Nantes : après l'évacuation du square Daviais, 147 migrants sur 435 relogés, un nouveau squat

La cour du lycée Leloup Bouhier, à Nantes, a servi d'abri à des centaines de migrants sans solution / © France 3 Pays de la Loire
La cour du lycée Leloup Bouhier, à Nantes, a servi d'abri à des centaines de migrants sans solution / © France 3 Pays de la Loire

Après l'évacuation, lundi 23 juillet, des 435 migrants installés depuis sur le square Daviais, à Nantes, seulement 147 places d'hébergement d'urgence ont pu être proposées par la préfecture et la mairie. Le lycée Leloup Bouhier a été ouvert pour accueillir les personnes sans solution.

Par Emma Derome

Environ 150 à 200 personnes ont passé la nuit du 23 au 24 juillet dans le lycée Leloup Bouhier, boulevard Launay, à Nantes. Après l'évacuation, lundi 23 juillet aux alentours de 8h30, de 435 personnes migrantes qui s'étaient installées dans un campement sur le square Daviais, seulement 147 se sont vues proposées un hébergement d'urgence.

La majorité des personnes sans solution d'hébergement ont suivi les associations dans ce bâtiment vide où elles ont pu être abritées, nourries, et avoir accès à l'eau, l'électricité et à des sanitaires. D'autres personnes sont retournées planter leurs tentes sur le Quai de la Fosse, non loin du square Daviais.

Dans un communiqué, le collectif de soutien aux migrants qui a réquisitionné le lycée, s'est expliqué : 

"Il s'agit de protéger ces quelques 300 personnes le temps de négocier pour elles-aussi un hébergement durable. Le lieu dispose d'un gymnase et de quelques salles, capacité suffisante pour mettre tous ces expulsés du square Daviais à l'abri quelques nuits et pour l'autre cantine de leur apporter un repas."

Les associations auraient choisi ce lieu dont la mairie est propriétaire pour "ouvrir le dialogue".

Les personnes vulnérables logées


Après leur évacuation du square du centre-ville de Nantes, les migrants ont attendu toute la journée sous un soleil de plomb devant la salle municipale de l'Égalité, quartier Chantenay, afin de faire examiner leur situation par les services de l'État.

Tout les cas ont pu être étudiés, et 147 places ont été proposées aux personnes les plus fragiles : femmes enceintes, enfants, personnes malades et jeunes entre 18 et 22 ans. Il s'agit de 87 places proposées par plusieurs préfectures des Pays de la Loire, et 60 par la municipalité. Mais 308 personnes se sont retrouvées sans solution immédiate.
 

Un appel pour "l'hospitalité pour les exilés" a été lancé sur internet ce lundi par les associations, qui demandent "la réquisition de bâtiments publics pour les exilé.e.s" et appellent tout citoyen à ouvrir "des lieux d'accueil d'urgence, humains et responsables" pour ces personnes qui n'ont pour la plupart plus de tentes ni de matelas.

► Un reportage de Fabienne Even, Olivier Quentin et Dominique Boutmin :


Vers l'ouverture d'un centre d'orientation et d'accueil d'urgence ?


Dans un tweet, la députée de Loire-Atlantique Valérie Oppelt et le conseiller municipal Hervé Grélard, évoquent la possibilité de créer un centre d'orientation et d'accueil d'urgence à Nantes, pour centraliser les demandes d'hébergement d'urgence. Pour rappel, la ville a enregistré une augmentation de 28% de personnes migrantes arrivées depuis un an à Nantes. 
 

Sur le même sujet

Vendée : le Roller-derby

Les + Lus