Nantes : un nouveau patron pour les policiers de Loire-Atlantique

Il s'appelle Nicolas Jolibois, il arrive du Pas-de-Calais où il occupait des fonctions similaires, c'est le nouveau Directeur Départemental de la Sécurité Publique en Loire-Atlantique. Il remplace Benoît Desferet parti pour... le Pas-de-Calais.

Nicolas Jolibois nouveau Directeur Départemental de la Sécurité Publique en Loire-Atlantique.
Nicolas Jolibois nouveau Directeur Départemental de la Sécurité Publique en Loire-Atlantique. © France Télévisions Olivier Quentin

A 61 ans, il est bien possible que cela soit la dernière affectation de Nicolas Jolibois. L'homme arrive du Pas-de-Calais où il occupait les mêmes fonctions et où il a été remplacé par Benoît Desferet ancien patron de la Loire-Atlantique, qui lui, a pris du grade, puisqu'il est devenu au passage Directeur Territorial.

"J'ai de la bouteille, annonce le nouveau DDSP, et je crois que le terrain nantais est un terrain difficile. C'est un territoire moins tranquille."

Nicolas Jolibois a pourtant eu à gérer le démantèlement de la jungle de Calais. Mais il estime que la Loire-Atlantique et notamment Nantes avec un  niveau de cambriolages élevé et une grosse activité de trafic de stupéfiants, seront pour lui une mission plus complexe. Sans compter les manifestations à répétition "des manifestations violentes, note-t-il, qui prennent pour cible les forces de l'ordre."

 

"Je comprends que le personnel ici soit assez éprouvé"

Sur la question des moyens, le nouveau patron départemental de la police dit qu'il fera avec ce qu'on lui donne même s'il constate un certain épuisement des troupes. "Je comprends, admet Nicolas Jolibois, que le personnel ici soit assez éprouvé."

Il compte bien s'attaquer dit-il "au climat d'insécurité qui règne dans le centre-ville de Nantes. Lorsque l'on reviendra à la normal (à la fin du couvre-feu) on sera à nouveau confronté à ce sujet".

"J'ai rencontré des policiers qui ont de l'envie même s'ils sont éprouvés" Nicolas Jolibois DDSP 44
"J'ai rencontré des policiers qui ont de l'envie même s'ils sont éprouvés" Nicolas Jolibois DDSP 44 © France Télévisions Olivier Quentin

Nicolas Jolibois a l'intention de travailler sur ce dossier avec les différents partenaires locaux, municipalité, transports publics, bailleurs... mais il envoie aussi un message au passage en direction du Palais de Justice.

"Si la Police Nationale a le devoir de rassembler les preuves, dit-il, elle attend que la Justice neutralise."

 

Des débuts à Rennes en 1986

Passé par la section criminelle de Dijon puis Creil, la Lorraine, Martigues, Beauvais, Besançon, Lille, Nancy et enfin le Pas-de-Calais, ce contrôleur général (c'est son grade) DDSP avait débuté sa carrière en Bretagne, à Rennes où il était chef de groupe à la BRB, la Brigade de Répression du Banditisme.

Il lui était alors arrivé de venir enquêter à Nantes. "Le milieu nantais était plutôt branché sur les vols à main armée" se souvient-il. Aujourd'hui, ce sont plus des affaires de trafic de stupéfiants avec des réseaux très organisés. Dans cette mission, il pourra s'appuyer sur ses collègues de la Police Judiciaire dont l'antenne nantaise qui devient direction territoriale va se développer.

Pas facile aussi d'arriver dans un contexte de défiance de certains fonctionnaires de police qui, il y a quelques semaines, se permettaient de défiler toutes sirènes hurlantes dans les rues de la ville. 

"J'ai rencontré des policiers qui ont de l'envie, même s'ils sont éprouvés, remarque-t-il. Le rôle du coach, c'est de maintenir cet enthousiasme." Et d'assurer les policiers de son soutien en affichant dans ses objectifs prioritaires "protéger nos policiers qui doivent être respectés."

 

"Un accident malheureux"

Interrogé sur l'affaire Steve, ce jeune de 24 ans, mort noyé dans la Loire à la suite d'une charge de police lors de la fête de la musique de 2019, Nicolas Jolibois prend le temps de mesurer ses propos et précise qu'une enquête est en cours, qu'il ne peut se prononcer sur ce dossier. "C'est un accident malheureux" se contente-t-il de dire.

Cette mutation permet à ce natif de la région parisienne de retrouver l'ouest, terre natale de son épouse et de ses enfants. Un retour aux sources en quelques sortes. Comme pour son prédécesseur à ce poste, Benoît Desferet reparti vers sa contrée du nord.

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