Nantes : les cartouches de protoxyde d'azote interdites à la vente aux mineurs dans certains magasins

Chaque génération a ses pratiques et ses prises de risque. Parmi celles de l'époque actuelle, le détournement de capsules de gaz chargées au protoxyde d'azote, "gaz hilarant", que l'on trouve dans les fournitures de cuisine. A Nantes, des magasins ont décidé de ne plus les vendre aux mineurs.
Dans ce magasin comme dans d'autres de Nantes, les capsules de gaz chargées au protoxyde d'azote ne sont plus vendues aux mineurs.
Dans ce magasin comme dans d'autres de Nantes, les capsules de gaz chargées au protoxyde d'azote ne sont plus vendues aux mineurs. © France Télévisions Olivier Quentin
Dans ce magasin du centre-ville de Nantes spécialisé dans les ustensiles de cuisine, on a posé l'affichette à côté des siphons à chantilly. Il y est clairement précisé que les cartouches de gaz (utilisées pour faire mousser la crème) sont disponibles à la caisse mais qu"il n'y aura pas de vente aux mineurs.

Pour ceux qui ne sont pas au fait de certaines pratiques, l'information a de quoi surprendre. 
 

Un gaz anesthésiant léger

Il faut savoir en effet que ces petites cartouches métalliques sont chargées au protoxyde d'azote, un gaz connu en milieu hospitalier pour ses vertus anesthésiantes. Le site Vidal nous apprend qu'associé à d'autres anesthésiques, il est utilisé dans la prise en charge d'anesthésies générales et d'anesthésies antalgiques.

En pédiatrie notamment, on l'utilise seul pour de petites interventions mais aussi chez les adultes pour des changements de pansements, retraits de drains, des gestes qui sont douloureux mais ne nécessitent pas d'anesthésiant plus puissant.

Le grand public le connaît sous le nom de "gaz hilarant" et c'est ce qui a fait son succès chez certains jeunes à la recherche d'effets "planants".
Les cartouches servent pour les siphons de cuisine afin de faire des crèmes fouettées.
Les cartouches servent pour les siphons de cuisine afin de faire des crèmes fouettées. © France Télévisons Olivier Quentin
D'où l'étonnement des vendeurs de voir venir... et revenir une certaine clientèle.

"Au début, ils venaient un par un, raconte Mathieu, vendeur chez Troubles Obsessionnels Culinaires, un magasin de fournitures de cuisine dans le centre-ville de Nantes. Et puis ensuite par petits groupes." Ce magasin, comme d'autres de la même chaîne, a fait remonter au siège l'inquiétude générée par cette pratique et une directive est redescendue les autorisant à interdire la vente aux mineurs. 
Dans ce magasin, les cartouches ne sont plus en vente libre depuis 6 mois. On les trouve à la caisse.
Dans ce magasin, les cartouches ne sont plus en vente libre depuis 6 mois. On les trouve à la caisse. © France Télévisions Olivier Quentin
Même constat dans un autre magasin du centre-ville où l'on a mis également une affichette pour préciser que la vente se fait en caisse et est refusée aux mineurs.

"Depuis un an, explique Max, vendeur chez Alice Délice, on avait des ventes en petites quantités pour des groupes de jeunes." Ça s'est calmé depuis que le produit n'est plus en vente libre mais il reste des acheteurs adultes dont la démarche n'est visiblement pas culinaire.

"Un jeune, majeur, est revenu à une semaine d'intervalle pour racheter une cinquantaine de cartouches, se souvient Max, j'ai refusé en prétextant qu'on n'en avait plus en stock." Interdire la vente aux mineurs réglera peut-être une partie du problème. Mais pour les plus âgés...
 

"La proportion de protoxyde est quasi égale à celle de l'alcool"

Une étudiante angevine nous a avoué croiser régulièrement ce produit dans les soirées festives.  "C'est vrai que dans les soirées étudiantes, témoigne la jeune femme, la proportion de protoxyde est quasi égale à celle de l'alcool." Edifiant !

Pour preuve, il suffit de se promener le matin dans certaines zones du centre de Nantes pour constater la pratique. "Je trouve souvent de ces petites cartouches de métal sur la pelouse, vers le miroir d'eau" nous a raconté un agent du service propreté de la ville.
 

Risque d'hypoxie

Or, le produit n'est pas sans effets secondaires potentiellement dangereux. Selon, le site Drogue-info-service.fr, dans les cas extrêmes, il peut entraîner la mort par manque d'oxygène. 

"En chirurgie, nous a expliqué un médecin anesthésiste, on mélange le protoxyde d'azote à de l'oxygène. 50% de protoxyde, 50 % d'oxygène." Certains jeunes qui inhalent le protoxyde pur risquent donc une hypoxie, (manque d’apport en oxygène).

L'autre danger du protoxyde d'azote, c'est qu'il est hautement polluant. C'est un grand contributeur à la destruction de la couche d'ozone. Des établissements hospitaliers ont, pour cette raison, décidé de ne plus l'utiliser.

Alors les jeunes ! si vous ne pensez pas à vous, pensez au moins à la planète ! "Ce qui est  sûr, nous a dit une vendeuse, c'est que ça ne fait pas mousser le cerveau !"



 
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