Nantes : première mondiale, deux passionnées arrivent à extraire le parfum naturel du muguet

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Écrit par Stéphanie Pasgrimaud avec Fabienne Béranger

Ils sont indissociables du premier mai et du pays nantais. Les brins de muguet, une fleur en passe d'être transformée en parfum. Le défi que se sont lancé deux femmes, deux passionnées. Leur création, un parfum entièrement naturel, issu exclusivement de ces célèbres clochettes...Une aventure enivrante.

Et si la clochette nantaise écrivait une nouvelle page de son histoire ?
Après le 1er mai, dans les champs, le muguet n'est pas perdu pour toujours.

"On récolte le brin de muguet qui est arrivé à maturité, au niveau de l'exhalaison, explique Marie Giffo, directrice d'AB1882, la beauté du brin ne nous intéresse pas, en revanche, ce qui nous intéresse c'est vraiment son parfum"

Car pour Marie, cette cueillette, c'est surtout remettre au goût du jour, un procédé abandonné depuis 1930. Capturer le parfum de cette fleur printanière, un pari fou qui éveille la curiosité de cet ancien producteur de muguet, cueilleur bénévole d'un jour.

"Il y a longtemps qu'on y pensait, explique Daniel, comment ils font pour faire du parfum de muguet ?"

Le muguet coupé est posé sur une couche de graisse

Couper les clochettes une à une et les déposer sur une couche de graisse... Un travail fastidieux mais indispensable pour fixer l'odeur du muguet.

Tout ce qui va se dégager de la fleur, va être capté par la graisse

Marielle Ravily

associée AB 1882

"C'est le même système que le beurre dans le réfrigérateur, qui prend les odeurs", explique Marielle Ravily, spécialiste du marché du parfum.

De là à penser qu'il ne faut pas avoir inventer le fil à couper le beurre pour créer un parfum serait une erreur... C'est toute la science de la chimie et beaucoup de patience qui guident vers les effluves.

"On a lancé les premiers essais en 2021, donc on avait déjà validé l'idée, raconte Marie Giffo , on avait fait les premières extractions. On a renouvelé l'opération cette année, et là on attend des vrais résultats".

"On a bien l'odeur de muguet", se réjouit Marie, le nez au dessus d'un flacon.

"C'est le projet d'une vie", lance, émue, Marielle.

Et surtout d'une famille... Installé sur l'île de Nantes, l'arrière-grand-père avait à l'époque couché sur papier ses formules de parfum. Un trésor qui renaît.

"Je pense qu'Alexis Biette, de là où il est, doit sourire de ce brin de folie qu'on a eu, raconte  Marielle, et puis je suis heureuse d'inscrire le nom Biette dans l'histoire de la parfumerie naturelle".

Il faudra attendre 2 ans pour commercialiser le parfum. Mais en attendant le muguet semble avoir trouvé une seconde vie.