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Nantes : la justice décide d'expulser les 250 migrants du gymnase Jeanne Bernard

600 personnes en soutien aux migrants à Nantes, le 4 août 2018 / © Manon Monnier - France 3 Pays de la Loire
600 personnes en soutien aux migrants à Nantes, le 4 août 2018 / © Manon Monnier - France 3 Pays de la Loire

Le diocèse avait demandé en référé l'expulsion des 250 migrants du gymnase Jeanne Bernard de Saint Herblain. Le Tribunal d'instance de Nantes vient de lui donner raison. Un délai de deux mois a été accordé avant l'application de cette décision.

Par Thierry Bercault

Combien sont-ils à occuper illégalement le gymnase de l'ancien lycée Jeanne Bernard ? 200, 250, 300. Personne ne le sait. Aucune liste n'a été établie ni par les collectifs qui viennent en aide aux migrants, ni par la préfecture. Sont-ils demandeurs d'asile ou clandestins ? Là encore, beaucoup d'interrogations. Leur statut n'a pas été examiné par les autorités compétentes.

Si l’ Evêché a fait appel à la justice pour régler le sort de ces migrants, ce n’est pas de gaité de cœur. L’objectif n’était pas de les expulser mais de trouver des solutions pour les reloger ailleurs.


Un squat devenu dangereux

" La situation devenait trop dangereuse à l’intérieur du gymnase" explique Xavier Brunier, délégué de l’évêque à la solidarité.  "Un migrant a été agressé à coups de barre de fer et il s’est fait casser un bras et une jambe."*

C’est donc pour protéger les migrants que le Tribunal d’instance aurait pris cette décision. Les conditions de vie à l’intérieur de ce squat seraient devenues insalubres et même "indignes" précise M. Brunier. Elles auraient eu des conséquences néfastes sur les jeunes mineurs isolés accueillis dans l’ancien lycée juste à côté.

L’autre cantine qui sert chaque jour 300 repas à ces migrants a bien essayé de calmer la situation mais sans y parvenir. En interne, certains ont essayé d’instaurer un système de garde mais sans succès. Comme dans tous les squats, il est difficile d’organiser juridiquement un fonctionnement acceptable.

C’est souvent la loi de la jungle qui règne avec des trafics de drogue et la circulation d’alcool qui mènent à la violence. Et justement le diocèse ne veut pas de cette dérive.
 

Les risques d'un appel d'air

Désormais, c'est aux acteurs institutionnels de prendre leurs responsabilités : préfecture, mairie de Nantes et département de Loire Atlantique. Le diocèse de Nantes est prêt à prendre sa part, à savoir loger 70 personnes dans ses anciens bureaux en partenariat avec l'association Saint-Benoît Labre, mais pas plus.

Le risque, c'est l'appel d'air créé par cette nouvelle situation. Déjà, des occupants du gymnase ont prévenus leurs compagnons d'infortune que des régularisations allaient avoir lieu à Nantes. Et ce n'est plus 250 dossiers qui vont devoir être examinés mais 600 comme au square Daviais. "Les nouveaux arrivants vont sans doute faire capoter les chances des plus anciens d'obtenir une solution d'avenir" se désole Xavier Brunier.


Déjà 5 200 demandeurs d'asile acceuillis dans la région


De son côté, la préfecture de Loire Atlantique fait savoir que le diocèse, propriétaire du gymnase, n'a pas demandé le concours de la force publique pour évacuer les migrants. Elle rappelle que Nantes a une forte tradition d'accueil, ce qui explique l'impossibilité d'héberger tout le monde immédiatement et de façon inconditionnelle. 

Depuis 2105, le nombre de places pour les demandeurs d'asile a été multiplié par 6. La région des Pays de la Loire offre 5200 places actuellement et la préfecture prévoit d'ouvrir 300 places supplméentaires d'ici la fin de 2019. 


 

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