme l'avocat de la famille,
Me Raphaël Kempf.
"Il a été arrêté, torturé, tué pour rien, et la France n'a pas aidé à le sortir quand il devait être extradé", selon Mme Lang. "Pour le rapatriement du corps,
on nous a dit que c'était à nous de le faire"
, a-t-elle aussi déploré. "J'ai déposé une plainte contre le ministre de l'Intérieur et deux commissaires de police pour non-assistance à personne en danger et séquestration. Je n'ai aucune nouvelle. Nous demandons à M. Hollande de poser la question" aux dirigeants égyptiens, a déclaré l'avocat de la famille.
"On veut des actes d'enquête, savoir pourquoi il a été détenu arbitrairement, qui était responsable", ajoute-t-il.

Interrogé mercredi par l'AFP, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a assuré que "la France est mobilisée, à Paris comme au Caire, pour que toute la lumière soit faite sur cette tragédie", et qu'elle a demandé "aux autorités égyptiennes de s'assurer qu'il n'y aura pas d'impunité et que les responsables seront traduits devant la justice".

"Nous sommes en contact étroit avec la famille de notre compatriote, à laquelle nous réitérons notre solidarité", a ajouté le diplomate, précisant que le consulat général de France au Caire "a suivi les audiences, et est en contact régulier avec les avocats de la famille de M. Lang".
"La dernière audience a eu lieu le 8 février, et s'est conclue par un report au 15 mai. La justice française est également saisie de cette affaire depuis mai 2014", a rappelé le porte-parole.

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