Coronavirus : une Nantaise, malade au long cours du covid, interpelle médecins et autorités de santé

Une Nantaise souffrant de douleurs et d'affections post covid recherche un suivi médical, et fait remarquer l'absence de prise en compte par le système de santé publique des difficultés rencontrées par les personnes dans sa situation, avec d'autres personnes, elle interpelle les pouvoirs publics.
 Cette image de microscope électronique à balayage montre le SARS-CoV-2 (jaune), également connu sous le nom de 2019-nCoV
Cette image de microscope électronique à balayage montre le SARS-CoV-2 (jaune), également connu sous le nom de 2019-nCoV © MaxPPP
Nous l'appelerons Dominique, par souci de confidentialité, Dominique souffre depuis plusieurs mois de douleurs principalement situées dans le dos, la nuque, de fourmillements et d'une sensation de brûlures aussi.

Jusqu'à présent tout allait bien pour cette mère de 3 enfants, chargée d'affaires dans un établissement bancaire. C'était au temps d'avant, avant l'apparition du covid-19 qui est entré dans sa vie en contaminant d'abord son mari.
 

Fin mars le covid entre dans la maison 

"Fin mars, mon conjoint présentait les symptômes cliniques du covid, le médecin de la famille a soigné le malade et placé la famille en quarantaine. Au bout de 10 jours, mon mari allait mieux et c'est moi qui suis tombée malade. Sans essoufflement, mais avec de la toux et des douleurs thoraciques, au 15 on m'a dit que je n'entrais pas dans les critères covid. Mon médecin généraliste suspectait que si !"

Le temps d'après laisse Dominique le corps douloureux, elle entame alors un parcours du combattant médical pour tenter de trouver une explication à sa souffrance, et la soigner !

Au bout d'un mois et demi, les fourmillements augmentant, le généraliste prescrit un test PCR qui se révèle négatif. Dominique voit un neurologue qui effectue un myogramme qui ne montre rien d'anormal. 
 

"Prenez un anxiolytique"

"Mon médecin m'a envoyé à la clinique Brétéché, spécialisée dans le traitement de la douleur. On m'a reçue, écoutée, j'y ai pris un traitement durant 5 jours qui a fait effet sur la partie haute du corps, pas sur le bas. Puis on m'a laissée sortir sans suivi rapproché".

"Je suis allée ensuite au CHU de Nantes", dans le service de médecine interne du professeur Hamidou, "là j'ai senti une très bonne écoute, ils ont passé du temps, fait venir un algologue".

L'algologue lui prescrit un traitement plus puissant que celui de la clinique, mais avec des effets secondaires d'endormissement.

Au début on m'a dit, vous êtes anxieuse, prenez un anxiolytique ! Puis j'ai aussi entendu parler de fibromyalgie... Mais personne ne sait répondre aux questions, personne ne suit les malades post-covid.
Dominique, malade du covid


Pas de test PCR positif, pas de maladie !

Malade post-covid. Cet état resterait à démontrer pour les médecins. Car au moment de la rencontre avec le virus, il n'y avait pas de tests PCR. Et donc pas de diagnostic avéré du covid-19... Pas de traces... pas de maladie !

Dominique est en arrêt de travail depuis 5 mois, traine sa souffrance et ses questions de cabinet médical, en cabinet médical, et se tourne vers les réseaux sociaux pour s'apercevoir que de nombreuses personnes se trouvent dans une situation similaire.

"Qui suit ces personnes post-covid ? Pourquoi le CHU de Nantes, par exemple, ne crée pas un un groupe de travail, un service ? J'ai entendu parler du professeur Salomon à Paris qui travaillerait sur ces questions".

L'algologue du CHU a prescrit un traitement anti-douleur, Dominique a rendez-vous avec un autre algologue en ville en septembre. "Mon généraliste n'a plus de solution pour moi !"
 

Toujours pas de prise en compte des covid au long cours

Pourtant ministre et autorité de santé sont avertis de cette situation qui touche nombre de personnes.

Dès le début du mois de juin, un collectif d'un millier de malades post-covid, le Collectif des malades du Covid-19 au long cours, a publié une tribune pour demander des actions coordonnées de la part des autorités de santé sur les questions de fatigue persistante et invalidante.

Sans réponse pour l'instant, alors que les médecins savent depuis les infections du SRAS et du MERS, que des séquelles graves persistent plusieurs années.
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