Fermeture de classes. Des parents d'élèves occupent une école avec leurs enfants pour la quatrième nuit consécutive

L'académie de Nantes prévoit la fermeture d'une classe dans l'école primaire publique Jolivot à Joué-sur-Erdre au nord de Nantes. Les parents d' élèves s'y opposent. Depuis jeudi 15 février, ils ont décidé d'occuper l'école nuit et jour en guise de protestation.

Ils en sont à leur quatrième jour de mobilisation et s'apprêtent à passer leur quatrième nuit dans les couloirs de l'établissement. Et pour ces parents d'élèves de l'école Jolivot de Joué-sur-Erdre, pas question de lâcher.

Dans la nuit de samedi 17 à dimanche 18 février, une vingtaine de parents accompagnés d'une trentaine d'enfants ont dormi en rang d'oignon dans les couloirs de l'école. 

Tous les matins depuis le début de leur mobilisation, les parents mobilisés distribuent des tracts et appelent la population à signer une pétition.

Élèves en difficulté

Parmi les principales craintes des parents d'élèves avec la fermeture d'une classe, la perte d'une maîtresse et la création de classes à double niveaux.

"On a appris la semaine dernière qu'une classe allait être fermée à l'école Jolivot. Une fermeture de classe empêcherait les enfants d'avoir un suivi personnalisé. Or dans cette école, il y a un pourcentage assez élevé d'enfants qui sont en classe rased – réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté – ou en situation de handicap ou en suivi orthophonique".

"S'il y a des doubles niveaux, les maîtresses seront moins disponibles pour ces élèves-là, ce n'est pas ce qu'on souhaite ici pour eux. On est très inquiets, car l'autre conséquence ce sont des classes surchargées avec deux ou trois niveaux différents, ce n'est pas pensable ici", précise Sonia Chenu, parent d'élève.

Sur le parvis de l'école, ils ont installé des stands et des pancartes sur lesquelles on peut lire : "Pas touche à notre école" ou encore "École en danger" et "Familles en colère".

"97 classes fermées, dont 27 en milieu rural "

Kevin Guérin, autre parent d'élève, est lui arrivé symboliquement en tracteur sur le parvis de l'école vendredi. "Je suis de tous les combats. Le tracteur, c'est une image forte, surtout qu'ici, on est dans une commune rurale, avec des écoles rurales, c'est important de se mobiliser".

"On a un ministre de l'Éducation nationale qui est passé Premier ministre et qui a dit que l'Éducation nationale serait sa priorité. Et quelques semaines après, on apprend des fermetures de classe à tout-va et des suppressions de poste dans l'Éducation nationale... Il y a un souci", poursuit le père de famille.

Pour Morgan, en première ligne dans la distribution des tracts auprès des automobilistes, c'est un combat à mener de front."J'ai peur que mes filles aient du mal scolairement parce que les classes seront surchargées. Aujourd'hui, ils sont déjà 25 par classe, ils risqueraient d'être plus. Plus, ce serait compliqué, et les enseignantes sont d'accord avec nous."

J'ai l'impression que des classes ferment partout en Loire-Atlantique, rien qu'une dizaine dans notre secteur. C'est inquiétant.

Morgan Cabon

Parent d'élève

Occupation jour et nuit

À 8h30, jeudi, les parents d'élève ont envahi la cour d’école. Les enfants sont accueillis, mais les cours sont empêchés.

Juste avant d'entrer, Kevin, le père de famille, fait une intervention à voix haute : "La mairie ne veut pas qu'on dorme à l'école de façon continue. Mais on occupera l'école jusqu'à temps qu'on obtienne gain de cause, que la mairie nous suive ou pas ! D'ailleurs cela fait plus de 24 heures qu'on est mobilisé et le maire n'est toujours pas venu nous voir !'

Les parents entendent rester dans la cour toute la journée. Ils ont été rejoints par le député NUPES Jean-Claude Raux, de la 6ᵉ circonscription de Loire-Atlantique, qui leur a apporté son soutien.

"C'est le marronnier annuel. J'entends l'équation à laquelle la direction académique est confrontée à savoir, à moyens humains et financiers donnés, il faut donner et répartir entre les différentes écoles du département, mais je ne peux pas le cautionner."

Ce sont quand même 97 classes qui ferment en Loire-Atlantique, dont 27 en milieu rural. Je ne cautionne pas ce mouvement de fond qui vise à réduire les moyens dont dispose l'éducation nationale.

Jean-Claude Raux

Député NUPES de la 6ème circonscription de Loire-Atlantique

La fermeture de la classe pourrait être définitivement entérinée par l’inspection d’académie lundi 19 février en comité social d'administration. Plusieurs syndicats participeront à cette réunion. Si l'académie maintient sa décision de fermer une classe, la mobilisation des parents pourrait se poursuivre. 

Avec Céline Dupeyrat.

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