Nantes : les Coursiers nantais pédalent "socialement durable" pour livrer nos colis

C'est la semaine de la Mobilité. Depuis plusieurs années les vélos reviennent en ville. La crise sanitaire a amplifié considérablement le phénomène : loisirs, trajets domicile-travail. C'est bien, les Coursiers nantais innovent, et pédalent durable et socialement responsable pour livrer les colis.

Les Coursiers nantais, "zéro émission" pour la livraison des colis en ville, et une Scop innovante socialement
Les Coursiers nantais, "zéro émission" pour la livraison des colis en ville, et une Scop innovante socialement © Les Coursiers nantais
C'est une activité qui avait été repérée par la métropole de Nantes dans le cadre de l'appel à projets Flux pour une mobilité soutenable des marchandises en ville. Ou comment résoudre la question du dernier kilomètre qui fait que plusieurs camionnettes opérant chacune pour un transporteur passent par la même rue pour leurs livraisons.

Parmi ces projets, celui des Coursiers nantais. Un projet qui utilise le vélo comme moyen de transport environnementalement satisfaisant, et qui se double d'un volet social innovant.
 

Une coopérative cyclo-logistique

Commencée sous une forme associative en 2017, l'expérience, validée, a débouché sur la création d'une Scop en janvier 2020. Une Société coopérative et participative, dans laquelle chaque salarié est aussi sociétaire et codirige la marche de l'entreprise. Chacun à la mesure de ses compétences.

Depuis le 1er janvier 2020, les Coursiers nantais ont changé de braquet. Ils sont 7 à avoir investi 18 000 euros dans leur Coopérative de cyclo-logistique. Et ont recruté 4 autres collaborateurs salariés qui auront la possibilité de devenir coopérateur à leur tour au bout d'un an passé dans les rues de Nantes au guidon de leurs vélos cargos.
 
Nantes : les Coursiers nantais pédalent "socialement durable" pour livrer nos colis
 

Aimer pédaler en équipe

Concrètement, les livreurs coopérateurs pédaleurs, pédalent en équipe de 8h à 21h à l'intérieur du périphérique. Léo Tschan, champion cycliste enférocé, pédale 50 ou 60 km par jour, "Il faut aimer pédaler, il faut aimer le vélo, et compter deux semaines d'adaptation, mais tout le monde, si on a la condition physique, peut le faire".
Christophe Le Bail, le "doyen" de l'équipe affiche bien plus de 50 printemps... Et Isaure Delom montre 'exemple et aimerait bien donner envie aux filles de s'y mettre aussi !

Les Coursiers nantais assurent un "fond de roulement" (!) avec la livraison de pain, des boulangeries vers les restos du centre-ville. "Nous avons 5 types de transports possibles, explique François Lemoine le gérant de la Scop, les petits colis, particuliers, libraires etc, le froid positif pour les restaurateurs, la livraison de repas du traiteur vers une entreprise par exemple, les courses quotidiennes du particulier qu'il ne peut pas transporter, et pour finir les encombrants et petits déménagements".

Le tout toujours dans la limite de 300 kg, sur une remorque, et de 80 kg sur un vélo cargo, et à l'intérieur du périphérique. Pour l'instant. Car les coopérateurs ont bien envie d'étendre leur rayon d'action dès que de nouveaux flux de colis vont apparaitre et de nouveaux livreurs les rejoindre.
 
Léo Tschan, coursiers nantais aime le vélo et le travail bien fait !
Léo Tschan, coursiers nantais aime le vélo et le travail bien fait ! © Christophe Turgis / France Télévisions

 

Une démarche sociale innovante

Pédaler pour livrer des colis, c'est bien. Cogérer l'entreprise c'est encore mieux. Mais former et préparer le futur c'est encore, encore mieux ! Et tant qu'à faire, un pied de nez à Uber... total respect !
"Nous poursuivons un objectif social, outre l'objectif écologique. Les salariés deviennent sociétaires, le matériel est entièrement détenu par l'entreprise, vélos et vêtements fournis, nous avons aussi intégré le besoin de formation que nous qualifions d'administrative, pour rebondir, en cas d'inaptitude physique, d'accident, ou tout simplement d'envie de faire autre chose, le salarié coopérateur doit pouvoir ne pas rester sur le bas-côté", s'enthousiasme François. 

"À la base nous avons tous déjà une formation et une compétence que nous utilisons dans notre travail quotidien. Nous avons un coursier mécanicien vélo, un coursier facturation, un coursier logisticien, un coursier communication, un coursier designer, et moi je suis coursière graphiste" précise Isaure.

Pour l'instant les coursiers coopérateurs dégagent un SMIC pour chacun d'entre-eux-elles ! "On se donne un petit avantage aves des tickets resto. En 2021, on devrait pouvoir relever les salaires". C'est toujours François, l'homme des comptes qui le précise.
L'aventure ne fait que commencer, à vélo tout devient possible, fluide, et facile.

 
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