Explosion devant la mairie annexe de Nantes-sud : l'œuvre de deux jeunes ivres

Le procureur de la République Pierre Sennes (à gauche) et le commissaire divisionnaire Marc Perrot. / © France Télévisions Alexandre Hébert
Le procureur de la République Pierre Sennes (à gauche) et le commissaire divisionnaire Marc Perrot. / © France Télévisions Alexandre Hébert

Dans la nuit du 16 au 17 décembre dernier, un engin explosif provoquait quelques dégâts mais sans faire de blessés à la mairie annexe de Nantes-sud. Depuis, deux hommes ont été interpellés. Le procureur de la République a décrit deux profils loin du terrorisme.

Par Olivier Quentin avec Alexandre Hébert

Pourquoi avoir ainsi déposé un engin explosif devant l'entrée de la mairie annexe de Nantes sud dans la nuit du 16 au 17 décembre dernier ? Et qui est à l'origine de ce geste qui, heureusement, n'a pas fait de blessés ?

Cette nuit-là, une forte déflagration est entendue vers 00h25 dans le sud de Nantes. Un engin vient d'exploser devant l'entrée de la mairie annexe, rue des Herses, dans le quartier du Clos Toreau.

Les dégâts sont plutôt limités mais tout de même, une porte vitrée est détruite, projetée à l'intérieur du hall.
 

Pierre Sennès, le procureur de la République de Nantes avait même été en lien un moment avec le parquet national anti-terroriste pour cette affaire mais l'enquête rondement menée par la police judiciaire de Nantes a rapidement abouti à l'arrestation de deux jeunes, pas franchement guidés par une motivation politique.

Celui qui est considéré comme le "meneur" de cette opération a 28 ans et est décrit comme un passionné de pyrotechnie. Il a été condamné 19 fois pour des faits de droit commun, violence, vols agravés, détention de stupéfiants et enfin une condamnation pour détention illégale d'engins explosifs par le tribunal de La Roche-sur-Yon.
 

Ivres et rancuniers

Le second, agé de 27 ans, a également un casier judiciaire fourni qui totalise une dizaine de condamnations pour des délits routiers, des violences, des outrages et rébellions.

Les deux hommes reconnaissent les faits et seront poursuivis pour "dégradations de biens à l'aide d'un engin explosif ou incendiaire, détention, transport, acquisition de substances explosives et enfin trouble de la tranquillité public."

Leurs motivations ? On parlera sans doute plus d'une imprégnation que d'une motivation. Ils étaient ivres et avaient fait exploser dans la soirée plusieurs gros pétards dans un autre quartier, sur les bords de la Sèvre. avant de s'attaquer à la mairie annexe. 

Le plus âgé a, selon les déclarations du procureur, choisi sa cible par colère. Il reprochait aux services de la mairie annexe de prendre trop de temps pour une démarche administrative. Il avait quelques temps auparavant fait une demande de carte d'identité et avait trop attendu à son goût.
 

"Pour lui c'est une passion, explique le commissaire divisionnaire Perrot à propos du jeune qui a conçu les explosifs. Lors de la perquisition, il a été retrouvé à son domicile des explosifs d'artifice en quantité."

Le procureur Pïerre Sennès ajoute : "Il était capable de prendre un simple artifice et de le potentialiser un peu pour lui donner un peu plus de puissance en lui ajoutant des substances incendiaires."
 

Des explosifs achetés sur internet ou à l'étranger

Les artifices ont été achetés soit sur internet soit en Belgique ou aux Pays-Bas. "En les assemblant, précise Marc Perrot, il était capable d'en faire des petites bombes."

L'homme encourt pour ce délit une peine de 10 ans d'emprisonnement qui peut être multipliée par deux par la récidive précise Pierre Sennès.

Quant aux tags retrouvés sur les murs du marché de Talensac le matin du 17 décembre, ils n'ont aucun lien avec les auteurs de cette explosion, il s'agit selon les mots du procureur, de tags "d'opportunité".

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