Nantes : une motion pour exprimer la colère et l'épuisement des magistrats

Ce sont des gens discrets, courageux, avares de déclarations publiques, en situation de burn out, les magistrats nantais, en dehors de toute parole syndicale expriment leur immense fatigue, et l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de rendre la justice !
Le Palais de Justice de Nantes
Le Palais de Justice de Nantes © France Televisions Fabienne Béranger
Ce mardi, le tribunal de Nantes a travaillé au ralenti. La grève des avocats n'y est pour rien. La raison est beaucoup plus prosaïque. Le système informatique est tombé en panne ! Une panne qui illustre les difficultés quotidiennes auxquelles les magistrats doivent faire face.

De leur point de vue, le mouvement de grève des avocats qui bouscule le fonctionnement des juridictions, et notamment du tribunal judiciaire de Nantes, n'est pas la cause de leur immense fatigue. Il ne fait que mettre en évidence la dégradation rapide du service public de la justice dans le ressort de Nantes. Tous se sont joints pour rédiger cette motion, en dehors de la voie syndicale qui prévaut habituellement.

"L'assemblée générale des magistrats du siège et du parquet du tribunal de Nantes dénonce et déplore l'indigence des moyens de la justice dans le ressort, fait le constat d'une justice à bout de souffle, sous-dimensionnée, et qui ne repose que sur la bonne volonté et l'abnégation des personnels depuis de trop nombreuses années."

Sous effectifs chroniques, réformes successives, précipitées, sans moyens supplémentaires, population en constante augmentation, explosion de la délinquance, nouvelles formes de criminalité, augmentation des contentieux dans tous les domaines.

"L'AG constate, en partie de ce fait, que les effectifs actuels des magistrats du siège et du parquet ainsi que ceux du greffe et des fonctionnaires ne permettent plus de  rendre la justice, tous contentieux confondus, dans des délais raisonnables."

Quelques exemples parmi une longue liste :Et puis, les conditions objectives de travail se dégradent, locaux exigus, mal entretenus, outils informatiques obsolètes, amplitudes horaires totalement illégales au regard des exigences du droit du travail... Ajouter à ce qui précède la démission du médecin du travail en 2019, faute pour lui d'avoir été entendu sur une situation réelle de souffrance de nombreux personnels.

Pour autant, si le burn out collectif se profile, les magistrats ne baissent pas les bras, ils ont identifié leurs besoins avec précision :
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société