Affaire Troadec : reconstitution la nuit dernière dans la maison familiale d'Orvault, près de Nantes

L'arrivée d'Hubert Caouissin à Orvaiult devant le domicile familial de la famille Troadec, 29 avril 2019 / © Eléonore Duplay, France 3 Pays de la Loire
L'arrivée d'Hubert Caouissin à Orvaiult devant le domicile familial de la famille Troadec, 29 avril 2019 / © Eléonore Duplay, France 3 Pays de la Loire

Une reconstitution au domicile de la famille Troadec à Orvault, en présence d'Hubert Caouissin, assassin présumé de la famille, a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, afin d'éclaircir les zones d'ombre dans cette affaire.

 

Par FB avec AFP

Que s'est-il passé au domicile des Troadec, tués le 16 février 2017 à Orvault, près de Nantes ? Une nouvelle reconstitution a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi  pour tenter de répondre à cette question.Lundi soir, un périmètre de sécurité a été installé par la police autour du domicile des Troadec, une maison pavillonnaire blanche entourée d'un petit jardin, dans un quartier résidentiel d'Orvault. Une dépanneuse a amené la Peugeot 308 du fils Troadec, qui aurait servi au suspect à transporter les corps.
La 308 Peugeot de Sébastien Troadec, amenée à Orvault sur les lieux du crime, le 29 avril 2019 / © France 3 Pays de la Loire
La 308 Peugeot de Sébastien Troadec, amenée à Orvault sur les lieux du crime, le 29 avril 2019 / © France 3 Pays de la Loire
Le suspect, Hubert Caouissin, mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Nantes, est, quant à lui, arrivé à 20h49 à bord d'un fourgon blanc rue d'Auteuil à Orvault. La reconstitution a duré jusqu'à deux heures du matin.

Cinq heures au cours desquelles  le suspect a dû montrer les gestes qui l'ont conduit, il y a deux ans, à tuer son beau-frère Pascal Troadec, son épouse Brigitte, 49 ans, ainsi que leurs enfants Sébastien (21 ans) et Charlotte (18 ans), dans leur pavillon.

"La reconstitution est un moment d'instruction très important qui a permis de conforter les convictions des parties civiles", a déclaré Maître Cécile de Oliveira, l’avocate des deux sœurs et de la mère de Brigitte Troadec, à l'issue de celle-ci, "les éléments du dossier permettront, je pense, d'asseoir, sans difficulté, la question de la prémédition".

"Les explications qu'(Hubert Caouissin) donne pour dire dans quelles conditions il arrive et dans quelles conditions les choses se passent (...) démontrent qu'il n'y a aucune préméditation", a estimé, de son côté, Thierry Fillion, l'avocat du suspect.
 

"A ce jour, nous ne connaissons pas l'arme du crime"


"Nous espérions obtenir des réponses de la part du mis en cause, mais malheureusement j'ai l'impression qu'il ne souhaite pas nous dire exactement ce qu'il s'est passé dans cette maison cette nuit-là", a précisé Olivier Pacheu, également avocat des parties civiles, "M. Caouissin a donné une version, nous sommes libres de la croire ou de ne pas la croire, au regard des éléments matériels qui sont au dossier".

"Hubert Caouissin était assez angoissé quand il est arrivé"
sur les lieux de la reconstitution, a expliqué Thierry Fillion, mais "il a été extrêmement coopératif comme depuis le début de cette affaire, de son interpellation (...) Il s'est prêté à toute la reconstitution, comme les juges le souhaitaient", a souligné l'avocat.

"M. Caouissin a été coopératif comme toujours et a répondu à toutes les questions", a également déclaré Loïc Cabioch, l'avocat de Lydie Troadec, compagne du suspect mise en examen pour "modification de l'état des lieux d'un crime" et "recel de cadavres". Sous contrôle judiciaire, elle n'avait pas été convoquée sur les lieux mais son conseil a assisté à la reconstitution. 

Etaient présents lundi soir, en plus de la police judiciaire et des avocats des différentes parties, Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, et Charlotte Gazzera, procureure en charge du dossier, ont participé à cette étape cruciale de l'instruction.

Hubert Caouissin, ancien ouvrier d'État de l'arsenal de Brest, sans antécédent judiciaire, a reconnu avoir tué à coups de pied de biche Pascal Troadec, son épouse Brigitte et leurs enfants Sébastien  et Charlotte.

"A ce jour, nous ne connaissons pas l'arme du crime" - Cécile de Oliveira, à l'issue de la reconstitution

"Ce n'est pas forcément le pied de biche et je pense, pour ma part, que, très probablement, Hubert Caouissin a un intérêt à dire et redire qu'il s'agit d'un pied de biche", a précisé Cécile de Oliveira.

Le 3 avril dernier, des fouilles ont eu lieu dans la ferme de Hubert Caouissin à Pont-de-Buis dans le Finistère, sur le vaste terrain marécageux où le prévenu dit avoir dispersé les restes de la famille Troadec.
En 2017, les enquêteurs avaient retrouvé des restes humains appartenant à Pascal Troadec, son épouse Brigitte, et leurs deux enfants, mais aucune trace  des crânes de la famille. La découverte d'ossements permettrait d'étayer ou non le récit d'Hubert Caouissin, qui dit avoir tué la famille à coups de pied de biche, pour se défendre après avoir été surpris en train de les espionner à cause d'une vieille rancune sur fond de guerre d'héritage.

 

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