Infirmière libérale et réalisatrice, elle fait le tour des hôpitaux français pour financer son long-métrage

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Écrit par Camille Aguilé

Raphaëlle Jean-Louis est infirmière libérale et passionnée de réalisation. En septembre 2022, elle s'est lancée dans une marche à travers les hôpitaux de France. Objectif : trouver des financements pour son premier long-métrage sur la réalité du métier de soignant. Elle arrivera au CHU de Nantes samedi 22 octobre.

Une infirmière derrière la caméra. À 34 ans, Raphaëlle Jean-Louis a déjà plusieurs courts-métrages à son actif. Son nouveau défi : réaliser un long-métrage au sujet des métiers de soignants et de leur "monde très doux, rempli d'humanité, mais en même temps très dur" .

Pour nourrir son scénario et trouver des financements, la jeune femme a décidé de relier plusieurs hôpitaux français à pied. Elle arrivera au CHU de Nantes samedi 22 octobre, quatre jours après son départ de Rennes.

Montrer la réalité de la profession 

Il s'agit de son deuxième trajet. Elle est venue à bout du premier en septembre 2022, en reliant Chartres à Orléans. Accompagnée de son chien Pixel, elle enchaîne les kilomètres et toque chez les gens pour remplir sa gourde. La nuit, elle dort sous une tente qu'elle transporte sur son dos. 

Ses marches sont un moyen de financer son film par le biais d'une cagnotte en ligne et , peut-être, de se faire repérer par un producteur. Mais pas seulement. 

Le plus important, pour moi, c'est le message

Raphaëlle Jean-Louis

Infirmière libérale, autrice et réalisatrice

Aller à la rencontre des soignants est aussi une façon de s'inspirer et de créer un lien collectif pour faire évoluer le statu quo. 

"Je veux montrer la réalité des conditions de travail, la charge des soignants, et le manque de moyens, détaille Raphaëlle Jean-Louis. Il n'y a pas assez de personnel et beaucoup de patients, on ne peut pas tout gérer de manière humaine. Il faut le voir pour le croire". 

Une adaptation de son premier livre

Raphaëlle Jean-Louis n'en est pas à sa première réalisation. Elle écrit son premier court-métrage en 2013, puis un autre dans lequel elle joue en 2014. Et un dernier, Quand vais-je te revoir ?, sélectionné au Short Film Corner du festival de Cannes en 2017.

En revanche, c'est la première fois qu'elle s'attaque à un projet de long-métrage : une adaptation de son livre Diplôme délivré(e). Parole affranchie d'une étudiante infirmière, paru en 2018.

On suit l'histoire d'une étudiante infirmière à travers son parcours de formation.

Raphaëlle Jean-Louis

Infirmière libérale et réalisatrice

"On voit tous les métiers qui font tourner le centre hospitalier, mais aussi l'extra-hospitalier. Les ambulanciers, les brancardiers, les aides-soignants, les pompiers...explique Raphaëlle Jean-Louis. J'aimerais montrer la beauté du métier et la passion qui nous anime, malgré tout." 

L'écriture comme exutoire

La trentenaire écrit depuis son enfance. "J'ai toujours eu plein de petits cahiers", confie-t-elle. Lors de sa formation en soins infirmiers, les structures et les personnels médicaux ont été une réelle source d'inspiration. "Il y a tellement d'anecdotes dans le monde médical. J'écrivais souvent en rentrant de stage."

Des notes qui racontent les côtés positifs, mais aussi les parts sombres du milieu. Elle aborde aussi bien les émotions et moments d'humanité, que les violences et humiliations dont elle a pu être témoin. Un exemple : quand son dernier stage de formation s'est déroulé dans un service difficile, elle a de nouveau tout consigné dans un carnet.

"J'ai voulu donner une dernière chance au métier"

Il y a un an, Raphaëlle Jean-Louis a voulu quitter la profession. Elle avait préparé et obtenu un diplôme d'institutrice et enseignait à mi-temps dans une classe de CE1. Le reste du temps, elle travaillait en tant qu'infirmière libérale.

Cette reconversion est intervenue alors qu'elle était épuisée mentalement et physiquement par la charge de travail imposée par les hôpitaux. Exercer en libéral et à mi-temps a été sa façon de "donner une dernière chance au métier". 

Et force est de constater que ça a marché. "Ça m'a permis de pratiquer l'humain", décrit-elle. Et de retrouver une dimension émotionnelle en voie de disparition en milieu hospitalier.

Rallier le grand public à la cause

À ce nouvel élan pour son métier s'est greffé une volonté de le mettre sous la lumière des projecteurs. La jeune femme espère que son film aboutira et qu'il touchera le plus de monde possible.

Quand on manifeste, ce ne sont pas seulement les soignants qui doivent venir, c'est tout le monde, parce que la santé ça nous concerne tous

Raphaëlle Jean-Louis

Infirmière et réalisatrice

Sa dernière marche est prévue au printemps et reliera Paris à Cannes, au moment du festival de cinéma international. 

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