Coronavirus : le ramadan débute dans un contexte de pandémie de covid-19

Après les Pâques chrétienne et juive, le ramadan, mois de jeûne et de prière, débute à son tour vendredi sous le signe du confinement pour des centaines de millions de musulmans dans le monde, privés de mosquées et de réjouissances familiales. Exemple à Nantes.
C'est dans un contexte de pandémie de coronavirus que le mois du ramadan commence ce vendredi 24 avril. Une situtation inédite pour la communauté musulmane. D'autant que la religion ne supporte aucune innovation. Seule la tradition prévaut.

"Il n'y a que la prière du vendredi de l'imam qui transmise en live via les réseaux sociaux", explique Bachir Boukhzer, le recteur de la mosquée Assalam à Nantes.

La crise sanitaire actuelle ne devrait pas trop impacter le ramadan. "Le jeûne s'exerce individuellement. Il faut s'abstenir de manger, de boire et de tout rapport charnel. Le confinement ne change pas grand chose, au contraire il est presque recommandé. Il est bon de s'écarter de tout ce qui peut distraire, de prendre du temps pour lire le coran, pour méditer, faire des invocations", explique le recteur.

Les dix dernières nuits du mois de Ramadan, on les passe dans les mosquées, confinés. Dans la dernière décade, il y est conseillé de ne plus sortir du tout. En fait, le confinement c'est l'occasion de faire un Ramadan encore plus efficace - Bachir Boukhzer

L'activité qui va manquer aux fidèles, ce sont les prières nocturnes. Ce moment de partage où les familles se retrouvent à la mosquée avec les enfants, en apportant de quoi se restaurer, ou de l'argent pour les plus démunis. "Les gens peuvent le faire en privé, on peut aussi donner de chez soi. C'est aussi une récompense", précise le recteur.  

"La vie est sacrée"

La fête de fin du Ramadan qui doit avoir lieu le 24 mai, elle, semble compromise. Elle devra probablement être célébrée de façon individuelle.

"La décision ne nous appartient pas, elle dépend des autorités politiques. Mais nous jugerons par nous même s'il est possible ou non de l'organiser. Nous avons fermé les mosquées de Nantes deux jours avant l'annonce officielle du confinement par le président de la République. Là encore nous apprécierons la siuation à la fin du moi de mai" précise Bachir Boukhzer.


Certaines mosquées de la ville de Nantes ne rouvriront pas le 11 mai. "Nous n'exposerons personne au moindre danger. La vie est sacrée, elle passe avant tout. On ne peut pas pour une activité cultuelle risquer la vie des gens", conclut le recteur de la mosquée Assalam.
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