Nantes : la manifestation nocturne contre l'extrême droite dégénère dans le centre ville et déclenche une polémique politique sur les réseaux sociaux

Publié le Mis à jour le

Les choses avaient pourtant débuté dans le calme. 600 personnes s'étaient données rendez-vous à la croisée des trams dans le centre de Nantes. Une heure après le départ de la manifestation nocturne, la situation a dégénéré, des vitrines ont été brisées dans une artère commerçante de la ville.

"Les fachos ce n'est pas nous ce sont eux, ceux qui cassent!", Kevin, un des responsables de l'Irish pub, un bar du centre ville nantais qui fait face à la cathédrale, ne décolère pas. Ce samedi matin, il ne peut que constater les dégâts. Toutes les vitrines de l'établissement ont été explosées. Et ce n'est pas la première fois.

"Nous souffrons d'une réputation qui pourtant ne reflète absolument pas notre état d'esprit. Nous ne pas sommes pas des fascistes, nous avons toujours défendu le mariage pour tous. Ils se trompent de cible" Au lendemain de la manifestation nocturne, Kevin en a gros en regardant la façade.

600 manifestants pour dénoncer "les idées nauséabondes de l'extrême droite"

600 personnes s'étaient données rendez-vous à la croisée des trams pour dénoncer "la politique sanitaire du gouvernement et les idées rampantes de l'extrême droite qui gangrènent le pays". Un appel lancé sur les réseaux sociaux qui a réuni des antifas, des étudiants mais aussi des antivax. 

Torche à la main, la descente aux flambeaux avait pourtant commencé dans le calme et dans une ambiance plutôt bon enfant.

Du monde, de la musique, la marche se voulait pacifique et entendait dénoncer "les idées nauséabondes de l'extrême droite qui gagnent de plus en plus de terrain en France".

C'est en arrivant dans une artère commerçante du centre ville nantais que les choses ont dégénéré. Un première vitrine, celle d'une enseigne de prêt-à-porter, a partiellement volé en éclat, provoquant immédiatement une charge des forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

 

Christelle Morançais , présidente de la région des Pays de la Loire a immédiatement condamné ces dégradations.

De nombreux élus de droite et de La Républiques En Marche ont pour leur part dénoncer les débordements de ces "groupuscules ultraviolents".

La maire PS de Nantes Johanna Rolland a condamné "avec force" sur Twitter "les dégradations dont le centre ville a été l'objet et apporté son "soutien aux commerçants concernés".

Laurence Garnier, sénatrice LR de Loire-Atlantique et conseillère municipale lui a opposé une réponse cinglant dans un communiqué diffusé ce samedi matin.

"Les violences et les saccages d’hier soir dans le centre-ville de Nantes sont intolérables et inexcusables. J’adresse mon soutien sans réserve à nos forces de l’ordre victimes de menaces de mort de la part de ces groupuscules ultraviolents, ainsi qu’aux commerçants nantais victimes de ces dégradations.", écrit la sénatrice.

"Les déclarations naïves de la Maire de Nantes et ses « condamnations fermes » sont au mieux inutiles, au pire parfaitement cyniques alors que son 5ème adjoint Tristan Riom, était présent à ce qu’il a osé appeler une « marche aux flambeaux ». Saccager des vitrines, mettre le feu à nos magasins, relève manifestement pour Tristan Riom du folklore local", ajoute Laurence Garnier.

Une attaque qui a obligé la mairie de Nantes à répondre : "dès hier soir, Johanna Rolland, a condamné avec force les dégradations dont le centre ville de Nantes a été l’objet dans le cadre de la manifestation qui s’y déroulait en soirée. Elle a également apporté tout son soutien aux personnes, habitants concernés ainsi qu’aux commerçants qui ont subi ces violences"

Gildas Salaün, adjoint au commerce, "a d’ores et déjà proposé une rencontre rapide aux associations de commerçants et aux commerçants concernés.", précise le communiqué de la ville.

"Un message malvenu" s'excuse Tristan Riom, adjoint au maire de Nantes

Tristan Riom a depuis effacé le tweet qui a fait bondir ses adversaires politiques dont certains réclament aujourd'hui la démission. Le 5ème adjoint EELV a rectifié le tir. "La manifestation est passée devant un bar où j'étais. A ce moment là leur action était calme. Je tiens à préciser que j'étais un simple passant. Vu la tournure que la manifestation a prise il apparaît que mon analyse était erronée et donc que ce message était malvenu. Je présente mes excuses aux personnes qui ont subi des violences et qui auraient pu penser que l'élu municipal que je suis cautionne. Ce n'est pas le cas. Je condamne ces agissements qui ne font pas avancer la lutte contre l'extrême droite", écrit l'élu.

Suite à ces d'incidents, deux personnes ont été interpellées, dont l'une a été placée en garde à vue.