Éducation. "On trie les déchets, pas les enfants ! " Un millier de manifestants à Nantes, contre la réforme du "Choc des savoirs"

Parents d'élèves et personnels sont toujours fermement opposés aux mesures dites du "choc des savoirs" publiées au Journal Officiel du 15 mars. Ils poursuivent leur mouvement de contestation ce samedi 30 mars.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Comme ils l'avaient fait il y a une semaine, et après une journée écoles, collèges et lycées déserts, les parents d'élèves, soutenus par les enseignants, se sont retrouvés ce samedi 30 mars à 10 h 30 au miroir d'eau à Nantes. Un nouveau rassemblement pour dénoncer la réforme du "choc des savoirs."

"Du pognon pour l'éducation"

En ce week-end de Pâques, d'ordinaire dédié à la chasse aux œufs, ils sont encore des centaines dans les rues du centre-ville. Au son de "du pognon pour l'éducation ", le cortège s'est élancé le long des rails du tramway.

Sarah Lafaurie, a 44 ans. Cette mère de deux enfants est au cœur de la manifestation.

La compétition, il y en a déjà assez dans ce pays, des inégalités, des différences,ce n'est imaginable que ça arrive à l'école

Sarah Lafaurie

Mère de deux enfants

"Il y a une colère qui monte et ça, c'est intéressant. Les élèves sont avec nous, les enseignants et les chefs d'établissements aussi", ajoute-t-elle.

Mathieu Grousson lui, est président de la Fcpe du collège Victor Hugo de Nantes. "Nous sommes aussi nombreux que samedi dernier. C'est une mobilisation d'ampleur assez unique dans l'histoire récente et je pense que cela va continuer à monter en puissance."

Très clairement, nous demandons le retrait du "choc des savoirs. 100% des spécialistes de l'éducation nationale ont démontré que ce type d'organisation ne fonctionne pas. C'est la déraison qui au pouvoir

Mathieu Grousson

Président de la Fcpe du collège Victor Hugo

Pour Marine, parent d'un écolier de CP, l'important est "d'être là en soutien aux enseignants". Les groupes de niveau en math et en français, c'est une énorme bêtise."

Même mon fils de 7 ans a compris. Il m'a dit maman, on trie les déchets ou les poubelles, mais pas les enfants. Que le gouvernement ne comprenne pas ça c'est aberrant

Marine

Parent d'élève

"Si on catégorise les enfants en difficulté scolaire dit de nuls, il n'y aura personne pour les tirer vers le haut. Alors que si on mélange les niveaux, les meilleurs peuvent aider les moins bons", ajoute Marine.

Ça va faire des groupes d'élites et des groupes poubelles

Marine

Parent d'élève

"Une transformation majeure de l'École publique"

Groupes de niveau en mathématiques et en français dans les collèges, évaluations nationales généralisées dans les écoles pour piloter les destinées scolaires des élèves, conditions durcies pour l'obtention du DNB qui plus est requis pour le passage au lycée, classe prépa-seconde en lycée, manuels labellisés, méthodes pédagogiques imposées, réforme du lycée professionnel, côté enseignants la liste des colères est longue.

"Ces mesures opèrent une transformation majeure de l'École publique, en aggravant les logiques de concurrence et de compétition scolaires nuisibles à l'ensemble des élèves, en instaurant un tri social préjudiciable aux poursuites d'études des élèves les plus fragiles, notamment celles et ceux des classes populaires, et en conférant aux formations privées une attractivité accrue", appuient les syndicats.

Pour les enseignants ;  "la mise en place du "choc des savoirs" a des effets induits sur les fermetures de classes dans les collèges, sur l'augmentation des effectifs par classe et sur la suppression de nombreux dispositifs pourtant plébiscités par les personnels et par les élèves (dédoublements, coenseignement, chorales...)"

Ces annonces dénoncent les syndicats interviennent "à un moment où le manque de moyens étrangle le service public d'éducation : postes non pourvus, remplacements non assurés, effectifs par classe parmi les plus élevés d'Europe, précarisation des emplois, salaires des personnels parmi les plus faibles de l'OCDE."

Les organisations appellent les personnels à la grève du 2 au 4 avril avec une AG départementale de grévistes le 2 avril pour définir les suites de la mobilisation. "C’est bien en inscrivant l'action dans plusieurs jours de grève consécutifs que la mobilisation pourra être victorieuse", insiste l'intersyndicale.

Retrouvez-nous sur nos réseaux sociaux et sur france.tv