Coronavirus et confinement : à Nantes, notre état d’esprit intéresse les chercheurs

Comment vit-on le confinement ? Quels sentiments provoquent l’évocation du Covid-19 ? Comment réagissons-nous familialement, socialement ou politiquement à cette pandémie ? Des universitaires nantais attendent nos réponses.
 

Des chercheurs nantais ont lancé une étude en ligne sur notre état d'être en cette période de crise.
Des chercheurs nantais ont lancé une étude en ligne sur notre état d'être en cette période de crise. © S.Gadet/France 3 Pays de la Loire
Ils sont six chercheurs universitaires du laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire à avoir élaboré une série de questions pour mieux sonder notre état d’âme.

Une enquête d’envergure nationale à laquelle, espèrent-ils, le plus grand nombre répondra.

"Nous nous intéressons aux répercussions psychologiques engendrées par la crise du Covid-19. La perception du virus fait-elle augmenter le stress, l’anxiété ? Dans quelle mesure n’entraine-t-elle pas des comportements irrationnels ? Voilà le type de problématique auquel nous souhaitons nous confronter" explique Abdel Halim Boudoukha, enseignant et chercheur en Psychologie Clinique et Pathologique.  

Une recherche maintenant…pour l’avenir

Ce projet de recherche vise à évaluer les effets de la crise sanitaire, non seulement sur le vécu affectif quotidien mais aussi sur les caractéristiques des comportements liés au confinement.

"Notre objectif est de comprendre les différences individuelles dans la manière dont les personnes perçoivent le risque engendré par la situation. L’idée est d’analyser la perception du risque liés au COVID-19 et ses  conséquences sur le plan émotionnel tout en s’intéressant aux effets sur nos comportements individuels et sociaux", poursuit Abdel Halim Boudoukha.

Ces chercheurs ont été interpellés par les comportements des consommateurs dès les premiers jours du confinement, voire avant même qu’il ne soit promulgué.

"Très vite, on a vu des comportements centrés sur la compétition s’exprimer, avec des gens qui constituaient des stocks de peur de manquer, précise Abdel Halim Boudoukha. Peut-être que cela va évoluer vers plus de solidarité une fois que la situation sera stabilisée…ce qu’il faut c’est se donner du temps pour analyser ces attitudes et comprendre ce qu’elles revêtent ".

C’est pour cela que cette enquête sera menée tout au long de la crise.
Les participants seront en effet recontactés et sollicités pour remettre leurs informations émotionnelles à jour, dans l’anonymat le plus strict bien sûr.

Si le nombre de réponses au questionnaire est significatif, cela permettra à terme, selon le Professeur Boudoukha  "de mieux comprendre les vecteurs (cognitifs, émotionnels et sociaux) des comportements inadaptés que la situation de crise du COVID-19 a pu enclencher ainsi que les phénomènes d’emballement émotionnel en jeu dans ce type de situation sanitaire. Ainsi nous serons en mesure d’anticiper les enjeux des communications médiatiques et politiques d’une telle crise".  

"Ce n’est pas une recherche intello, ou d’intellos"

"Cette étude pourrait conduire à donner des préconisations sur la diffusion de l’information dans les médias en situation de crise sanitaire exceptionnelle mais également sur  la prise en charge et l’accompagnent de publics fragilisés face à ce type de crise", poursuit l'enseignant-chercheur nantais.

Afin de mieux saisir les contours de cette crise et ses conséquences, toute personne de plus de 18 ans résidant en France est invitée à se sur le site de l'étude et à répondre à une trentaine de questions.
En cette période de confinement, notre état d’esprit intéresse les chercheurs
En cette période de confinement, notre état d’esprit intéresse les chercheurs © DR
Pour que la photographie de nos états personnels et sociétaux soit la plus nette possible, encore faut-il que toutes les catégories sociales participent à cette enquête. Pour l’instant, 2 300 personnes ont accepté de répondre aux questions.

"Ce n’est pas une recherche intello, ou d’intellos mais c’est une façon de permettre à chacun de s’exprimer pendant cette crise", conclut Abdel Halim Boudoukha.
 
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