Folle Journée à Nantes : Beethoven, une vie en sourdine

C'est sûrement le phénomène le plus intrigant de l'histoire de la musique classique. Comment Ludwig Van Beethoven a t-il réussi à composer 80% de son oeuvre en étant sourd ? Éléments de réponse avec le Professeur Tran Ba Huy spécialiste ORL, l'un des conférenciers invités à La Folle Journée. 
Le Professeur Tran Ba Huy décrypte la surdité de Ludwig Van Beethoven à l'occasion de la Folle Journée
Le Professeur Tran Ba Huy décrypte la surdité de Ludwig Van Beethoven à l'occasion de la Folle Journée © Léo Marchegay-France Télévisions
La surdité, c'est la tragédie de sa vie.
C'est elle qui amènera ce virtuose, acclamé, courtisé par la haute société Viennoise, à interrompre prématurémemnt sa carrière d'interprète.
Vers l'âge de 25 ans  Beethoven prend conscience qu'il n'entendra jamais plus. Il en conçoit une tristesse et une mélancolie qui deviendront les compagnes de sa vie.

En 1802, il est désespéré.
Persuadé qu'il ne réussira pas à surmonter cette perte d'audition, à s'habituer aux acouphènes qui dominent tous les autres sons, il évoque le suicide, prépare son testament.
Il s'éteindra finalement 24 ans plus tard en 1826, victime d'une cyrrhose du foie.
Dans ce laps de temps, il délaisse le jeu pour mieux se consacrer à la composition.
Entendant avec son cerveau, à défaut de pouvoir le faire avec ses oreilles.

Depuis deux siècles, les spécialistes se perdent en conjectures pour expliquer la surdité du compositeur.
On l'a dit atteint de saturnisme, syphillitique, ou encore touché par la Maladie de Paget. Selon le professeur Tran Ba Huy, spécialiste ORL, et mélomane averti, on ne saura jamais avec certitude pourquoi Beethoven était sourd. L'hypothèse la plus vraisemblable est qu'il était certainement porteur d'un des 80 gènes identifiés aujourd'hui et connus pour provoquer ou aggraver une surdité.

Pour autant, sa surdité n'a jamais obéré son talent.
Peut-être même l'a t-elle incité à imaginer des sonorités nouvelles, à inventer des couleurs musicales audacieuses, jamais entendues avant...et pour cause!
À l'écoute de son œuvre prolifique, à laquelle La Folle Journée de Nantes rend cette année hommage, il semble évident que de sa surdité Beethoven a fait une richesse.
Elle lui a certainement permis de dépasser les codes, de se libérer des inflluences de son temps, bref, d'être véritablement à l'écoute de sa musique intérieure.

►À voir et surtout à écouter, l'entretien du professeur Patrice Tran Ba Huy, spécialiste de l'audition et conférencier invité par la Folle Journée.
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