Procès affaire Troadec à Nantes : "pour des sommes comme ça on éradique des familles sans problème"

Ce jeudi 1er juillet, le procès de Hubert Caouissin et Lydie Troadec se poursuit au tribunal de Nantes. La journée est consacrée à de nouveaux témoignages. Renée, la mère de Pascal et Lydie Troadec, sera notamment entendue.
Les journalistes attendent la sortie des avocats au procès d'Assise d'Hubert Caouissin et Lydie Troadec
Les journalistes attendent la sortie des avocats au procès d'Assise d'Hubert Caouissin et Lydie Troadec © Christophe Turgis / France Télévisions

Ce jeudi 1er juillet, le procès de Hubert Caouissin et Lydie Troadec se poursuit aux assises de Loire-Atlantique à Nantes.

La journée est de nouveau consacrée à de nouveaux témoignages dont celui d'un psychiatre et celui de la mère de Pascala et Lydie Troadec, Renée.

Reprise de l’audience à 9h15.

"C’est un enfant qui ne manifeste pas d’émotions particulières"

La présidente fait entrer Mme Tiphaine Blondel, responsable d’équipe au Conseil Départemental du Finistère,

"Je suis intervenue pour un placement provisoire de l’enfant (Jean, prénom d’emprunt) pour le protéger des circonstances actuelles. Nous sommes allés chercher l’enfant au domicile de sa grand-mère maternelle, il dessinait. Durant le trajet, il était dans une logorrhée, il nous a parlé de sa passion pour les chevaliers les guerres. Il faisait un dessin avec des chevaliers des tuyaux du sang partout".

La présidente : "Nous ce qu’on a perçu, c’est un enfant qui ne manifeste pas d’émotions particulières, pas de pleurs, pas de refus de venir avec nous à ce moment-là. Je n’ai pas le souvenir qu’il parle de sa maman, il évoque le fait que son père se tape la tête contre les murs".

Me Pacheu, avocat des parties civiles : "Votre ressenti dans la voiture, impossible à interrompre ?", "Oui tout à fait, c’était une manière d’entrer en contact avec nous, dans un discours très élaboré pour son âge. On ne le questionne pas sur ce qui s’est passé".

Me Cabioch, avocat de Lydie Troadec: "On note que des droits de correspondance sont assortis d’un contrôle par le juge des enfants, sans que l’on y évoque les faits"." Je n’étais pas à cette audience particulière".

La présidente : "Mr Caouissin ?", "Pas d’observations" "Mme Troadec ?", "Non, ma mère m’a parlé de lui, il lui avait posé des questions à propos de mon cancer"

"Il racontait beaucoup d’histoires de guerre"

La présidente fait ensuite entrer Mme Joëlle Siffier, chef de service en protection de l’enfance.

"L’enfant est arrivé en fin de journée, j’ai fait le choix de lui présenter les lieux, en relation avec les évènements. Il racontait beaucoup d’histoires de guerre".

Il se livrait facilement aux adultes, sans en connaître les rôles

"J’ai rencontré les parents en visio. C’est un enfant qui a évolué dans une vie familiale fermée. Il resitue des choses en 2010 alors qu’il avait deux ans. Il a beaucoup de compétences intellectuelles. Il nous dit avoir été très stimulé pour ses apprentissages, son avenir. Il est très poli, très respectueux. Nous avons dû l’accompagner dans ses relations aux autres, qu’il cesse de se présenter comme le fils de Hubert Caouissin et Lydie Traodec".

"Il était très demandeur d’explications sur les faits. Ensuite, j’ai changé de service et je ne l’ai plus suivi", poursuit Joëlle Siffier.

La présidente : "L’enfant ne présente pas de problème d’endormissement, pas de cauchemars à son arrivée, il parle beaucoup, dessine, l’éducatrice parle de dessins morbides, il parle beaucoup des faits et ce qu’a pu lui dire son père. Qu’il pouvait dire le secret puisqu’il était arrêté. Elle dit l’enfant semblait découvrir la vie. Une balade à la mer de 45 mn était un évènement merveilleux, aller chez le coiffeur, acheter des vêtements". "Je confirme, avec le temps, fin 2017, il disait qu’il avait beaucoup manqué. Concernant son affect il est très réservé".

A son arrivée il était dans une bulle, dans ses histoires de guerre, on ne savait pas analyser ce qui était de sa culture ou du drame

"Il parlait beaucoup de papa, de lui, de maman ensuite"

"Il est décrit comme un enfant ayant une excellente mémoire, une capacité de description extrêmement précise. L’éducatrice indique qu’il apparaît comme le troisième adulte de la famille". " Il s’identifiait à son papa, il était difficile de savoir si c’était l’enfant ou le père qui parlait". Hubert Caouissin redresse la tête. "Il parlait beaucoup de papa, de lui, de maman ensuite".

"Son papa lui dit qu’on ne dit rien à personne, si on ne pose pas de questions on ne dit rien. Il sait que son papa a tué, il se demande pourquoi il a fait ça. "Papa a pleuré, des larmes sont tombées sur le solé. Plus tard il dit que sa maman passera moins de temps en prison. Lors d’un départ en week-end des autres enfants, il dit moi je reste je suis le fils Troadec".

La présidente poursuit la lecture du cahier : "À un autre moment, il dit, mon père voulait les ligoter, les faire avouer. L’éducatrice dit, nous avons un petit garçon authentique qui prend en pleine face la réalité des choses. Il indique que depuis 2010, son papa se cognait la tête contre les murs. Sa maman l’emmenant chez sa grand-mère le temps qu’il se calme".

La présidente lit une lettre de Hubert Caouissin à l’institution. "Il indique comment Jean est une personnalité développée, a besoin de lectures nombreuses, qu’il est paresseux n’aime pas écrire, développe des aptitudes considérables en mathématiques, que le 1er trimestre de CM1 Jean n’a que des A partout, qu’il est au-dessus du niveau. Qu’avez-vous pensé de ce courrier ?". "Ça nous a conforté, nous avons adapté sa scolarité. L’enfant pouvait bouder, s’isoler lorsque qu’il se considérait en échec, alors qu’on lui expliquait qu’on apprend aussi par l’échec. Nous l’avons fait évaluer par une psychologue pour choisir le meilleur établissement scolaire, méthodes pédagogiques, effectifs. Nous avons fait le choix de contrebalancer les injonctions qu’il se donnait. Mme faisait plutôt français, Mr plutôt scientifique. Il indique que les calins du soir lui manquaient".

"Il est dans un discours hyper-intellectualisé par rapport à son jeune âge"

Hubert Caouissin : "Jean est émotif, il a beaucoup pleuré. Il m’a demandé pourquoi j’étais allé là-bas, si je les avais frappés à la tête. Je lui répondu au sens figuré, il interprète au sens propre. Sur les loisirs, en décembre nous étions allés voir un cirque, on allait au restaurant à la plage, à Océanopolis, le foot deux fois par semaine"…

Me Pacheu, avocat des parties civiles : "Madame Troadec, les éducateurs notent comment Jean relate les faits, citant les victimes dans l’ordre. Il dit maman n’a pas tué, maman a aidé à nettoyer le sang ?", "Oui c’est vrai", "Dans la maison à Orvault ?", "Non".

Me Méchineau, avocat du fils de Hubert Caoussin : "Sur les compétences de Jean vous parlez de l’humour de Jean ?", " C’est un enfant qui lorsqu’il se sent sans pression et détendu, peut faire des blagues qui font plus sens pour les adultes que pour les enfants".

"Il se demande pourquoi son père est fou"

"Jean se demande pourquoi il a fait ça, pourquoi il n’a pas appelé la police ?", " Oui il nous dit aussi avoir peur de devenir comme son père. Il se demande pourquoi son père est fou. Il se demande pourquoi lui-même fait des colères quand il est en échec sur ces devoirs. Toute l’équipe lui a permis d’évoluer. Il a pu passer en CM2 en 6ème. Toujours avec ce sentiment d’injonction, son père lui avait dit qu’il fallait qu’il soit médecin, président, nous en étions là quans j’ai quitté mes fonctions en 2018".

Me de Oliveira, avocate des parties civiles : "Madame Troadec, quand Jean dit que vous avez nettoyé le sang, c’est Hubert ? Vous ?", "Il m’a vu nettoyer le sang du pantalon".

"Vous nous avez dit qu’il n’avait rien vu ?", "Je ne sais pas, il faudrait demander à Jean"

Me Cabioch, avocat de Lydie Troadec : "Les visites ont pu reprendre ?", "Les visites avec Madame Traodec ont repris en août 2017. Les premiers temps ont été tendus, mais ses questions relatives au droit, nos réponses, ont permis d’établir des relations intéressantes. Jean manifestait peu d’émotions, Madame Troadec beaucoup plus. Souvent sur la réserve par rapport aux questions de l’enfant".

Me Cabioch :"Souvent les parents ou les enfants contestent le placement, est-ce que Madame Troadec, revendique son enfant dès sa sortie de détention provisoire en août 2017 ?", "Elle est bien consciente que c’était la meilleure solution dans l’attente du procès. Monsieur également. Dans la mise en place du processus éducatif, tous deux ont participé à son élaboration".

Me Larvor, avocat de Hubert Caouissin : "Mr Caouissin nous dit que Jean pouvait interpréter à sa façon, l’éducatrice indique qu’il pouvait se fermer". "Je n’interprèterai pas".

Me Fillon, avocat de Hubert Caouissin : "Vous dites, Jean cherche à mettre du sens aux actes de son père, je ne sais pas comment mon père a pu faire ça. Je sais que des fois il se cognait la tête contre les murs". "Je pense que l’enfant sait faire la relation".

Trois visites par an

La présidente appelle Madame Magalie Vendé, chef de service en charge des mineurs confiés à l’aide sociale à l’enfance.

Elle a été en charge de l’enfant de août 2017 à 2019.

"C’est un mineur déscolarisé mais très compétent pour son âge. Il est vif, intelligent. Nous avons mis en place un parcours de scolarité adapté. Il se présentait comme étant de l’affaire Troadec. Ça été l’enjeu avec les détenteurs de l’autorité parentale. Il a su faire preuve d’adaptation, il a fallu l’amener à détecter des réactions et apprendre à gérer ses émotions".

"Il a fallu faire en sorte que les intervenants ne sachent pas qui il était. Le protéger des médias. Nous, l’accompagnant du mieux possible vers sa vie de futur adulte".

"Monsieur comme Madame ont sollicité des visites très rapidement. Il a été très difficile à déterminer si c’était opportun. Nous avons décidé d’attendre et de prendre des précautions. En 2018, au moment où tout était en place, le mineur n’était pas prêt à de rendre en milieu carcéral".

"La première visite les retrouvailles ont été sobres. Le mineur a pu s’assoir sur ses genoux, ils ont passé un moment front contre front. Il l’a félicité sur son parcours scolaire, lui a demandé s’il avait des copains, s’il était en bonne santé. On avait l’impression qu’ils s’étaient quittés il y a peu. Son père lui a donné des indications sur sa vie en prison. Le gardien est venu chercher le papa, le mineur a dit à ce moment-là qu’il souhaitait le revoir. Le juge a établi la possibilité d’effectuer trois visites par an".

"Le mineur a connu deux lieux de vie et deux référents, éducatif et aide sociale à l’enfance. Je pense que tout ce qui a pu être fait pour lui permettre d’avoir des relations normales avec les enfants de son âge, il ne se présente plus comme de l’affaire Troadec. Il a intégré les faits. Il a bien compris qu’il était un individu en devenir, je pense qu’il a tous les atouts pour avancer dans la vie".

"Il aurait pu relever de l’aide sociale à l’enfance"

L’avocat Général : "Est-ce que l’éducation, les faits relèvent de maltraitance ?", "Quand on a compris son parcours de vie, il aurait pu relever de l’aide sociale à l’enfance".

"Si vous aviez eu un signalement d’enfant déscolarisé vivant dans une ferme isolée, passant ses dimanches à faire des maths, à qui la mère disait si tu ne travailles pas tu ne mangeras pas ce soir, auriez-vous fait un signalement au Parquet ?", "C’est difficile de répondre il n’y a pas eu d’évaluation". "Il fallait d’abord évaluer les conditions de santé, d’éducation, de sécurité de l’enfant, c’est la réaction des détenteurs de l’autorité parentale, coopération ou refus, qui détermine ensuite notre action. C’est l’évaluation des besoins de l’enfant qui détermine notre action dans le Finistère".

Me Cabioch : "Diriez-vous que Jean est la préoccupation principale de Madame Troadec ?", "Madame Troadec a toujours eu la préoccupation du bien-être de son fils. Elle n’a pas pris de décision dans la précipitation, consultant les psychologues, rassurant son enfant. Elle a toujours coopéré, nous avons échangé très facilement autour des besoins de son fils".

Me Cabioch : "Une note indique qu’elle prend en charge ses besoins, participe aux voyages scolaires, aux achats de vêtements, elle prépare un gâteau pour Jean et les enfants autour de lui. Elle l’aide à déculpabiliser, l’aide à accepter de se tromper".

"Elle est en cohérence avec l’âge de Jean ?", "Je n’ai pas pu valider le plan de préparation pour l’enfant, tel que précisé, elle faisait valoir que Mr Caouissin était un modèle pour l’enfant. Je lui ai fait remarquer que la vie d’avant été telle qu’elle était. Que désormais il fallait réadapter son point de vue. Elle a cheminé en ce sens et accepté d’adapter ses exigences à l’âge de Jean. On a vu un changement de posture parentale certaine . Elle posait beaucoup de questions, je lui expliquais que je prenais des décisions dans l’intérêt de son fils. Elle nous a souvent demandé des conseils de lecture".

"Jean est très créatif, dans un imaginaire à lui"

Me Fillon : "Comment s’est passé la visite avec son père ?", "L’enfant voulait voir son père, mais n’était pas prêt à la voir en prison. Jean est très créatif, dans un imaginaire à lui. Il avait échangé par courrier avec son père. Il fallait le préparer à la rencontre".

"La vie d’avant ils en parlent ?", "Ça n’a pas été simple ! Ni l’un ni l’autre n’en parlaient c’est la psychologue qui les invités à le faire. Et Jean a pu émettre un regard critique sur cette vie"

Me Larvor : "Vous ne parlez pas des grand-mères". "Je n’ai pas eu à suivre ces visites. Je sais que Jean a pu les rencontrer ou ses oncles et tantes. Qu’il a pu échanger avec eux. Jouer à des jeux de société avec eux".

Me Crestin : "Madame Troadec, reconnaissez-vous que vous avez pu être maltraitante ?", "Oui, c’était involontaire".

Durant les échanges, Lydie Troadec regarde la fonctionnaire avec attention, Hubert Caouissin a toujours le regard baissé.

11h10, suspension. Reprise de l’audience à 11h45.

"J’ai eu très peur. Voilà"

La présidente fait projeter des photos Google Maps extraite du dossier "Ccrapule" trouvé dans l’ordinateur de Hubert Caouissin. On voit en détail la rue d’Auteuil à Orvault, la maison des Troadec, le quartier. Des recherches datées de janvier et de février 2017.

La présidente : "Vous avez dit au juge, j’avais besoin de connaître les lieux, je n’étais pas familier. Or,vous y êtes déjà allé". "Ce n’est pas parce que j’y suis allé une fois que je suis familier". "Non Monsieur, vous y êtes déjà allé plusieurs fois". "C’est pour voir s’il y des changements, des voitures n’importe quoi". "Est-ce que ce n’est pas plutôt pour observer comme se cacher…", "C’était pour savoir où était garée la voiture". "De quels changements parlez-vous ?", "Savoir s’ils habitent toujours là !", "Sur Google Maps ?", "Ma mère m’a informé en décembre 2016 que Brigitte faisait le tour des écoles pour trouver notre petit garçon. J’ai eu très peur. Voilà".

La présidente : "Je vais lire une partie de l’expertise informatique. On a retrouvé un courrier dont l’auteru pourrait être Renée Troadec, 6 pages, l’auteur reprend en chronologie tout ce qui se serait passé. Moi Renée Troadec ancienne institutrice, avons avec mon mari plâtrier acquis un immeuble rue Legendre à Brest… Mon mari a rénové l’immeuble en 2006 à la suite du départ d’un locataire, il a rogné un pilier. 2007, 2008, l’auteur évoque des rencontres familiales, des soins… Mr Caouissin, on a l’impression que c’est vous qui avez rédigé ce document. Il y a des astérisques, des renvois vers des informations à compléter".

"Elles s’arrangent la cravate entre elles…"

"Je pense que c’est Lydie et Renée, qui en sont à l’origine". "Ce ne sont pas vos mots ?", "Non, j’ai pu réécrire des fautes".

La présidente : "Madame Troadec, c’est vous et votre mère ?", "Ça me dit quelque chose, le souvenir d’avoir évoqué ces choses, mais de les avoir rédigées, non". Lui "C’est fou, à ce moment elles sont dans le jardin, elles s’arrangent la cravate entre elles…"

La présidente : "Un peu plus loin, on relate des échanges avec Pascal à propos de l’achat de voitures allemandes, de transformer 34 000 euros d’économies en or, on parle d’achat de pièces plutôt que de lingots. Ça vous ressemble assez ça Mr Caouissin". "Je ne sais pas, Lydie me demande souvent comment formuler les choses, je le lui dis, elle note ce qu’elle veut"…

La présidente : "Madame Troadec qui constitue ce dossier ?", "Je n’ai pas de souvenir ". "Qui transfère les enregistrements ?", " Ce n’est pas moi". Hubert Caouissin confirme.

"Qu’est-ce qu’on t’a piqué ? Quelles pièces d’or ?"

La présidente : "Vous indiquez utiliser un dictaphone, je vais passer un morceau de ces enregistrements qui durent 7 heures, sans doute parce que la fonction enregistrement n’a pas été enlevée".

Évoqué à plusieurs reprises depuis le début du procès, cet enregistrement du 5 juillet 2014, met en scène les principaux protagonistes de l'affaire: Hubert Caouissin, jugé pour le quadruple meurtre de sa belle-famille, et sa coaccusée et ancienne compagne Lydie Troadec, mais aussi le frère de cette dernière Pascal Troadec et sa compagne Brigitte, et enfin Renée Troadec, mère de Pascal et Lydie.

On entend une rencontre. "Salut ça va ?" Le ton monte aussitôt.

"J’ai mandaté Hubert. Après ce que tu m’as fait. Des cris. J’estime que j’ai droit à la moitié. La moitié de quoi ? De ce que vous avez. On nous dit de venir samedi. Viens ici. Ça veut dire quoi ça. Va jusqu’au bout de ce que tu as à dire maman. Mais de quoi. Qu’est-ce qu’on t’a piqué ? Quelles pièces d’or ? Moi je vous dis il y avait quelque chose de très très important dans l’immeuble je vous promets qu’on va faire ce qu’il faut . Deux possibilités soit vous partagez, soit vous savez quelque chose à vous reprocher et ça va aller mal pour vous. Tu ne devrais pas parler comme ça. Pourquoi tu t’énerves si tu n’as rien à te reprocher". On entend des cris des coups, des hurlements excédés.

"Tu sais Pascal que pour des sommes comme ça on éradique des familles sans problème, tous, tous, tous..."

"J’appelle les gendarmes. T’es tombé sur la tête. J’en ai marre on a fait 300 km. Qu’est-ce que c’est que cette histoire. On se calme. Rien du tout rien du tout". Lydie essaye de calmer le jeu. "T’arrête tes conneries. Je me calme. Je pensais que vous aviez hérité de quelque chose. Si tu n’as rien à te reprocher. Hubert t’es malade ou quoi. J’ai des informations. Écoutez bon sang. J’ai pas fait 600 km pour rien. Moi j’ai des informations que vous n’avez pas. On oublie les insultes. Est-ce que vous avez de l’or ? Il y avait quelque chose dans l’immeuble. Il y avait de quoi changer la vie de tout le monde Je sais ce que je dis, plus besoin de travailler. Il n’y a plus rien, qui l’a pris ?. On est des familles sans problèmes. Tu sais qui a piqué ça. On pose les pieds dans le plat. Comment tu sais qu’il y avait de l’or. Je le sais je ne l’ai dit à personne. J’ai des informations. Je promets qu’au fond de l’histoire vous saurez tout. Tu dis lundi je ramène les photos à ma mère. Tu sais qu’on tue des familles entières. L’affaire Pastor. DGSE. J’ai travaillé pour l’informatique à la DGSE".

"Mais j’ai des informations sur l’or de la Banque de France"

La présidente : "Ce qu’on a compris, c’est que Pascal et Brigitte ne comprennent rien à ce qu’on leur raconte. Que Renée elle-même ne comprend pas tout. Ce que vous dites, j’ai des informations très importantes. Il y avait quelque chose dans l’immeuble. Lydie répète plusieurs fois vous avoir mandaté. Tout ça vient de vous Mr Caouissin".

"Le 30 juin 2014 on avait un rendez-vous à la polyclinique pour Jean. Je ne voulais pas qu’ils sachent. On a eu un entretien au téléphone avant, bien sûr qu’ils sont au courant de quoi on va parler". "Mais sur l’enregistrement ils disent même que l’or ils s’en fichent. Hurle qu’on les traite de voleur"."Mais j’ai des informations sur l’or de la Banque de France".

La présidente : "C’est un évènement historique réel. N’avez-vous pas fantasmé que cet or a été enterré sous l’immeuble, ne vous êtes-vous pas convaincu que cet or existait ?", "Non c’est après la déclaration de Pierre sur l’ISF, les déclarations de Renée".

"Je ne suis pas fou, je l’ai entendu au téléphone le reconnaitre qu’il a piqué le magot"

La présidente : "Pourquoi vous dites qu’on éradique des familles entières ?", "J’en ai parlé avec Brigitte, j’ai eu peur. Par le passé c’est arrivé". "L’or n’est pas la question, nous essayons de comprendre comment on en est arrivé là". "Si on a le magot on va nous tomber dessus". "Nous ?", "Oui nous? eux ! Brigitte le sait, je n’ai pas inventé la conversation au téléphone"

La présidente : "Renée consulte son cardiologue, à la suite d’une altercation avec Pascal, qui lui déconseille de fréquenter des personnes malveillantes, elle envoie un recommandé à Pascal". "e lui dit que ce n’était pas une bonne idée. Je lui ai demandé de le réécrire. Mais elle l’avait déjà envoyé".

"Pascal a frappé sa mère ?", "Ce n’est pas passé loin".

"Pascal est impulsif"

La présidente : "Quelle est votre légitimité, vous vous dites détenteur d’un secret qui ne concerne que Pascal sa sœur et sa mère ?", "Oui mais Pascal est impulsif il ne fallait pas laisser Renée seule avec Pascal".

La présidente : "Dans un courrier, Pascal s’inquiète de la santé de sa mère pourtant… ", "Il sait tout pourtant". "Un message encore, on est allé à la gendarmerie et au commissariat, il n’y a pas d’enquête. Tu refuses de nous revoir avec les enfants. Il conviendrait qu’Hubert se fasse soigner. Ma propre mère croit aux élucubrations de son beau-fils contre ton propre fils. Je suis déçu "

La présidente poursuit : "Une autre fois, nous étions en route pour te rendre visite, tu refuses de nous recevoir, Hubert est un gourou qui te manipule toi, Lydie et Jean".

La présidente : "Mr Caouissin…, "C’est Pascal qui ne voulait plus la voir, quand ils sont venus et qu’elle n’en avait pas envie, je lui ai dit que ce n’était pas la peine de les laisser faire la route".

"Je lui avais remis les pieds sur terre"

Me de Oliveira : "Le mandat que vous donne Lydie…", "C’est pour m’exprimer". "Vous apparaissez calme durant cette réunion". "Je prenais du Xanax". "Vraiment ? vous nous avez dit que c’est discontinu".  " Ce moment je prenais mon traitement". "On a l’impression que vous êtes le seul à connaître la valeur du trésor. Mais vous n’en connaissez pas le montant ?", "Le cours de l’or avait beaucoup monté, Pierre avait parlé d’ISF, je lui avais remis les pieds sur terre".

"Vous n’en avez jamais parlé ?", C’était une conversation d’hommes".

"Vous connaissez la valeur de l’immeuble ?", " Oui et ce n’est pas avec ça qu’il va payer l’ISF. 150 000 euros". "Pas plus ?", "À Recouvrance ça ne vaut rien".

L’avocate générale : "Vous dites soit vous n’avez rien à craindre, soit vous avez quelque chose à vous reprocher… C’est une menace ?", "Pas de ma part. Mais de Tracfin".

Me Larvor : "L’arrangement dont vous leur parlez…". "Pour clore cette affaire oui. Avec l’idée on était d’accord même si c’était inéquitable". "Pourquoi ne pas effacer cet enregistrement ?", " Parce que j’explique à Brigitte que sur les voitures de ce montant-là, il y a des balises qui enregistrent les passages aux frontières. Elle est horrifiée. Ça veut bien dire qu’elle est au courant".

"C’est des histoires de pieds nickelés"

La présidente : "Qui a parlé de tueurs à gages ? C’est vous madame Troadec ?", "Non je n’ai pas dit ça". Lui : "C’est Lydie qui a évoqué que connaissant son frère, il pourrait nous faire éliminer. C’est moi qui ait parlé de tueurs à gage. En ajoutant que, en France, ça n’existait pas, que c’est des histoires de pieds nickelés".

Me Fillon : « Vous aviez placé Jean ce jour-là chez votre mère ? » « Oui je ne voulais pas qu’ils le cherchent ». « Mais on est en 2014, avant que vous commenciez à vous cacher ? » « Oui ».

"Vous comprenez Mr Caouissin ce que l’enregistrement laisse à penser ?", "Oui bien sûr. Mais il y a eu cette conversation au téléphone"

13h20. Suspension de l’audience reprise à 14h40.

La présidente fait intervenir en visioconférence le Docteur Pascale Chanoine.

"J’ai expertisé le jeune Jean, que j’ai rencontré le 27 juin 2018, raconte-t-elle, Mme Trodec a des droits de visite une fois par mois, médiatisés, ils sont chaleureux tous les deux. Son père se plaint de ne pas avoir plus de nouvelles".

"Il n’aime pas jouer avec des personnages en Lego, on peut leur retirer les membres"

"Jean dit qu’il a beaucoup travaillé avec son père qu’il a appris l’anglais. Il dit avoir une passion pour les loups qu’il partage avec son père. Il se dit très intéressé par l’histoire, ça aide à réfléchir. Il aime la science. Il connait les joueurs de foot ; leurs numéros leurs maillots. Jean voit un psychologue une fois par semaine, un pédopsychiatre une fois par mois. Il situe sa famille, ces grands-mères".

"À la ferme, il considère une poule comme sa sœur. La poule Heidi est intelligente"

"Son père lui interdit d’aller dans les fast-food, on y met des anti-vomissements. Il n’aime pas jouer avec des personnages en Lego, on peut leur retirer les membres. Son développement est normal, il est menu. Il doit se faire opérer d’un strabisme de l’œil gauche".

"Il est dans une logorrhée permanente"

"Il aime jouer seul, et dans ce cas n’est plus accessible. Il a le souci des autres. Sa scolarité le préoccupe. Il est dans une logorrhée permanente ce qui agace les autres enfants. À son arrivée il parlait du drame, il a fallu le protéger contre lui-même. Il est dans un sentiment d’incapacité par moments. Dans les échecs il se cogne la tête, il a peur des ressembler à son père".

"Il n’y a pas de risque de dangerosité, il faut l’autonomiser et améliorer ses découvertes avec le monde extérieur. Il convient de développer une coopération avec sa mère pour continuer".

"J’ai rencontré Me Lydie Troadec le 9 juillet 2018", poursuit la psy , "Son fils à 8 mois quand elle découvre un cancer du sein".

"Elle est traumatisée par les pertes de poids de l’enfant. Du fait d’une incompréhension avec les médecins. Elle dit avoir finalement suivi son instinct de mère".

"Il y a des conflits entre l’institutrice Jean et les parents"

"Jean fait une première année de maternelle. Les choses se passent mal avec l’institutrice. L’enfant boite, dit qu’on lui a marché dessus. On cherche des liens avec l’autisme. L’enfant n’est plus scolarisé avant le CE2. Son père estime qu’il en a le niveau. Il a un an d’avance. Il y a des conflits entre l’institutrice Jean et les parents. Mme Troadec reprend le CM2. Elle dit : "Je l’ai envoyé à l’école, pas à l’abattoir. C’était très dur, Jean me tirait les cheveux, me bat". Son père se montrait très exigeant".

Lydic Troadec voit un psychiatre, prend un traitement anxiolytique.

"Elle vit dans un sentiment d’incertitude et d’insécurité"

"L’entretien révèle une personne effacée, son discours est axé sur son fils, sur leurs solitudes. Elle présente une intelligence moyenne supérieure. Elle décrit son compagnon comme bizarre, dit ne pas voir les tourments des autres. La scolarisation de Jean lui paraissait importante. Elle vit dans un sentiment d’incertitude et d’insécurité. Elle développe de bonnes relations avec les services de l’enfance. Elle regrette de ne pas pouvoir plus s’occuper de son enfant."

"Son désir était d’être la meilleure possible dans la protection de son fils. Nous notons des troubles du discernement et du jugement. Elle estime ne pas être mêlée à tout cela. Elle a des capacités d’introspection limitée, dans une relation fusionnelle avec son fils. Elle ne présente pas de troubles du registre de la psychose. Elle ne désigne pas de persécuteur, elle indique une difficulté à être en confiance avec les autres".

"Dans l’attente de la procédure de l’intérêt de l’enfant il parait nécessaire de mettre en place un temps de deux heures tous les 15 jours pour favoriser la relation mère enfant".

"Petit à petit ils coupent avec leurs relations, leur famille"

"J’ai rencontré Mr Caouissin, le 19 octobre 2018", continue la psy.

"Il dit avoir une admiration pour son père, un homme droit. "Ma mère devient alcoolique après ma naissance". C’est sa sœur qui s’occupe de lui".

Hubert Caouissin lui fait le récit de sa scolarité puis de son parcours pro, sa maison, qu'il construit sur la même commune que ses parents, son burn out, la naissance de Jean, 

"Jean, va à l’école maternelle. Il fait des cauchemars morbides. La maitresse ne le soutient pas. Il déscolarise l’enfant et le cache à sa famille. Petit à petit, ils coupent avec leurs relations leur famille".

Il fait une tentative de suicide au début de son incarcération. Le médecin lui prescrit de l’Olanzapine et Havlane.

"Mr Caouissin s’enferme dans une stratégie d’isolement. Il développe des traits de caractères obsessionnel. Les idées de persécution se structurent autour de sa famille. Il ressent une aigreur, une rancune par rapport à ce qu’il aurait voulu réaliser. Il dit être très attaché à son fils et comprend mal cette séparation. Il ne remet pas en cause l’éducation et les faits sur Jean. Il ne sait pas pourquoi il a fait ce qu’il a fait".

S’il manifeste des troubles paranoïaques et obsessionnels, il ne présente pas de troubles schizophréniques

"Une incapacité à se remettre en question"

Selon la psy, Hubert Caoussin fait montre d'une "rigidité psychique, une incapacité à se remettre en question, un besoin de reconnaissance, un besoin de savoir et d’avoir une connaissance pure. Jusqu’ à faire apparaitre des troubles du discernement et du jugement. Il peut être soigné à long terme".

La présidente : "Vous êtes la seule à avoir rencontréles trois personnes. Qu’est ce qui a pu interagir dans le couple". "J’ai été frappé par le fait que le monde extérieur peut être hostile. Lui plus qu’elle. Il y a eu une période de déstabillisation autour de la naissance de l’enfant".

"On retrouve la même préoccupation avec Jean, l’extérieur leur en veut, l’extérieur leur nuit. Ils ne sont pas d’accord sur tout, divergences éducatives, mais se retrouvent dans cette peur de l’extérieur, à ce vécu de défaillance du monde extérieur à leur égard".

La présidente : "Vous est-il apparu que Mme Troadec était influençable ?", "Il y a un côté discret, effacé qui ne dit pas les choses, mais les fait".

"Vous dites que Mr Caouissin a mis de la distance avec la sphère du savoir"."Mr Caouissin a eu très tôt la conscience de l’injustice scolaire, il veut faire reconnaitre la valeur de son fils".

"Jean est son bras armé, il a réussi à lui faire sauter des classes"

"Non le délire envahit complétement le sujet"

Me de Oliveira : "Le sujet ne présente pas de délire paranoïaque constitué à propos de Mme Troadec". Le médecin : "Un délire paranoïaque constitué s’accompagne de la désignation d’un persécuteur qui polarise le ressentiment".

"Avez-vous noté dans les propos de Mr Caouissin un conflit à propos d’un trésor ?". "Absolument pas". "Vous indiquez qu’il n’existe pas de construction délirante". "C’est dans le même registre, ce qu'une personne attribue au système social, tout est prétexte à alimenter le délire. Le mécanisme psychique tourne autour de ces perceptions. Exemple, je vois une voiture rouge ce sont des gens malveillants".

L’avocate générale : "Mr Caouissin se plaint des enseignants des soignants, autant d’hostilité à l’égard de l’extérieur. Au sens courant on dit il est parano. Dois-je comprendre que ce n’est pas de la paranoïa ?", "Quand on est dans le délire paranoïaque on est dans la maladie". "Peut-on être paranoïaque dans un champ et pas dans un autre ?", "Non, le délire envahit complétement le sujet, sans distance critique par rapport son délire. La personne pense qu’elle est dans on bon droit, et tout justifie ses choix et son comportement".

"Son état ne va pas évoluer favorablement"

L’avocate générale : "Vous nous dites : Mr Caouissin n’est pas dans un délire psychotique, mais en même temps vous indiquez qu’il prend des médicaments dont vous nous dites qu’ils sont efficaces. Est-il difficile de traiter ces patients ? Que pensez-vous de l’arrêt de prise des médicaments comme l’indique Mr Caouissin ?".

Le médecin : "Il est très difficile d’arrêter le traitement. Il y a inégalité au traitement, selon les personnes ; Je trouve dommageable pour lui et sa santé d’avoir arrêté le traitement, par rapport à l’évolution de sa problématique. Les symptômes n’apparaissent pas immédiatement après l’arrêt, mais son état ne va pas évoluer favorablement".

16h25 Reprise de l’audience : Renée Troadec intervient en visioconférence.

La présidente : "Compte tenu du lien de parenté avec Pascal et Lydie vous devrez nous dire les choses avec franchise. Il ne s’agit pas de votre procès. Nous essayons de comprendre les choses".

Renée Troadec: "Mon fils et ma fille s’entendaient bien. C’étaient des enfants comme les autres. Ils s’amusaient. Et Pascal a rencontré Brigitte". "Brigitte était bien ?" "On s’entendait très bien oui. On les voyait pour Pâques, la Noël, on les voyait régulièrement".

"Vous pouvez nous parler de Sébastien de Charlotte ?"  "Ils étaient gentils". "Vous avez dit aux enquêteurs, qu’ils venaient tous les étés. Que vous alliez à la plage". "Oui c’est ça."

"Vous pouvez me parler de Mr Caouissin ?" "Il était sympathique. Il m’aidait à faire le terrain, moi je ne pouvais plus". "Avant le décès de Pierre ?" "Non après. "Ils s’entendaient très bien".

"Vous pouvez nous parler de la naissance de Jean ? Une pause. "Il avait du mal à téter sa mère". "Et après ?" "Le petit était toujours gai. Ils sont venus jusqu’en 2012". "Plus après 2013, pourquoi ?" "Ils voulaient aller se promener, les enfants voulaient voir d’autres paysages". "Après 2014 ils partaient tout le temps ?" "Sauf à la Noël".

"C’est mon mari qui a cassé un mur et qui soi-disant a trouvé de l’argent"

"La dernière fois c’était quand ?" "En 2014 je crois". "Savez-vous pourquoi ensuite ils ne venaient plus vous étiez fâchés ?" "On n’était pas si fâchés que ça". "On a trouvé un envoi recommandé, où vous dites que vous ne voulez plus le voir". "C’est possible, je ne me souviens plus".

"Vous vous souvenez d’une réunion en 2014 ?" "Il y avait beaucoup de cris". "Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y avait ?" Elle cherche. "Ils parlaient de 500 000 euros c’était super." "C’est Hubert ou Pascal ?" " Pascal !"

"Vous avez entendu parler de cette histoire d’or ?" "C’est mon mari qui a cassé un mur et qui soi-disant a trouvé de l’argent. Il l’a transporté à la maison. Je ne sais pas s’il y avait beaucoup d’argent. C’était en 2006." "Des lingots ?" "Oui". "Vous ne les avez pas vus ?" "Non, il les a mis dans le grenier, je ne peux pas monter à l’échelle".

Renée Troadec reprend : "Pascal et Brigitte y sont allés. Ils m’avaient demandé les clés". "Qui vous l’a dit ?" "Ben personne". "Comment pouvez-vous savoir que c’est eux. Quelqu’un vous l'a dit ?" "Non. J’étais à l’hôpital en 2010 après le décès de Pierre".

"On voyait son train de vie, il avait changé de voiture, il gagnait le smic". "Ils travaillaient tous les deux ?"  "Oui". "C’est pas Mr Caouissin qui vous a demandé si Pierre n’avait pas trouvé quelque chose dans l’immeuble ?". "Peut-être oui". "Ça vous gênait cet argent ?" "Non. On s’est dit que ça n’existait pas". "Quand ?" "En 2017". "Qui vous l’a dit ?" "Ceux qui s’en occupent ?"  "Que voulez-vous dire" Silence… "Les enquêteurs ?" "Oui".

"Hubert Caouissin s’occupait du jardin, il faisait aussi les comptes ?" "Non c’est moi qui m’occupait des papiers"

"On a retrouvé un document de 6 pages qui parle de l’or". "Oui… mais pas tant que ça ! 6 pages vous dites ?". La présidente lui lit le début de la lettre. "C’est vous qui écrivez ça". "Oui, pour me rappeler. J’écris comme ça".

"Quand Pascal vous envoie une carte postale, vous lui répondez ?" "Non". "Non ?" "On se parlait ensuite au téléphone".

"Que pensez-vous de tout ça ?" "Il aurait pas dû faire tout ça. Pascal disait du mal de nous. Il disait que sa sœur n’était pas sa sœur". "Mr Caouissin nous dit qu’il était sûr que Pascal avait volé le trésor ?" "Oui c’est possible ». Lydie écoute et regarde sa mère avec attention.

"Pascal vous aimait ?" "Un jour il m’a fait prendre un chemin caillouteux à la mer, j’aurais pu mourir !"

Vous êtes bien certaine qu’ils étaient là le 22 ?" "Je ne sais plus"

"Vous savez comment ils sont morts ?" "Oui c’est Hubert". "Pourquoi ?" "Il cherchait l’or". "Qu’avez-vous ressenti ?" "De la tristesse des regrets, du remords, du chagrin". "Pourquoi ne vous êtes-vous pas constituée partie civile ?" "Je ne sais pas".

Me Pacheu : "Quand on apprend que Pascal, Brigitte et les enfants ont disparu vous avez regardé la télé, internet, les policiers viennent chez vous, ils cherchent Lydie, Hubert ?" "Oui, le mercredi ils viennent manger à la maison. Le petit va au foot". "Le 22 févier aussi ?" "Oui, ils venaient le mercredi. Après ils ne venaient plus. Le 22 ou le"… Elle ne sait plus. "Ils déposaient Jean des fois ?" "Oui une fois". "Fin février ?" "Non je ne sais plus".

"Vous ne vous êtes pas portée partie civile avec les membres de la famille de Brigitte Troadec. Vous savez ce que ça veut dire ?" Elle ne répond pas.

Me Cabioch : "Tous les mercredis, Lydie, Hubert et Jean viennent manger chez vous". "Oui le petit va faire son sport, Hubert s’occupe du jardin. Ils repartent à leur maison vers 6 heures".

"Le 22 févier, c’est entre la date des faits et la première garde à vue le 25 février. Vous êtes auditionnée le 26, vous n’en parlez pas de ce déjeuner. Vous en reparlez le 5 mars aux policiers. Vous êtes bien certaine qu’ils étaient là le 22 ?" "Je ne sais plus". "Il se trouve que ce jour-là Hubert a été pris en photo à la station du Fou, il ne peut pas être chez vous à midi ?" "Je ne sais plus".

17h00. La présidente : "Nous avons terminé avec les questions au revoir Madame".

"Madame Traodec, vous avez vu votre mère… " "Une partie de ce qu’elle dit est vrai, pour l’annonce de l‘or, elle a des problèmes de mémoire et ne trouve plus ses mots. Ça a commencé en 2017, elle a eu la légionellose, elle a fait une chute. Puis un AVC par la suite".

"Comment vit-elle les choses ?" "Mal, c’est douloureux, elle ne l’exprime pas". "Quand elle dit que Pascal ne l’aimait pas beaucoup ?" "Je ne sais pas vraiment".

La présidente : "Votre frère est mort, vous ne vouliez plus le, les voir. On dirait que ça ne vous touche pas plus que ça ?" "Je n’ai pas bien compris à l’époque, je suis passée à côté de tout je n’ai rien saisi". Sa voix tremble.

"Vous avez mandaté Hubert ? Quel était ce mandat ?" "C’est Hubert qui mandatait. C’est lui qui prenait les décisions à ma place. À un moment Pascal est devenu en colère. Hubert est passé à Orvault. Il a vu les enfants. Il a laissé un message : magot égal photo. Pascal parlait ensuite de bande de cons. Ensuite Brigitte a dit qu’elle était d’accord pour négocier".

"J’ai fait ce que Hubert m’a demandé de faire"

Me de Oliveira : "Mme Traodec, c’est vous qui décidez d’enregistrer la réunion du 5 juillet 2014". "Non, mais c’est moi qui le fait. Comme j’avais été harcelée au travail pour les prud’hommes, Hubert avait eu cette idée."

"Lors de la réunion Hubert parle d’une somme d’argent… " "J’ai du mal à comprendre". "Est-ce que vous pensez que l’objectif était de rompre les liens entre Pascal et votre mère ?" "C’est possible, je ne peux pas l’écarter".

"Pourquoi être allé déposer la voiture à Saint-Nazaire ?" "Je ne sais pas où on va. C’est Hubert qui a voulu. En arrivant à Saint-Nazaire dans le talkie il m’a dit qu’on ferait croire à un départ en bateau". "Vous y avez cru ?" "Pas vraiment".

"Le médecin nous a dit tout à l’heure que vous aviez une intelligence supérieure. Or, vous ne posez jamais de questions, vous ne laissez pas de traces dans la voiture cependant".

"Hubert m’a dit de prendre des gants, je ne suis pas dans cette histoire d’ADN"

"Vous avez peur de tuer quelqu’un"

"Quand le policier vous interroge à la première garde à vue sur ce que vous avez fait les jours précédents, vous répondez la routine. La route plutôt !" "J’ai fait ce que Hubert m’a demandé de faire." "Vous avez menti au policier". "J’en ai honte". "Quand on vous interroge, vous auriez pu tout dire aux policiers." "Je ne l’ai pas fait." "Mais enfin, vous ne doutez pas que cela va mal tourner, vous êtes dans le crime parfait ?" … Pas de réponse. "Vous allez me dire que vous ne savez pas qui est Dupont de Ligonnès !" "Je ne sais pas, j’ai pas la télé".

La présidente : "Je vais vous faire écouter un enregistrement de 2014."

"Dites les garçons"… On entend des conversations indistinctes… Une voix d’enfant… Puis plus clairement : "Je m’en fous il y a une loi… c’est un quartier de connards ici… il n’y que moi qui suis emmerdé par le bruit… quand moi je suis réveillé je vais faire des concerts de bruits, j’attends que la justice me dise que j’ai tort, je vais casser la gueule de quelqu’un très vite, je suis calme là, quand il y a un truc qui m’énerve, je monte d’un cran… Tu devrais aller à la médecine du travail, pour avoir un certificat, ils vont envoyer des experts eux… Je vais faire mon recommandé bientôt, le tribunal dira… Si t’as plus de salaire, je veux que la justice me dise que XXX m’emmerde, les cassos m’emmerdent, les sectes m’emmerdent, un mec au téléphone m’emmerde, tu dis au revoir à mamie", dans la même phrase !

La présidente : "Ces propos ont été enregistrés durant votre burnout, vous avez fait des enregistrements chez votre généraliste, chez votre psy vous lui dites que vous avez peur de tuer quelqu’un". "Oui, il me prescrit du Xanax et je dors mieux". "Vous n’avez pas pensé que vous êtes seul à entendre les bruits ?" "Non, il y a des moteurs, mais qui n’empêchent pas Lydie de dormir".

La présidente : "Je vais suspendre les débats, reprise demain à 9h00".

Hubert Caouissin est accusé de "meurtre précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime" et "atteinte à l'intégrité de cadavres". Lydie Troadec, son ex compagne, comparaît pour "recel de cadavres" et "modification des preuves d'un crime".

Au premier jour du procès, mardi 22 juin, Lydie Troadec a décrit à la barre le contexte d'une haine familiale ancienne et mystérieuse entre elle et son frère Pascal, au premier jour du procès du quadruple meurtre de la famille.

Mercredi 23 juin, c'est la vie d'Hubert Caouissin qui a été examinée. "Compulsif", "obsessionnel" et volontiers paranoïaque, Caouissin, toujours "ancré dans le passé" et convaincu de l'existence du "magot" qui l'a conduit au quadruple meurtre de la famille Troadec.

Jeudi 24 juin, la personnalité des quatre victimes a été évoqué. Une journée riche en émotions avec les témoignages notamment des soeurs de Brigitte Troadec.

Vendredi 25 juin, la journée a été consacrée aux témoignages des enquêteurs. L'un des enquêteurs a décrit un homme au comportement "étrange" et particulièrement "volubile" lors de sa première garde à vue alors que l'on était sans nouvelle desquatre membres de la famille Troadec.

"Je pensais qu'ils étaient assommés" : la cour d'assises de Loire-Atlantique a tenté lundi 28 juin de comprendre "l'état d'esprit" dans lequel Hubert Caouissin se trouvait, la nuit du quadruple meurtre de la famille Troadec, en février 2017, pointant les nombreuses incohérences dans le récit principal accusé.

Mardi 29 juin, la parole a été donnée aux experts qui sont intervenus sur cette enquête. Tout au long de cette sixième journée de procès, les experts se sont penchés sur
les détails macabres de ces meurtres motivés, selon l'accusé, par l'existence d'un "magot" familial que le couple Troadec aurait dissimulé à son détriment.

Mercredi 30 juin, les experts se sont une nouvelle fois succédé à la barre. Hubert Caouissin a de nouveau été entendu.

Le procès des deux accusés se tient aux assises de Loire-Atlantique à Nantes jusqu'au 9 juillet prochain.

Hubert Caouissin, 50 ans, comparaît depuis le mardi 22 juin et pendant trois semaines devant la cour d'assises de Loire-Atlantique. L'ancien ouvrier chaudronnier de l'arsenal de Brest encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 
    
Lydie Troadec, 51 ans, comparaît libre. Elle encourt trois ans de prison et 45 000 euros d'amende pour modification de scène de crimes et recel de cadavres.

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