Affaire Troadec à Nantes : 4e jour du procès de Hubert Caouissin et Lydie Troadec

Ce vendredi, le procès de Hubert Caouissin et Lydie Troadec se poursuit à Nantes aux Assises de Loire-Atlantique. La journée sera consacrée aux témoignages des enquêteurs.

Le procès d'Hubert Caouissin et Lydie Troadec se tient aux assises de Loire-Atlantique à Nantes jusqu'au 9 juillet 2021
Le procès d'Hubert Caouissin et Lydie Troadec se tient aux assises de Loire-Atlantique à Nantes jusqu'au 9 juillet 2021 © Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Les audiences ont repris ce vendredi 25 juin aux assises de Loire-Atlantique à Nantes, pour une journée consacrée aux témoignages des enquêteurs.

9h10 : l’audience est ouverte

La présidence appelle Laurent Landrain, enquêteur à la section criminelle de Brest. Il livre son témoignage : 

" Le 24 février 2017, nous été sollicités par la police de Nantes, pour vérifier des informations à la disparition de Brigitte et Pascal Troadec. Nous avons pris contact avec les soeurs de madame Troadec. Elles nous ont indiqué cette histoire d’or, totalement farfelue de leur point de vue.


La CAF nous a indiqué que Hubert Caouissin résidait à Plouguerneau et madame Troadec à Pont-de-Buis. La maison de Plouguerneau était inhabitée depuis plusieurs mois. Nous avons rendu visite à madame Caouissin également à Plouguerneau.


Nous sommes allés à Guipavas chez madame Renée Troadec pour effectuer une vérification. Sans plus de résultats. Une surveillance discrète de la maison de Pont-de-Buis ne donnait rien.


Nous avons pris contact avec monsieur Caouissin et madame Troadec en fin de journée. Ils sont venus vers 22 heures. Ils ont été placés en garde à vue le 24 février au soir. Il nous a indiqué être technicien à l’arsenal de Brest, un salaire de 3200 euros, un avoir bancaire de 100 000 euros.

Il a indiqué souffrir d’une dépression liée à une hyper sensibilité aux basses fréquences. Il avait repris à mi-temps en 2016. Il a indiqué s’occuper de la ferme de Pont-de-Buis, et de la scolarisation de son fils. Il nous a dit ne pas avoir bougé de la ferme, juste avoir fait le plein de sa voiture au supermarché local.


Il a évoqué l’existence de ce trésor en or. Pierre Troadec aurait indiqué disposer de pièces d’or qu’il partagerait. Monsieur Troadec est décédé sans le faire.

Il a procédé à des fouilles dans le grenier, madame Troadec confirme alors la découverte des pièces.


Sur la disparition de la famille, il évoque la possibilité d’un voyage. On lui a fait écrire une phrase correspondant à un manuscrit trouvé à Orvault, il a aussitôt reconnu une phrase adressée aux Troadec.


Nous avons visité la maison de Plouguerneau, des année 1990, pas terminée ou abandonnée. Nous avons fouillé son Audi A4. Sans résultat. La perquisition de la ferme de Pont-de-Buis a permis de saisir tous les ordinateurs, un véhicule Ducato au volant moisi. Nous avons fouillé la Corsa de madame Troadec sans résultat. De même pour tous les bâtiments en plus ou moins bon état dispersés sur la propriété"

Pendant toute la déposition, Hubert Caouissin, chemise bleu indigo, regarde le sol. Lydie Troadec, chemisier blanc, regarde attentivement l’enquêteur. 

Une seconde audition se déroule le lendemain 25 févier à 16h. Laurent Landrain raconte :

"Le 30 juin 2014, il a expliqué qu’il voulait provoquer une réaction de la part de Brigitte et Pascal Troadec. Il donne une explication de leur disparition, dans un premier temps il évoque la possibilité d’un voyage, il est volubile en général, moins disert sur cet aspect des choses. Il évoque la possibilité d’un trafic de stupéfiants. Pure élucubration.

Il nous dit aussi, ils sont partis, à leur place je serais parti refaire ma vie ailleurs. En permanence, il revient sur cette question d’un vol de trésor."

La présidente réplique : "Vous lui faites part de la découverte de traces de sang".

L'enquêteur indique "Il répond qu’il y a eu un malheur, il ne voit pas qui a pu leur en vouloir. Il a toujours été coopératif, volubile, il parle sans cesse, rebondit sur cette histoire, ajoute des détails. Il avait un comportement étrange pour une personne placée en garde à vue pour assassinat, il ne montre pas d’angoisse. Il a un sanglot très vite réprimé quand on lui annonce la levée de sa garde à vue. Il se comporte comme un auxiliaire de justice".

Il avait un comportement étrange pour une personne placée en garde à vue pour assassinat, il ne montre pas d’angoisse.

Laurent Landrain, enquêteur

Il n’y a pas eu d’examen médical ?, questionne la présidente.

L'enquêteur répond : "Monsieur Caouissin n’avait que sa carte d’identité sur lui, nous avons procédé à sa fouille de sécurité. Je n’ai constaté aucune trace de coups, seulement deux petites traces sur le front attribuée au jardinage".

"Dans la maison de Plouguerneau, on a trouvé des traces de pique-nique. Des matériaux de chantier, pas d’ordinateur". "Les ordinateurs ont été trouvés à la ferme. Il y a des ronciers énormes, 50 mètres sur 50, plusieurs mètres de haut".

"Avec trois enquêteurs nous avons investigué les bâtiments avec madame Troadec, nous sommes allés un peu plus loin dans les prés. On cherchait de la terre retournée, pas des lambeaux de corps. Il y avait aussi des conditions climatiques très mauvaises, j’ai failli laisser mes chaussures dans la boue"

"Si ces morceaux existaient, vous n’avez pas pu les voir". "À ce moment je n’ai rien pu voir. Je ne sais pas s’ils étaient déjà là. Quand j’ai repris la garde à vue, monsieur Caouissin avait changé de visage, il avait le visage marqué comme brûlé".


Me de Oliveira : "Est-ce que l’on peut s’arrêter sur le pont de l’Iroise ?"

"De mémoire oui, il y a une bande d’arrêt d’urgence". "Vous avez évoqué une rivière à Pont-de-Buits". "La Dauphine, une rivière soumise aux marées, marécageuse, envahie de roseaux". "Que voit-on de la maison ?"  "Des prés, des bois, de chemins de départs vers la forêt. C’est un terrain en pente et une colline difficile d’accès".

Elle poursuit : "Monsieur Caouissin prend un antidépresseur léger, du Séroplex un antidépresseur léger, qu’il prend irrégulièrement.F " "Je pense qu’il voulait dire qu’il était en voie de guérison".

" Il vous dit que nous avons un dossier à propos du trésor découvert durant les travaux de la rue Legendre, que nous avons l’intention de remettre à Tracfin ". "Oui, il nous dit que c’est en 2014, Renée l’appelle en pleurs pour lui en faire part, il précise par ailleurs, Charlotte disant on est riche on est riche".
L’avocate générale : "Vous êtes enquêteur depuis 18 ans On peut penser que vous procédez à beaucoup de gardes à vues, comment avez-vous perçu monsieur Caouissin ". "Je ne me souviens plus ". "Je m’en souviens, vous m’avez dit, j’ai entendu le tonton original". "Oui la maison de Plouguerneau à moitié abandonnée, la ferme impossible à entretenir pour un couple, le type hyper-coopératif, un petit passif psy, cette histoire de trésor, je l’ai trouvé bizarre, marginal".

"Vu ce qu’il vous raconte, la faune la flore locale". "Je ne me suis pas dit c’est lui, mais quand même ".


Me Larvor : "Est-ce habituel que des gardés à vue soient volubiles ?"

"Il était extrêmement volubile, coopératif, c’était étrange, je n’ai pas vu de phase où il était dans l’anxiété, la rancoeur. Il ne perdait pas patience".
"Quand vous posez la question des conflits avec Pascal Troadec… "  "C’est lui qui me parle de l’or".


Me Pacheu. "De quoi vous parlait-il ?" 

"De tout, il voulait peut-être nous impressionner par une culture générale étonnante. En passant devant une église par exemple, il nous en racontait l’histoire. Il avait des connaissances sur tout. Ça nous a paru étonnant ces discussions".
"On peut s’arrêter sur le pont de l’Iroise ?" "Oui, il y a un parapet, enjambé de temps en temps par des personnes qui se suicident".


Me Méchineau. "Monsieur et madame Troadec sont officiellement domiciliés à Plouguerneau et Pont-de-Buis, ils ne cachent pas leur adresse". "Les soeurs mesdames Solivares indiquent un homme intéressé par l’argent. Ils tiraient le meilleur profit de la CAF".

10h20. La présidente fait entrer le major Yvan Pouliquain, de la police criminelle.

"Le 24 février 2017 nous avons auditionné madame Troadec qui a demandé la présence d’un avocat. Elle nous parlé de sa vie, de sa rencontre avec Hubert Caouissin, de la naissance de son fils, de sa maladie. Très vite elle nous a parlé du conflit avec son frère. De la présence de pièces d’or, de lingots. Elle situe cela en 2014. Pascal aurait pris cet or en 2008. Elle indique une réunion de famille où tout le monde s’est énervé, dont Pascal essentiellement. Pascal n’aurait pas irréfuté avoir volé de l’or. Hubert était en congé à ce moment-là. Les 16 et 17 février, ils ont fait des travaux d’élagage, une visite chez sa mère à Guipavas. 


J’ai fait une exploitation de son téléphone cellulaire, de sa fadette de février. Elle l’utilise peu. En journée il est coupé, elle téléphone essentiellement à sa mère. En sa présence j’ai trouvé un SMS de Pascal en août 2015, qu’il s’était déplacé à la gendarmerie pour savoir s’il y avait une procédure en cours. Ce n’était pas le cas. Il ajoutait que Hubert devait se faire soigner.

On fait la fouille de l’Audi, passé des produits pour chercher des traces de sang. On a deux méthodes, en passant une lumière et on voit si des taches apparaissent, on passe également du Blue Star, on pulvérise le produit, on met le véhicule dans le noir et on attend un peu. Il n’a avait aucune trace.
On a fait les mêmes vérifications dans le fourgon Ducato délabré. Il y avait beaucoup de tapis, on les a tous faits les uns après les autres, sans résultat. On a fait aussi la voiture Corsa, sans résultat. Aucune des voitures ne semblait avoir l’objet d’un nettoyage récent.
On a fait un prélèvement de salive. Nos collègues de Nantes voulaient des précisions sur l’or. Elle nous précise que c’est son père qui en fait état le premier. Personne n’a jamais vu l’or, mais tout le monde en parle. Lydie Troadec indique que son père est décédé en 2009, il leur avait dit peu avant on sera riches, on payera l’impôt sur la fortune. On a mis fin à sa garde à vue."


La présidente : "Il a été procédé à une fouille sur madame Troadec, c’est elle qui conduisait jusqu’au commissariat ?" "C’est elle qui a dû conduire, nous lui avons laissé un message, nous pensions qu’ils habitaient à Guipavas. Elle a appelé vers 21h, disant que Hubert était déjà en route, indiquant devoir laisser son fils chez sa grand-mère. Ils sont arrivés ensemble, cela ne nous a posé de question."


"Elle vous dit que les Troadec aiment les voyages, Andorre, Espagne, Irlande. Elle vous dit que Pascal nourrit une jalousie maladive à son égard ". "Lydie était paniquée, perdue, stressée d’être en garde à vue, elle tremblait. On a tenté de la rassurer, c’est quelque chose de compliqué. Elle a pu discuter avec son conseil, que l’on connait, une personne rassurante. Elle a passé une nuit à la seconde audition, dans une geôle ou il y a des cris, des allées venues. Elle m’a dit monsieur Pouliquain, c’est dur cette garde à vue.

On la voyait voutée, le regard fuyant, on a compris que c’était Hubert Caouissin qui décidait de tout. Elle a beaucoup pleuré quand on l’a laissée partir. À chaudes larmes durant plusieurs minutes. Elle a passé un mauvais moment assurément en notre compagnie. Il n’y a eu aucun incident. Elle ne nous en voulait pas."

Rétrospectivement c’est difficile, sur le ressenti, je l’aurais vue non coupable. C’était fluide. Elle n’a pas simulé ses pleurs.

Yvan Pouliquain, enquêteur


"La difficulté en garde à vue, est de se dire la personne nous ment ou pas. On peut toujours se faire avoir, il y a des gens très forts pour ça. Rétrospectivement c’est difficile, sur le ressenti, je l’aurais vue non coupable. C’était fluide. Elle n’a pas simulé ses pleurs. On avait moins de question concernant Lydie. Elle a joué le rôle classique d’une personne entendue dans une garde à vue pour des faits graves."


Me de Oliveira : "Vous dites que Lydie Traodec évoque la routine habituelle, or elle vient de perdre quatre personnes de sa famille depuis une semaine". "Oui elle ne manifeste rien".

Dans son box Lydie Troadec regarde l’enquêteur fixement.

Me Méchineau : "Vous mentionnez que Lydie Troadec pleure à plusieurs reprises durant la garde à vue du 5 mars".


Me Cabioch : "De quel téléphone portable s’agit-il ?" 

"C’est un smarphone, de mémoire". "En fait il s’agit d’un téléphone Alcatel à clapet sans accès internet ni appareil photo, ça veut dire que ce téléphone n’échange pas de datas" "Oui je confirme c’est un appareil 2G, avec les nouveaux téléphones ont peu détecter les évènements réseau. Pouvez-vous savoir si le téléphone est éteint ou allumé ?" "Non". "Sur la fadette de la ligne, pouvez-vous savoir s’il y a des journées sans appels ?" "Oui elle a une utilisation aléatoire de son téléphone".


11h15 :  Suspension de l’audience pour 20 mn.

11h50 : Témoignage d'une capitaine de police

La présidente appelle Laurence François, capitaine de police à Nantes, elle a particulièrement interrogé Lydie Troadec.


"Le 27 février une information judiciaire est ouverte, dans ce cadre nous demandons des relevés bancaires. Nous observons un achat de carburant, sur la vidéo de la station, on observe monsieur Caouissin, la plaque de la voiture a été modifiée. Il a utilisé l’immatriculation de son fourgon.
Le véhicule de Sébastien Troadec a été retrouvé à Saint-Nazaire. Les retours du laboratoire nous ont permis de découvrir que l’ADN de monsieur Caouissin se trouvait sur un verre à Orvault et dans le véhicule de Sébastien.


Nous avons présenté la vidéo de la plaque modifiée à madame Troadec, qui a indiqué ne rien savoir. Elle nous dit que le 17 février, Hubert Caouissin s’est dit fatigué et lui a demandé de sortir avec l’enfant. Elle décrit monsieur Caouissin comme calme et non violent. Elle a pleuré à plusieurs reprises lors de la première audition. Elle indiquait ne pas avoir revu son frère et et être sans nouvelles.

Lors de la seconde audition, elle nous dit avoir menti. Que le 18, Hubert Caouissin est rentré vers 8 heures du matin couvert de sang. Il lui dit avoir fait une connerie. Madame Troadec estime qu’ils gagnent 3000 euros et que leur train de vie est supérieur. Elle sait que Hubert est entré dans la maison, que Pascal avait un objet à la main, qu’il l’a pris et les a tués.


Elle indique avoir demandé à Hubert ce qu’il a fait des corps. Il lui a dit qu’il allait retourner à Orvault les chercher. Elle n’a pas su dire non. Ils utilisent un talkie-walkie pour communiquer. Il lui donne rendez-vous dans une rue adjacente à Orvault.


De retour à la ferme, Hubert lui dit vouloir découper les corps et lui demande de quitter les lieux avec l’enfant. Le lundi ils retournent à Orvault pour nettoyer la maison. Ils couchent l’enfant pour partir. Elle le dépose et rentre à la ferme. Le mardi, elle reste avec son fils qui lui demande des nouvelles de son père.


Elle indique qu’Hubert Caouissin a fait un grand feu. Il lui demande de nettoyer la 308 de Sébastien. Il y a des traces de sang sur le tapis de sol qui sera brûlé. Le mercredi il lui demande de conduire la 308 jusqu’à Saint-Nazaire sans qu’elle sache pourquoi. Le jeudi il ne se passe rien. Le vendredi elle reçoit un appel de la police de Brest.


À l’issue de la garde à vue, elle indique avoir pleuré, que Hubert Caouissin l’avait entrainée dans cette histoire. Elle dit ne pas avoir vu les corps, ni savoir comment ils ont été démembrés. Elle se souvient que la chaudière à bois à beaucoup fonctionné.


Elle indique que Hubert Caouissin s’est débarrassé en chemin, d’objets appartenant à Charlotte. Il lui demande de jeter un objet en plastique d’une dizaine de centimètre par le parapet du pont de l’Iroise.

Nous demandons à Lydie Troadec pourquoi elle ne s’est pas opposée, elle indique avoir eu peur pour son enfant.

Laurence François, enquêtrice

Nous lui demandons pourquoi elle ne s’est pas opposée, elle indique avoir eu peur pour son enfant. Selon elle, Hubert Caouissin a raconté à l’enfant ce qu’il avait fait, que son nom serait sali à jamais, qu’il serait un paria. Mais qu’il l’aimerait toujours. Elle n’est pas témoin de cet échange". Lydie Troadec regarde l’enquêtrice les yeux comme écarquillés.


La présidente : "Que vous dit Lydie Troadec des circonstances ?"

"Elle dit ne pas avoir posé de questions sur les circonstances, elle ne sait que ce qu’il a bien voulu lui dire. Elle ne l’a questionné que sur les corps. Elle ne parle jamais de pied de biche.


Elle indique avoir su qu’il avait changé les plaques pour plus de discrétion pour ne plus voir le chiffre 29."

L’enquêtrice précise : " l’Audi avait une ancienne plaque, il modifie grossièrement la plaque du fourgon et l’appose sur l’Audi."
 

" Vous dites au cours de la garde à vue, qu’elle relate le fait qu’il avait tapé fort ". "On a le sentiment qu’elle ne veut pas les voir ou en savoir plus. Quand il charge les cinq sacs, elle lui demande ce qu’il y a dedans, il lui dit que ce sont des papiers".


"Par rapport à ce qu’elle vous dit et ce que vous avez vu des lieux, est-il possible que Jean (prénom d'emprunt du fils de Hubert Caouissin et Lydie Troadec, afin de préserver son anonymat) ait pu voir quelque chose ?" "Le feu dans la cour est en contre bas, elle a pu voir, Jean est un enfant très mature pour ses 8 ans, très curieux, il est probable que depuis sa salle de jeux à l’étage il ait pu voir quelque chose ".
"Sur le pont de l’Iroise, monsieur Caouissin lui demande de jeter un objet"… "Oui, elle a désigné de ses mains la longueur de l’objet. L’objet à un lien avec les faits. Elle ne nous en dit rien de plus".

Me Pacheu : "Si je comprends bien Lydie Troadec est allée à Orvault le décembre précédent". "Elle ne nous dit pas qu’elle est entrée dans cette maison en décembre 2013".
"Elle dit 'je me suis sentie obligée de le faire, que ça irait mal pour moi. J’ai ensuite lavé sa veste et son pantalon à la main dans une bassine' ". "Elle a des moments de lucidité ou d’émotion, il lui a raconté les faits et elle dit avoir agi ainsi." "Elle a utilisé des gants pour nettoyer la 308, et des gants en laine pour conduire la voiture."


"Vous dites qu’ils font plusieurs allers-retours entre Pont-de-Buis et Orvault. Elle a donc passé 24 heures avec son enfant alors même que les cadavres, les restes de sa famille sont présents à Pont-de-Buis. Elle est seule là, Hubert n’est pas avec elle." "Elle ne nous dit rien, on lui demande ce qu’ils se disent en voiture. Les trajets durent 6 heures aller-retour. Elle nous dit que c’est tendu, mais ne veut pas poser de questions. Elle nous dit ne pas vouloir voir les corps".


Me de Oliveira : "En août 2015, au moment de la fête de la famille que se passe-t-il ?"

"Il y a toujours une forte tension autour des pièces, de l’or, elle dit qu’ils ne pensaient pas que Pascal serait venu. Il y a eu échange de mots, de menaces. Pascal a également eu des mots avec sa mère". L’enquêtrice ajoute : "Je ne connais pas la teneur de ces menaces".

Le représentant de l’enfant : "Où est le petit Jean pendant ce temps-là ?" "J’ai vu Jean, j’avais l’impression de discuter avec un enfant de 12-13 ans. Il nous a dit, je pensais que vous alliez venir plus tard ". "Quand on fait la perquisition on a pu voir ce qu’on percevait de l’étage, seule la cour est dégagée. Le reste est masqué par la végétation".


Le procureur : "À propos des plaques, elle vous dit ce n’était pas pour tuer mais pour être discret pour les surveiller". "Elle sait que les plaques ont été modifiées, pas quelles sont ses intentions". "Il lui demande d’aller se promener, elle le fait, il lui dit de conduire la voiture, elle le fait, il lui demande de nettoyer les vêtements… " "C’est ce qu’elle nous dit".


Me Fillon " Les plaques, c’est grossier ou bien fait ?"  "Sur la route ça peut passer, à l’arrêt non. On l’a vu sur la vidéo de la station ! C’était grossier".


"Est-ce que Hubert Caouissin a craqué en votre présence ?" "Ça ne s’est pas passé comme ça. C’est venu assez rapidement seulement".


Me Méchineau. "Lors de sa garde à vue, Lydie Troadec pleure quand vous lui dites qu’on a trouvé l’ADN de monsieur Caouissin ". "Je pense vraiment que le fait qu’il avoue, elle serait restée sur sa ligne de conduite".


Me Cabioche : "Sur la question du lavage des vêtements".

"Il m’a dit j’ai fait une connerie ce n’est pas ce que je voulais faire, il faut laver mes vêtements".
"madameTroadec sait qu’il est à Orvault, que ce n’est pas la première fois. Est-ce qu’on a recherché les fadettes sur 2016, pour vérifier quand Hubert est à Orvault s’ils ont échangé ". "monsieur Caouissin n’a pas de portable".


"En décembre 2016, un bruit réveille Jean, il se renouvelle en janvier, note Lydie sur son carnet". "Je n’ai pas cette information".

"On a deux gendarmeries à proximité de Pont-de-Buis lui avez-vous demandé pourquoi elle n’est pas allée s’y réfugier avec Jean ?". "Elle nous a dit qu’elle était paniquée, prise au piège, coincée dans cette histoire".


13h20. L’audience est suspendue. Reprise à 14h45.

 

14h55 Reprise de l’audience

La présidente appelle Mr Jean-Yves Morin, capitaine de police à Nantes. Il raconte. " Le 23 février 2017 à 19h30, nous sommes informés qu’une famille à Orvault ne donne plus de nouvelles. On apprend que les parents ne se sont pas présentés à leur travail. Une équipe est passée le matin et  est repartie sans réponse. L’après-midi une seconde équipe force la porte avec l’aide des sapeurs-pompiers. Elle découvre des petites traces de sang.

Nous nous rendons sur place. Nous remarquons des traces de sang dans le garage. Toutes les unités centrales d’ordinateurs  ont disparu, les brosses à dents, à cheveux également, les draps des lits.

Nous y retournons le lendemain. En bas on trouve en façade, le garage la porte d’entrée la chambre de Sébastien. Nous accédons par l’arrière de la maison. Nous découvrons un téléphone portable. Nous saisissons la vaisselle restée dans l’évier de la cuisine.

Des soupçons vont très vite se porter sur Hubert Caouissin sur l’existence d’un trésor. Selon une information de climat délétère donnée par les sœurs de Mme Troadec. Nos collègues de Brest se sont présentés chez Monsieur Caouissin.

Nous avons fait une veille sur les réseaux sociaux, le téléphone. On essaye de savoir si les téléphones ont été utilisés depuis le 17 février à 3h12 dernier SMS envoyé par Sébastien.

On s’aperçoit qu’il manque le véhicule Peugeot 308 de Sébastien. Il est comme on dit défavorablement connu des services de police.

Le 1er mars en matinée on nous informe de la découverte d’objets appartenant à Charlotte Troadec. Nous retrouverons ensuite la 308 à Saint-Nazaire. Des traces de sang et ADN sont recherchées. Les relevés de banque indique qu’il a fait la plein au Faou dans le Finistère. Le fichier national des empreintes génétiques nous indique que les traces ADN trouvées sur le verre sont celles de Hubert Caouissin. Le 4 mars, nos collègues de Brest découvrent les images de vidéosurveillance à la station U. Ils voient la plaque maquillée.

Hubert Caouissin et Lydie Troadec sont placés en garde à vue le 5 mars.

Hubert Caouissin indique avoir de bonnes raisons de penser que Pascal avait volé de nombreuses pièces d’or. Selon des informations qu’il avait données par sa mère. Il indique que ce vol est une injustice pour sa compagne. Ils enregistrent presque trois ans avant une conversation avec la mère Renée Troadec et Pascal. Il indique encore avoir passé beaucoup de temps à monter un dossier pour Tracfin.

Mon confrère lui demande comment il explique qu’on a retrouvé son ADN sur une verre… Il avoue.

Il indique être allé à Orvault le 7février avec un stétoscope pour écouter aux portes. Brigitte ouvre un instant la porte du jardin. Le 17 il revient à Orvault. Il essaye d’écouter aux portes. Il essaye d’entrer dans la maison au moment Brigitte l’ouvre pour faire entrer ou sortir le chat. Il entre dans la maison pour tenter de dessiner une clé pour la refaire ensuite. Pascal et Brigitte entendent le bruit, et descendent. Elle essaye de prendre le téléphone, il tente de s’enfuit par le garage, Pascale le poursuit, s’empare d’un pied de biche.

Hubert lui arrache le pied de biche, le prend et le frappe. Il  frappe Brigitte pour l’empêcher de téléphoner et frappe Pascal une seconde fois. L’enquêteur tangue d’un pied sur l’autre, pardon je suis désolé… Sébastien sort alors de sa chambre, Hubert Caouissin plante le pied de biche dans la tête de Sébastien, pardon pour ce qui suit, il indique mettre le pied sur la tête pour le retirer. Charlotte sort alors de sa chambre, il la frappe. Brigitte s’est enfermée dans la salle de bain. Il enfonce la porte. Il met un coup sur la tête de Brigitte  qui ne se relève pas. Pascal est alors derrière lui, il le frappe encore. Pascal ne se relève pas. Il reste jusqu’à 5h du matin. Dans la journée il indique à Lydie avoir besoin de retourner à Orvault. Vers minuit il nettoie le sang jusqu’à 3h du matin il se couche dans le lit de Pascal et Brigitte, il s’endort vers 5h. Vers 8h il découvre l’énormité de ce qu’il a fait.

Les détails qui vont suivre… "Il indique qu’il déplace Brigitte dans la salle de bain pour faire un coin sale, Sébastien, Charlotte il lui couvre le haut du corps pour la placer sur les corps de ses parents. Il a alors accès aux chambres et fait le ménage. Il entre la 308 dans le garage pour y mettre le corps".

Les sœurs placées derrière l’enquêteur  suivent  ce sordide récit. Martine met sa main sur sa bouche. Elle regarde visiblement Hubert Caouissin, toujours penché, tête baissée dans son box. À la ferme il indique avoir commencé par découper les têtes. La peau est mise  dans des sacs plastique, les os sont mis dans la chaudière. Le mercredi 23,  il continue à détruire et éparpiller les morceaux de peau …

Le 24, il est contacté par la police judiciaire à Brest, à ce moment il s’aperçoit toujours avoir les objets de Charlotte. Le pied de biche, il les jette à Dirinon. Jette aussi le pied de biche par-dessus le parapet du pont de l’Iroise.

"À ce moment le mercredi 8 nous retournons à la Ferme du Stang. Nous avançons dans la zone selon une technique utilisé dans les crashs d’avions. Nous retrouvons des bijoux, ordinateurs tablettes, appartenant à la famille Troadec. En revenant nous trouvons les premiers éléments de corps. Nous retrouverons 379 morceaux.

Il nous manque l’arme du crime, et les quatre crânes des victimes. Des recherches ont été effectuées avec des tractopelles sans résultat. Des plongeurs recherchent le pied de biche qui a une particularité, il lui manque une dent.

Jean son fils nous dit que son père lui a dit qu’il avait fait des bêtises. Il lui avait demandé de guetter les informations à la télé.

Dans la ferme nous retrouvons des talkies-walkies et et  des kits de serrurerie. Nous recherchons des lingots d’or.

Nous trouvons les économies de la famille Troadec, 60 000 euros . Pas de trace d’or nulle part en Andorre, Espagne, Suisse.

Des perquisitions ont été faites au domicile de la mère de Lydie, de la maison d’Hubert Caouissin, un dictaphone, un dossier « crapule ». On acquiert la certitude au fur et à mesure de l’enquête qu’il y avait une rancœur profonde envers Pascal et Brigitte Troadec."

La présidente interroge: "Hubert Caouissin a-t-il été examiné par un médecin ?"L'enquêteur poursuit. " Il me semble qu’il y a fait appel .  Il a été examiné à 23h50 par un médecin qui ne constate aucune lésion ou blessure décelable ".  La présidente poursuit, " Un enquêteur nous a dit ce matin qu’à la seconde garde à vue il présenté des traces sur le visage".

" Je n’étais pas présent à ce moment-là, je ne peux pas vous dire".  "Les plongeurs ont retrouvé une barre sous le pont ", reprend la présidente. " Ça ne correspond pas à un pied de biche, une barre de 108 cm, nous l’avons fait mettre sous scellés."  "Nous l’avons ici, nous briserons le scellé" . "Vous basez sur quoi pour décrire une barre ou un pied de biche ?"  "Je me base uniquement sur les déclarations de Monsieur Caouissin ".

Une enquêtrice spécialisée a mené l’audition de Jean, selon un protocole très particulier. Le témoignage est frappant, on découvre un jeune garçon très mur pour son âge, qui comprend ce qui s’est passé. Il dessine des gens allongés avec du sang autour. Il indique que le monstre des télés est bien son père. Son père lui a demandé s’il devait continuer à vivre. Sa « mission » confiée par son père était de regarder tout ce qui se disait à la télé .

Le défenseur de l’enfant: " Le 2 mars la 308 est retrouvée par un témoin. Je ne sais pas exactement ". Jean est extrêmement précis sur le jour de la révélation par son père. C’est le 2 mars ".

Me de Oliveira. " Le récit de Monsieur Caouissin est extrêmement long, sans mentions d’aucune question, cela dure 1h30 peut-être plus ? " " Peut-être, je n’étais pas là, il faudrait regarder la bande vidéo ". " Effectivement mon collègue recueille un récit fleuve, ça ne m’est jamais arrivé ". "Face à l’enquêteur, Monsieur Caouissin a pu mesurer l’effet qu’il produisait sur votre collègue ?"  " Nous sommes concentrés sur la déposition, c’est souvent ensuite qu’on réalise ". " C’est psychologiquement difficile à vivre." "  Est-ce que cette scène qui fonctionne comme des arrêts sur image a-t-elle eu une réalité pour vous ?"  "  Effectivement, si je devais me défendre face çà deux adultes, j’aurais du mal, face à quatre adultes, je ne vois pas… ".

Me Pacheu. " Vous avez pu retrouver des magazines scientifiques relatifs à l’ADN ? "  " Oui ce sont des téléchargements antérieurs au faits "

 Me Cabioch. "Vous avez retrouvé l’enregistrement d’une dispute en 2014, est-ce qu’on a trouvé la même chose chez Pascal et Brigitte Troadec ? "  " Je n’en ai pas souvenir "

Me Larvor. " Il y a onze pages de PV sans aucune question. Qu’est-ce que cela signifie ?  Soit le choix de garder le silence soit de reconnaitre les faits grâce aux questions de enquêteurs en minimisant les faits . « Pourquoi cette tendance ? Il s’expose ?" " Il est prolixe, il est fluide dans ses explications. Plus on parle plus on génère des commentaires des questions, des recherches de preuves". " Les traces d’ADN ont été retrouvées sur le verre ?"  " Les traces de ses lèvres ".

"Hubert Caouissin avait des gants, il dit aux enquêteurs : je n’avais pas eu le temps de nettoyer le fauteuil bleu, je l’ai mis dehors en espérant que le temps, la pluie allaient tout effacer. Comment expliquer qu’on y retrouve son ADN ? " " Je ne sais pas ".

"  Vous nous dites on aime retrouver les armes des crimes, on sait depuis le 24 février que le pied de biche a été jeté du pont de l’Iroise. Or, on plonge en juin ". "Le temps de réunir les moyens ". "Connaissant, pour naviguer dans les parages, la force du courant, vous ne vous êtes pas dit qu’il y avait urgence ? " "Maître, je ne suis pas un spécialiste des marées comme vous semblez l’être". "Vous ne pensez pas que les crânes ont été jetés dans la rue la Doufine et partis avec la marée ? "Ce n’est pas à exclure ".

Lydie Troadec suit cet échange, attentive, le menton posé sur sa main gauche. Hubert Caouissin reste toujours penché en avant, le regard baissé.

Me Fillon. "Comment peut-on comprendre, que cet homme si méticuleux, porte un verre à ses lèvres ?"" C’est une erreur. Qui lui coûte cher. On aurait pu passer à côté de cette preuve ". 

"Est-il exact que la Suisse n’a pas donné suite ?". " Les juges ont envoyé les pièces de justice nécessaires, je ne sais pas qu’elle suite a été donnée ".

"Y avait-il d’autres Science et Vie téléchargés par Monsieur  Caouissin ? "Je ne sais pas", conclut l'enquêteur.

17h13. Suspension de l’audience pour 20 minutes.

Reprise à 17h40 

 

La présidente : “ nous allons procéder à la présentation de photos. Si les parties civiles veulent quitter la salle elles le peuvent. Avec une reconstitution panoramique aérienne et intérieures. Peut-on trouver une chaise pour l’enquêteur. Ça risque d’être un peu long.” 

 

Les images présentent la maison, le jardin du 24 rue d’Auteuil, le couloir vers la maison. C’est un pavillon sans grâce, perdu dans le dédale des rues d’une zone pavillonnaire, avec un étage. Confortable, mobilier classique, sans ostentation.  

 

Un plan du rez-de -chaussée, vu de dessus, indique les traces de sang. Dans le garage, le couloir, les chambres des enfants.  

 

Hubert Caouissin a relevé la tête pour visionner les images. Il ne quitte pas le grand écran des yeux. Lydie Troadec a le regard dans le vide par moments. 

 

Suivent des images de la ferme de Pont-de-Buis. Le site a été édifié sur le flanc d’un coteau. Une cour boueuse, des constructions délabrées, envahie par des ronces et une végétation peu entretenue. Le bâtiment d’habitation se situe au-dessus de la cour. En surplomb de tous les autres. En bas du coteau, une vasière, une roselière, la rue Doufine est soumise au mouvement des marées. 

 

À l’intérieur de la maison d’habitation, au rez-de-chaussée, de vastes espaces, des objets dans un grand désordre. Un mobilier banal et dépareillé. À l’étage la salle de jeux de Jean. Beaucoup de jouets partout par terre. Des chambres, des étagères, comme une impression de grand laisser aller. 

 

À l’extérieur les images montrent les quadrillages des enquêteurs. Plusieurs endroits où ont été retrouvés des éléments de matériel informatique, des smartphones, des bijoux. Souillés par la vase et l’humidité. Les ronciers ont été coupés pour accéder. L’enquêteur indique qu’il y a 45 minutes de marche à pied depuis la maison pour les rejoindre. 

 

Des fragments d’os ont été retrouvés sur les berges de l’Aulne. Des morceaux de chair humaine. 

 

La présidente à l’enquêteur. “ Avez-vous été guidé par les odeurs ?” “ Non”. “ Était-il possible de tout vérifier ?”  “Non, il aurait fallu plusieurs mois. Nous avons eu des renforts d’élèves gardiens de la paix, de collègues d’Angers “. 

 

19h20. La présidente suspend l’audience. “ A  partir de lundi , nous verrons les plongées sous le pont de l’Iroise. Nous procéderons à l’interrogatoire de Monsieur  Caouissin”.  

Rappels

Lydie Troadec a décrit mardi à la barre le contexte d'une haine familiale ancienne et mystérieuse entre elle et son frère Pascal, au premier jour du procès du quadruple meurtre de la famille.

Mercredi, c'est la vie d'Hubert Caouissin qui a été examinée. "Compulsif", "obsessionnel" et volontiers paranoïaque, Caouissin, toujours "ancré dans le passé" et convaincu de l'existence du "magot" qui l'a conduit au quadruple meurtre de la famille Troadec.

Jeudi, la personnalité des quatre victimes a été évoqué. Une journée riche en émotions.

Le procès des deux accusés se tient aux assises de Loire-Atlantique à Nantes jusqu'au 9 juillet prochain.

Hubert Caouissin, 50 ans, comparaît depuis mardi matin et pendant trois semaines devant la cour d'assises de Loire-Atlantique. L'ancien ouvrier chaudronnier de l'arsenal de Brest encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ce mercredi, la cour se penche sur son profil.
    
Lydie Troadec, 51 ans, comparaît libre. Elle encourt trois ans de prison et 45 000 euros d'amende pour modification de scène de crimes et recel de cadavres.

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